Vendée : 300 mares pour protéger l'eau potable
Sur l'exploitation agricole BEOTOP, à Saint-Paul-Mont-Penit, les mares ne sont pas seulement des éléments du paysage. Elles constituent de véritables alliées pour préserver la qualité de l'eau. Neuf d'entre elles ponctuent déjà les parcelles de cette ferme, illustrant une démarche engagée depuis plusieurs années pour protéger les captages d'eau potable.
C'est ici que Vendée Eau a récemment présenté l'avancée de son vaste programme de création et de restauration de mares, de zones humides et de bandes enherbées. Objectif : intercepter naturellement les eaux de ruissellement avant qu'elles n'atteignent les captages d'Apremont et du Jaunay.
Des infrastructures... naturelles
Le chiffre donne la mesure du projet. Entre 2022 et 2024, 153 aménagements ont déjà été réalisés, représentant plus de 35 000 m² de surfaces restaurées ou créées. D'ici à 2027, 150 nouveaux ouvrages viendront compléter ce maillage écologique. À première vue, une mare peut sembler anodine. Pourtant, elle agit comme une véritable infrastructure naturelle. Lors des épisodes pluvieux, elle ralentit les écoulements, stocke temporairement l'eau et favorise son infiltration dans les sols. Surtout, elle retient une partie des sédiments, des matières en suspension et des polluants transportés par le ruissellement.
Ces aménagements jouent un rôle de filtre naturel avant que l'eau ne rejoigne les captages destinés à produire de l'eau potable. L’objectif est de ralentir le cycle de l’eau de permettre d’avantage d’infiltration et d’améliorer la qualité de l’eau qui arrive jusqu’aux captages.
Philippe Henry
Vice-président de la Région Pays de la Loire chargé de l’environnement et de l’eau
Les mares, refuges et lieux de reproduction
Longtemps considérées comme des espaces sans intérêt, de nombreuses mares ont disparu au fil des décennies sous l'effet du remembrement agricole ou de l'urbanisation. Or, les scientifiques les considèrent aujourd'hui comme des milieux essentiels. Une mare accueille une biodiversité exceptionnelle. Amphibiens, libellules, insectes aquatiques, oiseaux ou petits mammifères y trouvent nourriture, refuge ou lieu de reproduction. Certaines espèces protégées en dépendent même entièrement. Mais leur intérêt dépasse largement la seule biodiversité. En ralentissant les écoulements, elles limitent également l'érosion des sols, réduisent les risques de transfert de polluants et participent à la recharge des nappes phréatiques.
Une protection à la source de l'eau potable
Ainsi, les mares contribuent aussi à maintenir davantage d'humidité dans les paysages lors des épisodes de sécheresse et créent des îlots de fraîcheur appréciables en période de fortes chaleurs. Autant de services écologiques rendus gratuitement par ces petits milieux naturels. Le programme déployé en Vendée cible les bassins d'alimentation des captages d'Apremont et du Jaunay, c'est-à-dire les territoires où chaque goutte de pluie est susceptible d'alimenter les réserves destinées à la consommation humaine.
Une politique régionale ambitieuse pour l'eau
Ce programme bénéficie du soutien financier de la Région Pays de la Loire dans le cadre du contrat territorial Eau Vie et Jaunay, aux côtés de Vendée Eau et de l'Agence de l'eau Loire-Bretagne. La Chambre d'agriculture accompagne, quant à elle, les exploitants et propriétaires qui accueillent ces aménagements. Cette opération s'inscrit dans une stratégie plus globale de gestion de la ressource en eau. La Région s'est fixé trois grands objectifs : restaurer jusqu'à 200 kilomètres de cours d'eau afin d'améliorer leur qualité écologique, réduire de 10 % les prélèvements en eau pour mieux préserver la ressource, et sécuriser 47 captages prioritaires d'eau potable.
En 2026, plus de 7 millions d'euros sont consacrés à la mise en œuvre des Accords de territoire Eau.
À l'heure où les sécheresses se multiplient et où la qualité de l'eau devient un enjeu majeur, ces mares, parfois discrètes dans le paysage, retrouvent toute leur importance. Bien plus que de simples points d'eau, elles constituent désormais l'un des premiers remparts naturels pour protéger une ressource devenue plus précieuse que jamais.
L’info en plus
Chaque aménagement est implanté après une étude fine de la topographie, des écoulements et des caractéristiques des sols. Les mares, zones humides ou bandes enherbées sont positionnées là où leur efficacité sera maximale.
Ces dispositifs ne remplacent pas les autres actions conduites sur les bassins versants. Ils viennent compléter les évolutions des pratiques agricoles, les travaux d'assainissement ou encore la préservation des espaces naturels.
En savoir plus sur l’action régionale en matière de biodiversité
Article mis en ligne le 04 août 2026
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© RPDL / J.Sarago
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