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La pression rampante des dépenses sociales

La pression rampante des dépenses sociales

Finances/Fiscalité
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Compte administratif 2025 et budget supplémentaire 2026 constituaient le plat principal au menu de la session d’été du Conseil départemental, ce vendredi 26 juin, sous la conduite du président, Christophe de Balorre. Beaucoup de chiffres sur la table, en particulier ceux des dépenses sociales, dont la pression rampante affecte les finances du Département.

Actualité - 26/06/2026

« La présentation du compte administratif est un moment de vérité, avec la photograpie exacte de nos engagements budgétaires », rappelle le président du Conseil départemental. À l’inverse du Budget primitif, qui acte des prévisions, et du budget supplémentaire, qui vient les adapter.

Dépenses par programme opérationnels du Département 2025 ©CD61

Le “social” : 755 €uros par an et par habitant

Parmi les chiffres de cet exercice 2025, Christophe de Balorre note « ceux qui interpellent », pointant « la progression des dépenses sociales de près de 14 M€ » : elles atteignent 211,2 M€ (hors personnel), soit 63% des dépenses dites courantes. Parallèlement, 12 M€ supplémentaires sont consacrés à la seule politique de l’autonomie, sous l’effet de l’augmentation du nombre de bénéficiaires et du coût de l’aide à domicile. Et les dépenses au titre du Revenu de solidarité active (RSA) continuent également d’augmenter.

« Tout cela n’est pas le résultat d’un choix de gestion. C’est la conséquence directe de l’évolution des besoins au plan “social” et des décisions nationales dont le financement repose très largement sur les Départements », précise le président de Balorre. Non sans assurer : « En dépit d’un contexte social très difficile, le Conseil départemental continuera de protéger, d’accompagner et de soutenir les Ornaises et les Ornais. Ils doivent toutefois savoir que, dans notre département, le “social” leur coûte 755 €uros par an et par habitant ! »

Évoquant la canicule actuelle et ses effets, Christophe de Balorre se veut lucide : « Quand le thermomètre dépasse les 35 ou 40 degrés, plusieurs jours de suite, de nouvelles fragilités apparaissent. La question climatique est désormais une question sociale majeure. C’est un défi que nous devons relever collectivement, pour protéger les Ornaises et les Ornais, en premier lieu les plus vulnérables. Le Département est au cœur de cette mobilisation, parce qu’il est la collectivité des solidarités. Nous sommes particulièrement attentifs à celles et ceux pour qui la chaleur représente un véritable danger. »

« Pas seulement “combien”, mais “pourquoi” ? »

Dans le domaine de la protection de l’enfance, les dépenses ne cessent de croître, également. « La question n’est pas seulement “combien” mais “pourquoi”. Pourquoi de plus en plus de familles ont-elles besoin d’être accompagnées par nos services ? ». Le président de Balorre poursuit : « En ce qui concerne les violences, la parole se libère et les faits sont mieux repérés. L’augmentation des signalements se répercute directement sur le nombre d’enfants à protéger, c’est-à-dire toujours plus de travail pour nos professionnels ! »

Le contexte conduit le Conseil départemental à lancer six recrutement de travailleurs sociaux, avec pour perspective de créer dix-huit postes supplémentaires sur trois ans et de « continuer à travailler sur l’attractivité des métiers et de leurs rémunérations ».

« La situation de la protection de l’enfance en France, interpelle, révolte, désole. Tout le pays est concerné et chacun d’entre nous ne peut être que bouleversé par les récents faits concernant des enfants », assure le président du Conseil départemental. « Je sais le malaise qui existe au sein de nos équipes, je le comprends. Le sentiment de ne pas pouvoir faire son travail, de ne pas pouvoir accompagner, protéger, mettre à l’abri, c’est terrible quand on a choisi ce secteur d’activité », ajoute Christophe de Balorre. Il annonce l’embauche d’un coordinateur au sein de la Cellule de recueil des informations préoccupantes (CRIP) « où, chaque mois, entre 200 et 250 “enfants en danger” nous sont signalés ».

