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Les haies bocagères, la solution pour limiter les dégâts des inondations

Les haies bocagères, la solution pour limiter les dégâts des inondations

À Banteux, les haies bocagères retrouvent une fonction essentielle : protéger les terres et les habitants face aux coulées de boue. Porté par des agriculteurs engagés comme Claire et François Delobel, ce projet, soutenu par le Département du Nord, est une mobilisation collective pour répondre aux défis climatiques.

Au premier regard, difficile d’imaginer que l’openfield du Cambrésis puisse devenir dangereux pour ses habitants. Et pourtant, à Banteux, comme pour les autres villages de la plaine, le dénivelé est important. Ici, nous ne sommes pas touchés par le débordement d’une rivière, mais quand il tombe 200 mm en une heure, tout dévale, explique l’agricultrice Claire Delobel.

Dans ces territoires en pente douce, l’eau ruisselle rapidement, emportant avec elle la terre des champs alentour. Un phénomène amplifié par l’intensité des épisodes orageux. L’eau boueuse, c’est deux fois plus de puissance que de l’eau claire. C’est ça qui arrache tout sur son passage, constate François Delobel, conjoint de l’agricultrice et conseiller municipal.

Ce qui convainc ce dernier d’agir, c’est l’inondation de plusieurs habitations dans le village voisin à 5 km. Ce drame, survenu le 11 septembre 2008, a marqué les esprits et mis en évidence la vulnérabilité de cette zone pourtant non classée inondable. Face à cela, une solution s’impose progressivement : ralentir l’eau et retenir la boue avant qu’elle n’arrive en bas des versants.

L’installation de haies bocagères

Avec l’appui de la Chambre d’agriculture et le soutien du Syndicat mixte d'assainissement des boues (SMAB) , un diagnostic précis du territoire est réalisé : étude des pentes, identification des zones à risque, définition des emplacements stratégiques. Les acteurs locaux ont aussi pu s’appuyer sur l’accompagnement technique et financier du Département du Nord.

Au total, près de deux kilomètres de haies ont été plantés pour un montant de 50 000 €. Le projet inclut également leur entretien et leur protection (notamment contre les chevreuils, croisés ce jour-là au milieu des champs). Planter une haie contre l’érosion, ce n’est pas planter une haie classique, souligne François Delobel. Il y a 10 espèces différentes et elles sont plantées plus près les unes des autres.

Le financement de plantations de haies dans nos territoires ruraux participe à la fois à notre soutien du monde agricole et fait partie de notre convention d’actions partagées avec la Chambre d’agriculture du Nord Pas-de-Calais. Mais il participe également à notre volonté de meilleure lutte contre les événements climatiques et météorologiques et d’accompagnement des pratiques agricoles par rapport aux effets de ceux-ci et de l’érosion qui en découle.

Patrick Valois, vice-président en charge de la Ruralité et de l'environnement

En complément, d’autres aménagements, comme des fascines (tresses de bois), ont été installés en aval de la haie. Ils sont une aide supplémentaire pour lutter contre les coulées de boue car leur efficacité est immédiate. Les haies, elles, ont besoin de cinq ans de pousse pour être opérationnelles.

Bien d'autres avantages...

Au-delà des aménagements, c’est aussi la mobilisation de tous qui a fait la différence. Car l’enjeu dépasse largement la seule plantation de haies. Il concerne aussi les pratiques agricoles : organisation des cultures, couverture des sols, gestion des parcelles.

Tout cela n’aurait pas été possible sans la motivation des agriculteurs, insiste François Delobel. Généreusement, ils ont accepté de laisser une bande de 50 cm sur leur parcelle pour la plantation de haies. Même à petite échelle, chaque action compte car cette sécurisation permet aussi de réduire les impacts en aval sur la ville de Cambrai. Une haie, c’est concret mais les gens ne mesurent pas toujours tout de suite son utilité, confie-t-il. Ça ne peut pas arrêter les épisodes orageux mais ça limite les conséquences dans les villages.

Car ces aménagements s’inscrivent dans le temps long et participent aussi à d’autres objectifs. Au-delà de leur rôle hydraulique, les haies apportent des bénéfices visibles pour l’environnement. On voit revenir des oiseaux, des insectes, des rapaces… toute une biodiversité qui s’installe à nouveau, observe Claire Delobel.

Elles jouent également un rôle face au changement climatique : protection contre le vent, limitation du dessèchement des sols, amélioration de l’infiltration de l’eau. Pour François Delobel, l’enjeu est clair : Un agriculteur devient paysan quand il façonne le territoire.

Vous aussi, vous pouvez demander l'aide du Département

À travers le dispositif de subventions "Plantation et renaturation", le Département accompagne les communes et établissements publics locaux, associations... dans leurs projets de plantations en milieu rural et en ville. Pour en savoir plus, rendez-vous sur la page Nord services.


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