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Baie de Bourgneuf : des capteurs pour sauver les huîtres et les moules

Baie de Bourgneuf : des capteurs pour sauver les huîtres et les moules

Agriculture/Alimentation
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Ils sont invisibles pour les promeneurs, les pêcheurs à pied ou les plaisanciers. Pourtant, depuis plusieurs mois, cinq capteurs sous-marins enregistrent sans relâche ce qui se passe sous la surface de la baie de Bourgneuf, entre la Vendée et la Loire-Atlantique. Toutes les quinze minutes, ils mesurent la température de l'eau, sa salinité, sa transparence, sa pression ou encore sa concentration en chlorophylle, un précieux indicateur de la nourriture disponible pour les coquillages. Ces milliers de données permettront aux scientifiques de mieux comprendre un écosystème dont dépend toute une filière économique.

Une baie stratégique pour la conchyliculture

La baie de Bourgneuf est l'un des principaux bassins conchylicoles de la façade atlantique. Des dizaines d'entreprises y élèvent des huîtres et des moules qui alimentent les marchés régionaux, nationaux et internationaux. Des centaines d'emplois dépendent directement de cette activité, sans compter les entreprises de transformation, les mareyeurs, les transporteurs ou encore le tourisme gastronomique qui s'est développé autour des produits de la mer. Mais cette activité reste entièrement dépendante de la qualité du milieu naturel.
Contrairement à d'autres productions agricoles, les conchyliculteurs ne nourrissent pas leurs huîtres ni leurs moules. Les coquillages filtrent naturellement l'eau de mer pour se nourrir du phytoplancton. Leur croissance dépend donc directement de la richesse biologique de la baie, mais aussi de paramètres comme la température, la salinité ou encore les apports d'eau douce.

Pourquoi le changement climatique inquiète-t-il la filière ?

Depuis plusieurs années, les professionnels observent une évolution des conditions de production. Les vagues de chaleur réchauffent davantage les eaux littorales. Les sécheresses réduisent les débits des fleuves qui alimentent les estuaires, modifiant la salinité. À l'inverse, des épisodes de fortes pluies peuvent provoquer des arrivées massives d'eau douce ou de matières en suspension. À cela s'ajoutent des phénomènes plus difficiles à anticiper, comme certaines proliférations de microalgues, susceptibles d'affecter la croissance des coquillages ou d'entraîner des fermetures temporaires de zones de production. Autant de bouleversements qui interrogent les professionnels.

Des capteurs... mais aussi des observations sur le terrain

Les cinq stations de mesure ne travaillent pas seules. Leurs données sont croisées avec un suivi biologique réalisé sur les populations d'huîtres et de moules. Les chercheurs analysent leur croissance, leur reproduction, leur mortalité ainsi que l'état des stocks sauvages et cultivés. Ils suivent également les concentrations de phytoplancton, véritable garde-manger naturel des coquillages. L'objectif est de construire une cartographie très précise du fonctionnement de la baie et de sa capacité nourricière au fil des saisons. Une première à cette échelle en Pays de la Loire.

Mieux produire demain

Les premiers résultats ne serviront pas uniquement à enrichir les connaissances scientifiques. Ils permettront d'aider les professionnels à prendre des décisions très concrètes : identifier les secteurs les plus favorables à l'installation de nouvelles exploitations, mieux anticiper certaines périodes de stress pour les coquillages ou encore adapter les pratiques d'élevage aux évolutions du climat. À terme, ces informations pourraient également renforcer la résilience économique d'une filière régulièrement confrontée aux aléas sanitaires et climatiques.

Un projet reconnu au niveau national

L'étude, engagée depuis février et programmée jusqu'en 2028, est portée par le SMIDAP (Syndicat mixte pour le développement de l'aquaculture et de la pêche en Pays de la Loire), en partenariat avec Ifremer et le Comité régional de la conchyliculture des Pays de la Loire. Elle est financée par l'État, la Région des Pays de la Loire et le FEAMPA, le Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l'aquaculture, dont la Région assure la gestion. La démarche a d'ailleurs reçu une Étoile du FEAMPA, distinction nationale qui récompense les projets les plus innovants des filières de la pêche et de l'aquaculture.

Article mis en ligne le 07 août 2026

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