Des capacités d’action « limitées »

Pour la 3e année consécutive, le compte administratif 2025 traduit « une dégradation par rapport à celui de l’année précédente ». De 2022 à 2025, le résultat en fin d’exercice est passé de 36,08 M€ à 8,14 M€. La dynamique de progression des dépenses courantes reste élevée (en moyenne + 4,8% par an depuis 2022, nettement supérieure à l’évolution des recettes (en moyenne + 1,75% par an depuis 2022).

« Une nouvelle fois, nos capacités d’action se trouvent de plus en plus limitées, entre des charges que nous subissons, pour une grande partie (plus de 60% du “fonctionnement” destinés à la dépense sociale, soit 211 M€), et des ressources sur lesquelles nous n’avons quasiment plus la main ! », déplore vivement le président de Balorre. « Seules les mesures que nous avons prises, collectivement et avec responsabilité, dès la préparation du budget 2025, nous permettent de conserver encore quelques marges de manœuvre. »

« Droit dans le mur ! »

Mettant en avant « une gestion responsable, “en bon père de famille” » Christophe de Balorre rappelle qu’elle est la condition première pour « faire face aux engagements pris, tout en préservant une capacité d’investissement conséquente pour préparer le futur ». Chiffres à l’appui : « En 2025, près de 80 M€ d’investissement qui ont été réalisés, dont 22 M€ dans les collèges et 15 M€ sur les routes départementales. »

Pour l’avenir, le président du Conseil départemental affiche une réelle inquiétude, dans la transparence la plus totale : « Malgré tous les efforts déjà consentis et ceux envisagés, la trajectoire budgétaire se complexifie. Cet “effet ciseau” tant redouté, fruit de l’explosion des dépenses imposées et de la dégradation des recettes, nous conduit droit dans le mur. Seule une réforme nationale en profondeur, réclamée en vain depuis plusieurs années, sur les compétences des Départements et les financements qui vont avec, nous permettra de continuer à avancer. »

Des investissements « confortés »

Les résultats de clôture de l’exercice 2025, établis par le compte administratif, permettent d’élaborer le budget supplémentaire 2026. Il vise à ajuster les prévisions 2026, au regard des crédits déjà engagés et de nouveaux besoins mis en lumière. Le chapitre des dépenses sociales est abondé à hauteur de + 3,8 M€, dont + 2,4 M€ pour le volet “enfance”.

Bien que réduites, les marges de manœuvre préservées conduisent à augmenter les investissements de + 9,4M€, dont + 6,4 M€ pour les collèges. Cette enveloppe supplémentaire porte les dépenses prévisionnelles 2026 du Plan collèges à 21 M€. En 2025, 22,28 M€ y ont été consacrés. Et les projets validés jusqu’en 2030 représentent 115,3 M€ d’investissements, soit plus de 200 M€ en moins de dix ans ! Les principales opérations de l’année se trouvent ainsi confortées. Les chantiers continuent d’avancer, selon le calendrier initial, à Racine (Alençon), Molière (L’Aigle), Hée-Fergant (Vimoutiers), Truffaut (Argentan), Harel (Rémalard-en-Perche).

Canicule. Continuité du service public départemental

La canicule s’est naturellement invitée en ouverture de la session plénière du Conseil départemental. Le président a tenu à « saluer avec reconnaissance la mobilisation et le travail de nos équipes qui, dans des conditions souvent difficiles, ont assuré la continuité du service public départemental, tellement indispensable à nos concitoyens en temps de crise ».

De nombreux domaines d’intervention du Département sont directement impactés par les températures tropicales. « La chaleur représente vite un danger », a rappelé Christophe de Balorre, évoquant les missions de solidarités : protection de l’enfance et des familles, accompagnement et accueil des personnes âgées et/ou en situation de handicap.

