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"J'ouvre ma porte à des personnes victimes de violence le temps qu'ellestrouvent une solution durable"

"J'ouvre ma porte à des personnes victimes de violence le temps qu'ellestrouvent une solution durable"

Solidarité/Retraite
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Depuis quatre ans, Chloé accueille chez elle des victimes de violences, le temps pour elles de souffler et d’envisager un nouveau départ. Via l'association Un abri qui sauve des vies, onze femmes ont déjà trouvé refuge sous son toit, seules ou avec leurs enfants. Témoignage.

Depuis quand et pourquoi ouvrez-vous votre porte ?

Chloé : Je soutiens la cause féministe depuis longtemps et j’étais déjà engagée dans ma pratique artistique. Il y a 4 ans j’ai vu passer une annonce de l'association Un abri qui sauve des vies sur Facebook : une femme victime de violence avait besoin d’un logement d’urgence. C’était l’occasion de m’engager en proposant une aide concrète, d’avoir un réel impact. J’ai donc répondu sans attendre.

Comment se passent les premières heures ?

Chloé : Souvent les personnes accueillies sont gênées. Parfois elles s’excusent même d’être là. Je fais en sorte de les mettre à l’aise, de leur permettre de se reposer. Voire de parler pour se libérer de ce qu’elles ont vécu.

Y a-t-il un profil type ?

Chloé : Pas du tout. J’ai accueilli des personnes de toutes les générations, avec ou sans enfants. La toute première personne était une très jeune femme enceinte. Quant à la dernière, elle avait plus de 50 ans. Certaines sont seules, d’autres viennent avec leurs enfants. Leur point commun c’est d’avoir eu la force et le courage de partir de chez elles. Souvent avec juste une seule valise.

Combien de temps les personnes restent-elles en général ?

Chloé : Une semaine en moyenne. 10 ou 15 jours parfois. Autant de temps qu'il faut. Comme je l’évoquais, je leur laisse le temps de se reposer un peu. Puis dès que possible, elles se font accompagner par les assistantes sociales du Département du Nord ou des associations. Leur objectif : trouver un logement pérenne et se reconstruire.

Partagez-vous du temps ensemble ?

Chloé : Nous échangeons forcément sur ce qu’elles ont vécu. Parfois c’est même moi qui pleure car leurs histoires peuvent être difficiles à entendre… Nous avons parfois des moments heureux, notamment autour d’un bon repas.

Mais je reste vigilante : je ne me considère pas comme une « sauveuse » et je ne m’attache pas. Je ne garde d’ailleurs pas de lien après leur départ. Je me considère comme un maillon de la chaine, un endroit de passage où elles peuvent souffler avant de repartir.

Un conseil pour les personnes qui voudraient proposer leur aide ?

Chloé : Il ne faut surtout pas avoir peur de leur tendre la main. Déjà parce que l’association Un abri qui sauve des vies nous donne de nombreux conseils et garanties. Par exemple, personne ne sait où elles sont hébergées, pas même leur famille. Pendant la période d’accueil, l'asso reste aussi présente pour assurer le suivi et coordonner l'orientation vers des solutions durables, en lien avec les professionnels du secteur social, juridique et médical.

Comment contacter l'association Un abri qui sauve des vies

Vous pouvez vous aussi proposer votre logement sur le formulaire dédié de l'association, dont le Département du Nord est partenaire.

Si vous êtes à la recherche d'un logement d'urgence, composez le 09 77 42 59 20 (7 jours sur 7, de 8h à 20h). Témoin ou victime ? Le numéro 3919 est accessible 24h/24 et 7j/7, gratuitement et de manière anonyme_**.**_

Se protéger les victimes de violences intrafamiliales


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