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Patrouille de France : l’histoire d’un symbole national ancré en Région Sud

Patrouille de France : l’histoire d’un symbole national ancré en Région Sud


Culture, Tourisme

Mis à jour le 09 juillet 2026

C’est l’une des images les plus attendues du défilé du 14 juillet sur les Champs-Élysées à Paris. Quelques secondes de silence, puis le grondement des réacteurs. Les regards se lèvent. Et soudain, la Patrouille de France fend le ciel parisien, traçant derrière elle les couleurs du drapeau français. Derrière cette fierté nationale se cache une histoire profondément ancrée en Région Sud. Car la Patrouille de France vit, s’entraîne et se prépare toute l’année à Salon-de-Provence, sur la base aérienne 701. On vous raconte.

Cérémonie de Camerone à Aubagne le 30 avril 2026. - R. Cintas Flores

Une fierté nationale, oui. Mais avec un accent provençal

Avant d’être cette signature tricolore mondialement connue, la Patrouille de France est d’abord une aventure de pilotes, d’écoles, de maîtrise et d’audace. La première démonstration aérienne en patrouille en France remonte à 1931, sur le terrain d’Étampes-Mondésir dans l'Essonne, avec trois Morane-Saulnier MS.230 pilotés par des moniteurs de l’École de perfectionnement au pilotage. Entre 1932 et 1939, la Patrouille d’Étampes connaît un vrai succès et représente la France dans des meetings internationaux. En 1937, elle rejoint Salon-de-Provence et devient la "Patrouille de l’École de l’Air" pour ensuite devenir en 1953 "la Patrouille de France".

Depuis, les avions ont changé, les générations de pilotes aussi, mais l’esprit est resté : une précision extrême, une confiance absolue dans le collectif et cette capacité rare à transformer une démonstration technique en émotion populaire. Après les Ouragan, les Mystère IV et les Fouga Magister, l’Alpha Jet entre en scène en 1981. Dès 1982, la formation se présente à huit appareils (parfois 9), une silhouette devenue immédiatement reconnaissable dans le ciel français.

V. Paul

A Salon, l’excellence se prépare loin des caméras

Si la Patrouille de France est connue dans tout le pays, son quotidien, lui, s’écrit en Région Sud. La base aérienne 701 "Général Pineau", implantée sur le territoire salonais depuis 1937, s’étend sur 450 hectares entre Salon-de-Provence et Lançon-Provence. Elle accueille environ 2 000 personnels civils et militaires, plusieurs unités, l’École de l’air et de l’espace, l’École des commissaires des armées, ainsi qu’un parc aéronautique d’une quarantaine d’aéronefs.

C’est donc ici, entre Crau, Étang de Berre et premiers reliefs alpins, que se prépare chaque saison. L’hiver est le temps de l’entraînement, de la répétition, de la précision millimétrée. L’été est celui des meetings, des grands rendez-vous, des survols qui rassemblent des milliers de regards. La Patrouille de France partage son année entre cette préparation exigeante et les démonstrations publiques en France comme à l’international. Comme par exemple en juin dernier, où la Patrouille de France a offert l’une de ses images les plus fortes : un survol de la Statue de la Liberté, à New York, dans le cadre de la mission "Liberté 250", organisée pour les 250 ans de la Déclaration d’indépendance des États-Unis et pour célébrer l’amitié franco-américaine.

Ce lien avec Salon-de-Provence donne à la Patrouille une dimension presque intime. Pour beaucoup d’habitants, elle n’est pas seulement "la PAF" admirée à la télévision lors du défilé du 14 Juillet. C’est un repère sonore, visuel, émotionnel. Une fierté locale qui dépasse largement les frontières de la ville et de notre région !

Pour ce 14 juillet 2026, la Patrouille de France doit évoluer en formation “Big Nine” : 9 Alpha Jet alignés pour tracer le panache bleu-blanc-rouge au-dessus des Champs-Élysées. C’est la formation emblématique du défilé national : elle permet d’obtenir une figure très lisible depuis le sol, avec les fumigènes tricolores. Le passage du défilé aérien est annoncé à partir de 10h21, dans le cadre du programme officiel.

V.Paul

D'où vient le nom "Patrouille de France" ?

Le nom "Patrouille de France" naît dans un moment presque cinématographique. Le 17 mai 1953, lors d’un meeting aérien à Alger, le commentateur Jacques Noetinger lance au micro : "Mesdames, messieurs, la Patrouille de France vous salue !". La formule frappe juste. Quelques mois plus tard, le 14 septembre 1953, l’État-major officialise ce nom devenu mythique.

Qui sont les "Athos" ?

Athos est l’indicatif radio de la Patrouille de France. Ce n’est donc pas le nom d’un avion en particulier, mais le nom utilisé pour identifier les pilotes de la formation. Dans l’univers de la PAF, "devenir Athos" signifie intégrer ce collectif très exigeant, après des mois d’entraînement, de sélection et de préparation.

  • Athos 1 : le leader, chef d’orchestre de la formation. Il coordonne les figures, les changements de formation et les fumigènes.
  • Athos 2 et Athos 3 : les intérieurs, placés très près du leader. Ce sont souvent des postes de première année, très exigeants car ils doivent tenir une symétrie parfaite.
  • Athos 4 : le "charognard". Il vole derrière le leader, "dans ses fumées", et c’est traditionnellement lui qui est appelé à devenir leader l’année suivante.
  • Athos 5 et Athos 6 : les extérieurs ou solos selon les configurations, placés plus loin du leader, avec des figures très spectaculaires de croisements et d’évitements.
  • Athos 7 et Athos 8 : les solos, qui assurent une partie très dynamique du programme, notamment les croisements et les figures rapides.
  • Athos 9 : le remplaçant, souvent le pilote le plus expérimenté de la Patrouille. Il doit pouvoir prendre la place de presque tous les équipiers en cas de besoin, sauf celle du leader.

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