Quand les routes se mettent à fondre

À propos du réseau routier départemental, « qui souffre considérablement de ces chaleurs tropicales », Christophe de Balorre a fait un état des lieux : lorsque la température dépasse les 40° C, le bitume se met à fondre, ce qui peut présenter un danger immédiat pour les usagers. Sous l’effet de la remontée du liant, le revêtement colle aux roues des véhicules, ce qui provoque des “arrachements par plaque”.

Ces phénomènes de ressuage sont traités par cloutage, c’est-à-dire par apport de gravillons qui se mêlent au bitume coulant et, du même coup, comblent les trous : « C’est un gros travail qui va se poursuivre, avant un inventaire précis des axes les plus touchés afin d’y engager, à l’arrière-saison, des travaux qui seront beaucoup plus lourds ».

S’agissant des collèges, « qui sont tous restés ouverts et je m’en réjouis », le président a assuré : « C’est d’abord une fierté pour nos équipes, dont la tâche n’a pas été simple ces jours-ci. C’est aussi une fierté pour la collectivité : notre Plan collèges nous conduit à moderniser nos établissements de façon remarquable : oui, reconnaissons tous que les réhabilitations et reconstructions, en cours et à venir, permet d’affronter une canicule comme celle-là dans de bien meilleures conditions ! »

Les équipes du Département sur les routes de l'Orne ©CD61

Fraude au RSA : les pénalités se durcissent

Le Revenu de solidarité active (RSA) n’échappe pas à la fraude. Un phénomène dénoncé par le Conseil départemental, qui durcit les pénalités infligées aux contrevenants.

Destiné à assurer aux personnes sans ressources un niveau minimum de revenu, qui varie selon la composition du foyer, le RSA est versé sous certaines conditions. Ses bénéficiaires sont obligatoirement et automatiquement inscrits à France Travail. Ils doivent également s’engager sur des objectifs concrets d’insertion sociale et professionnelle.

« Entre solidarité et responsabilité »

« Le RSA repose sur un équilibre clair entre solidarité et responsabilité. Le Conseil départemental a toujours fait le choix d’une politique d’insertion exigeante et humaine, au service d’un objectif simple : faire de cette allocation un levier réel pour le retour à l’autonomie », rappelle le président, Christophe de Balorre. À ses yeux, « le renforcement des contrôles est devenu crucial, pour améliorer nos résultats en matière d’insertion, renforcer l’équité entre les bénéficiaires et garantir un bon usage des deniers publics ». Assurant que « toute situation de fraude avérée nous conduit a engager systèmatiquement des poursuites », il assume : « Notre choix ne traduit ni défiance, ni stigmatisation, mais une double exigence de responsabilité et d’efficacité ; il ne peut y avoir de situation définitivement acquise ! »

Outre un « dépôt de plainte commun du Département et de la Caisse d’allocations familiales (CAF) », des pénalités sont infligées aux fraudeurs, selon un dispositif que le conseil départemental durcit. Il est établi en fonction de la situation, de la simple ommission à l’escroquerie, en passant par la fausse déclaration.

Au-delà des frais de gestion des dossiers, réclamés à hauteur de 10% des sommes induement perçues, s’appliqueront des pénalités allant de 5 à 15% du montant initial. En cas de récidive, les majorations seront doublées.

Centre Départemental de Santé. Plus de 30 100 consultations en 2025

La structure a été créée il y a six ans et « la réussite est au rendez-vous. Nous nous en réjouissons, avec la ferme volonté de la conforter et de la développer », assure le président du Département. Les chiffres illustrent son propos : « Grâce au Centre départemental de santé, près de 7 000 Ornais ont retrouvé un médecin traitant. Nous comptons actuellement 32 professionnels de santé salariés et l’objectif initial de créer effectivement du temps de consultation a été atteint ; plus de 30 100 actes ont été assurés en 2025 ! »

« Pour autant, le travail se poursuit, conduit de manière très constructive avec les élus, comme en ce moment à Argentan. Notre objectif est d’ouvrir d’autres centres territoriaux de santé, c’est essentiel ! Dès qu’une nouvelle structure est créée, des antennes voient le jour, c’est le principe, et les projets ne manquent pas, pour toujours mieux mailler le territoire ornais », se réjouit Christophe de Balorre.

