Utile comme David
See image's description
Quand David explique son métier, il sait qu’il devra souvent commencer par le traduire. Car derrière les termes de « Fonds social européen », de « programmation » ou de « crédits européens », il y a une réalité beaucoup plus simple : trouver des moyens supplémentaires pour financer des projets utiles aux habitants du Pas-de-Calais.
Au sein du Département, David travaille au pilotage des financements européens. Avec son équipe, il accompagne les services départementaux et les partenaires pour obtenir, sécuriser et gérer ces fonds qui permettent de développer des actions dans les domaines de l’insertion, de la mobilité, de l’inclusion sociale ou encore de la protection de l’enfance.
Un travail discret, loin du terrain en apparence, mais qui produit des effets très concrets.
Des travailleurs de l’ombre
« Nous ne rencontrons pas directement les bénéficiaires, mais nous savons que derrière chaque financement obtenu, il y a des personnes qui vont être accompagnées. » David sourit lorsqu’il se décrit comme un « travailleur de l’ombre ». Son quotidien est fait de dossiers, de règlements européens, de réunions de travail et d’échanges avec les services du Département ou les associations partenaires. Mais sa mission ne consiste pas seulement à rechercher des financements. Il faut aussi sécuriser leur utilisation, s’assurer que les règles européennes sont respectées, accompagner les structures bénéficiaires et simplifier au maximum des démarches souvent perçues comme complexes. « Il faut se mettre à leur place, l_eur métier, c’est d’accompagner des personnes. Pas de devenir spécialistes de la réglementation européenne._ »
Autour de François Ben, David et Vincent Tupinier jouent ainsi un rôle de facilitateur entre l’Europe, le Département et les structures qui interviennent sur le terrain.
Aller chercher de nouveaux moyens
Depuis plusieurs années, le Département du Pas-de-Calais a fait le choix d’utiliser les financements européens pour renforcer ses politiques de solidarité. Lorsque les programmes européens se sont ouverts à l’inclusion sociale et à la protection de l’enfance, l’équipe s’est rapidement mobilisée. « Il a fallu convaincre, expliquer, démontrer que ces financements pouvaient répondre à des besoins très concrets. »
Le Département a même été l’un des premiers à s’engager dans cette voie, entraînant progressivement d’autres collectivités dans la même dynamique. Résultat : les financements européens mobilisés sont passés d’environ 23 millions d’euros sur la programmation 2007-2013 à près de 60 millions d’euros sur la période 2021-2027.
Derrière ces chiffres, ce sont des projets qui ont pu voir le jour ou être renforcés : dispositifs d’insertion, accompagnement vers l’emploi, solutions de mobilité, actions menées avec les Restos du Cœur ou encore accompagnement renforcé de jeunes confiés à l’aide sociale à l’enfance.
Quand les chiffres deviennent des visages
Même s’il travaille principalement depuis son bureau, David tient à garder un lien avec la réalité du terrain. Avec ses collègues, il participe régulièrement à des visites de structures financées grâce aux crédits européens. Une rencontre avec les Restos du Cœur, un chantier d’insertion ou un dispositif lié au Canal Seine-Nord Europe permet de mesurer concrètement l’impact des financements obtenus. « Les témoignages des personnes accompagnées, c’est un peu la récompense collective de notre travail. » Ces moments donnent un visage aux lignes budgétaires et rappellent que derrière chaque dossier se trouvent des personnes qui retrouvent un emploi, gagnent en autonomie ou bénéficient d’un accompagnement adapté.
Une autre manière d’être utile
Pour David, l’utilité ne se mesure pas au nombre de personnes rencontrées chaque jour. Elle se trouve dans les moyens qu’il parvient à mobiliser pour les autres.
Son équipe a notamment contribué au financement de mesures éducatives renforcées permettant d’accompagner davantage d’enfants et de familles en difficulté. D’autres dispositifs soutiennent la mobilité, l’insertion professionnelle ou l’inclusion sociale.
« Nous avons les pieds dans les règlements européens, mais les yeux tournés vers le terrain. »
Une formule qui résume bien ce métier méconnu mais essentiel. Car si les travailleurs sociaux, les éducateurs ou les associations sont en première ligne auprès des habitants, encore faut-il que les moyens existent pour leur permettre d’agir.
Et c’est précisément là que commence le travail de David et de ses collègues.
Crédit photo :T. Gourlain / CD62
See image's description
See image's description