
À Barbezieux, l’ancienne poste se réinvente
À Barbezieux-Saint-Hilaire, l’ancienne poste a retrouvé une nouvelle vie. Réhabilité pour accueillir le centre socioculturel, ce projet dépasse la simple rénovation d’un bâtiment. En ramenant des services en cœur de ville, la commune entend aussi renforcer le lien social et participer à la revitalisation de son centre-bourg.
Crédit photo Région Nouvelle-Aquitaine
Il y a un an, le centre socioculturel de Barbezieux-Saint-Hilaire poussait pour la première fois les portes de ses nouveaux locaux. Installé auparavant dans l’ancien hôtel des Finances, un bâtiment ancien organisé sur plusieurs niveaux et peu adapté à l’accueil du public, il dispose désormais d’un lieu entièrement repensé pour ses activités : l’ancienne poste, située en plein centre-bourg. Sur 300 m2, le centre socioculturel dispose désormais de suffisamment de surface pour installer l’ensemble de ses services et activités.
Un bâtiment pensé avec ceux qui vont l’occuper
Avant même le début des travaux, l’équipe du centre socioculturel a été associée à la réflexion sur l’aménagement. Elle a pu faire remonter ses besoins : une grande salle dédiée aux familles, une cuisine adaptée aux ateliers, des bureaux, une salle de réunion et des espaces permettant de recevoir les habitants dans de meilleures conditions. « On nous a demandé travailler à un cahier des charges », explique Mathilde Lambert, directrice du centre socioculturel. Les plans ont ensuite été travaillés avec l’architecte et la commune, afin de vérifier que le bâtiment corresponde réellement aux usages futurs. « Aujourd’hui, on a un bâtiment vraiment fonctionnel, une cour extérieure et on commence à s’imaginer ce qu’on va pouvoir faire. » Les ateliers cuisine illustrent particulièrement cette nouvelle liberté. L’ancienne cuisine, trop petite et peu pratique, ne permettait pas de développer ce type d'activité. Désormais, les ateliers peuvent être organisés avec les familles, mais aussi en lien avec l’épicerie sociale ou avec des associations partenaires. Car en effet, le lieu a vocation à être utilisé au-delà des seules activités portées directement par le centre. Des conventions peuvent être mises en place avec des partenaires pour leur permettre de proposer eux-mêmes des actions.
Une porte d’entrée pour tous les habitants
L’un des enjeux du projet est aussi de faire tomber les barrières qui peuvent parfois entourer l’image d’un centre socioculturel. Les personnes qui franchissent aujourd’hui la porte du bâtiment ne viennent pas toutes pour les mêmes raisons. Une famille peut venir inscrire ses enfants au centre de loisirs, une autre participer à une activité pendant les vacances, un retraité chercher un accompagnement pour ses droits, un habitant venir à l’épicerie sociale ou simplement participer à un atelier.
Cette diversité des usages crée progressivement une forme de mixité entre les publics. « On a de plus en plus de personnes qui passent la porte », constate la directrice. Et les nouveaux locaux semblent contribuer à cette évolution. « L’intérêt d’avoir de jolis locaux, c’est de casser le cliché du centre socioculturel », souligne le maire, Vincent Renaudin. « Il y a un accueil social, mais il n’y a pas que l’activité sociale. » L’épicerie sociale en est un exemple. Les personnes qui y ont recours ne sont pas nécessairement éloignées de l’emploi. Certaines travaillent mais rencontrent malgré tout des difficultés à boucler leurs fins de mois. Le nouveau bâtiment permet de les accueillir dans un environnement qui ne les stigmatise pas. Le centre devient ainsi autant un lieu où l’on vient chercher une aide qu’un endroit où l’on peut devenir acteur, participer à une activité, proposer un atelier ou rencontrer d’autres habitants.
Tous les cinq ans, l’association renouvelle son projet social. Une nouvelle démarche est actuellement engagée, avec l’objectif de réinterroger les habitants sur leurs besoins. Le nouveau bâtiment constitue donc davantage un point de départ qu’un aboutissement. Il offre un cadre permettant d’imaginer de nouvelles activités, mais aussi d'accueillir les initiatives des habitants et des associations. Cette dynamique s’étend d’ailleurs au-delà des murs. Le centre organise également des animations en pied d’immeuble, notamment dans les quartiers d’habitat collectif de Barbezieux. L’objectif est d’aller chercher les habitants qui ne franchissent pas spontanément la porte de la structure.
Une nouvelle pièce dans la revitalisation du centre-bourg
Pour la commune, la réhabilitation de l’ancienne poste s’inscrit dans une stratégie beaucoup plus large. Barbezieux-Saint-Hilaire, qui compte environ 5 000 habitants, cherche depuis plusieurs années à lutter contre la vacance et la fragilisation progressive de son centre-ville. Le projet de l’ancienne poste répond ainsi à l’un des objectifs de la commune : ramener des services et de l’activité dans le cœur de ville. La municipalité travaille sur plusieurs leviers : l’habitat, les services et le commerce de proximité. La commune est notamment engagée dans les démarches Petite Ville de Demain et est lauréat de l’AMI de revitalisation des centres-bourgs porté par la Région. La commune a d’ailleurs inauguré, il y a un an, sa première boutique partagée. Le but : permettre à des commerçants ou artisans de tester leur activité, sur un espace de vente adapté grâce à un loyer modéré. Après la requalification de la place du Château, d’autres projets doivent prolonger cette dynamique, notamment la rénovation de la piscine communautaire, la création d’une deuxième maison de santé ou, à plus long terme, la rénovation de la rue de la République et de la place du Champ de Foire.
« L’ancienne poste est donc une brique parmi d’autres d’un chantier de longue haleine engagé depuis plusieurs années », explique le maire. Un projet global dont le but est de faire du centre-bourg un endroit où l’on habite, où l’on travaille, où l’on se soigne, où l’on fait ses courses, mais aussi où l’on se rencontre.