Centre Départemental de Santé ©CD61

Golf de Bellême. Le restaurant et l’hôtel vont booster la fréquentation

« Le début de la saison 2026 a été très bon, avec un chiffre d’affaires en progression de près de 10.000 € par rapport à la même période de 2025. On le doit, sans aucun doute au restaurant, qui est rouvert depuis un an. Cela laisse espérer un exercice à l’équilibre », selon de président du Conseil départemental.

Il compte, tout autant, sur « la réouverture, dès cet été, de l’hôtel, après d’importants travaux de mise aux normes. L’établissement devrait permettre le retour de golfeurs éloignés du bassin de vie de Bellême, ce qui ne peut que renforcer la fréquentation du golf ».

Golf de Bellême ©D.Commenchal-CD61

Eau potable. Une rallonge de 100 000 € pour les réseaux fuyards

« Assurer en tous points du département, la distribution d’une eau potable de qualité et en quantité suffisante », tel est l’objectif, martelé à l’envie, avec la ferme volonté, clairement réaffirmée, de « préserver l’Or bleue ». La lutte contre les réseaux fuyards et l’un des volets de la politique ornaise, pour lequel le Conseil départemental a inscrit 500 000 € à son budget 2026. Une enveloppe un peu trop courte pour satisfaire aux demandes validées et à venir : 32 000 € à la Communauté de communes de la Vallée de la Haute-Sarthe, pour conduire une “étude de gouvernance”, 142 500 € au Syndicat intercommunal d’alimentation en eau potable (SIAEP) du Haut Perche, pour le remplacement de 1 850 m. de canalisation, et 360 000 € pour le projet de renouvellement de réseau, porté par le SIAEP de la Vallée de l’Orne et annoncé pour la fin de cette année.

Au budget supplémentaire 2026, le Conseil départemental vote une rallonge au programme de “lutte contre les réseaux fuyards” de 100 000 € (soit 600 000 € au total).

Travaux sur le réseau d'eau potable ©CD61

Stratégie vélo. L’enveloppe 2026 abondée de 500 000 €

Sur la voie verte La Véloscénie, dont l’itinéraire cyclable relie Paris au Mont-Saint-Michel, le Conseil départemental vient d’achever un chantier de réfection complète, entre Sablons-sur-Huisne et La Mesnière. Dans le prolongement de l’opération, des travaux sont envisagés sur plusieurs autres sections, en direction d’Alençon : curage de fossés, arasement d’accotements, reprise des bandes de roulements les plus dégradées.

Dès cette année, le Département va s’associer au projet de La Vallée du Noireau. Au terme des études en cours, sont également prévus des travaux de sécurisation sur quelques portions de voie verte, notamment sur La VéloFrancette (Caen-La Rochelle), à hauteur de Céaucé.

Ces différentes opérations conduisent le Conseil départemental à abonder son budget 2026 “stratégie vélo” de + 500 000 €, portant le programme annuel à 1 369 000 €

Les subventions votées

  • Envol 61 (information et sensibilisation aux risques liés à l’alcool) , 960 € ;
  • Union départementale des donneurs de sang bénévoles, 720 € ;
  • Association départementale de Protection civile de l’Orne, 1 945 € ;
  • Association de soins palliatifs de l’Orne, 2 040 € ;
  • Centre d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF), 5 470 € ;
  • Dispositif local d’accompagnement (DLA) Orne (Mission locale du Pays d’Alençon), 3 240 € ;
  • Fédération départementale Familles rurales de l’Orne, 22 680 € ;
  • L.A. Sport (concours de saut d’obstacles au Haras national du Pin), 15 000 €.

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