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Une Nordiste récompensée pour ses recherches scientifiques

Une Nordiste récompensée pour ses recherches scientifiques


Spécialisée en physique quantique, Chloé Fruy consacre sa thèse à la recherche de la matière noire, qui demeure l’un des grands mystères de la physique contemporaine. La jeune chercheuse nordiste vient d’être distinguée par le 20e Prix L’Oréal-UNESCO « Pour les Femmes et la Science », aux côtés de 34 autres chercheuses. Rencontre.

Rechercher la matière noire avec des détecteurs quantiques : un sujet passionnant, mais encore très abstrait pour le grand public. Pourtant, ces travaux pourraient bouleverser notre compréhension de l’Univers et, à plus long terme, ouvrir la voie à des technologies que nous ne pouvons même pas encore imaginer.

Pour faire la lumière sur la matière noire, nous avons rencontré Chloé Fruy, originaire de Cobrieux, qui vient d'être mise à l'honneur par la Fondation L’Oréal, en partenariat avec l’Académie des sciences et la Commission nationale française pour l’UNESCO. Une belle récompense pour la Nordiste qui a été sélectionnée parmi plus de 800 candidates.

Comment est née votre vocation ?

Rien ne me destinait à suivre cette voie car je n’étais pas née dans ce milieu. Bien sûr, j’aimais les sciences, mais plus particulièrement les mathématiques et la chimie. J’ai passé un bac scientifique au lycée Charlotte Perriand à Genech, puis j’ai intégré une prépa scientifique à Faidherbe à Lille et c’est à ce moment-là que j’ai apprécié la physique à sa juste valeur.

La science et la physique quantique : une évidence ?

Après ma prépa à Lille, j'ai étudié à Chimie ParisTech puis à l'ESPCI (l’École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris) où je me suis spécialisée en physique quantique. Ce double diplôme et mes stages de recherche à l'Observatoire de Paris, à l'université d'Uppsala en Suède, puis chez IBM Research aux États-Unis et à l'Institut Quantique de Sherbrooke au Canada, ont conforté cette vocation.

Comment résumer l’objet de vos recherches ?

Je développe des détecteurs quantiques capables de rechercher la matière noire. Il s’agit d’une matière invisible qui n'émet aucune lumière, mais qui composerait 85% de la matière de l'Univers. On ne peut pas la voir mais elle existe. Avec la physique quantique, qui est l’étude de l’infiniment petit, je mets au point des techniques de détection extrêmement sensibles capables de mesurer des signaux jusqu'ici inaccessibles.

À terme, quels seront les progrès envisageables avec cette technologie ?

Elle pourra nous aider à mieux comprendre la composition de l’Univers. Je peux déjà la mettre au service de l'étude de nouveaux matériaux créés en laboratoire. De façon plus large, elle servira à faire évoluer la science. Les applications restent encore à déterminer. La science fonctionne ainsi : c'est par exemple le cas du GPS, dont la précision repose sur les théories de la relativité d'Albert Einstein.

En 2026, la question de la place des femmes dans le monde scientifique est-elle encore un sujet ?

Oui c’est encore un sujet, dans la mesure où j’ai longtemps été la seule doctorante du groupe. Le milieu scientifique reste majoritairement masculin et se prive encore trop souvent des talents féminins ! Recevoir ce prix, c’est bien sûr un honneur, mais j’aime penser qu’il servira à faire changer les mentalités et que cela deviendra un non-sujet pour les jeunes filles qui intégreront la science dans les prochaines années…


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