Grâce au tennis fauteuil, Cléo Ginterdaele se sent dans son élément
À seulement 15 ans, Cléo Ginterdaele a un agenda bien rempli. La numéro 2 française chez les juniors trouve le temps de cumuler les révisions du brevet des collèges et les entraînements pour la Coupe du monde de tennis fauteuil et les championnats de France à Roland-Garros. Dix ans après l’accident de voiture qui a bouleversé sa vie et celle de sa mère, la jeune Nordiste a retrouvé confiance, liberté et goût du défi. Rencontre.
Comment as-tu découvert le tennis fauteuil ?
C’est grâce à Pauline Déroulède, championne de tennis fauteuil, qui a perdu sa jambe dans les mêmes conditions que ma mère et moi (ndlr : Cléo et sa maman ont été fauchées par une automobiliste qui a perdu le contrôle de son véhicule sur le marché de Croix). Nous nous sommes rencontrées à Grenoble, dans le cabinet de l'orthoprothésiste où nous faisions changer nos appareillages. Nous nous sommes très bien entendues et c’est elle qui m’a suggéré de faire un essai.
Qu’est-ce que ce sport a changé dans ta vie ?
Énormément de choses. J'avais tenté la natation, la gymnastique et l'équitation mais rien ne me semblait adapté. Le tennis fauteuil m’a aussitôt redonné confiance. C'est une discipline où le haut du corps est très sollicité, le gainage est très important, ne serait-ce que pour maîtriser le fauteuil. Car dans la vie de tous les jours, je me déplace peu en fauteuil, seulement à la maison.
Justement, est-ce que l'entrainement est différent ?
Mon entrainement se décompose en 3 parties : le physique bien sûr, mais aussi la partie purement tennis que je pratique à Hem. Sans oublier le mental, que je travaille en visio avec une coach dédiée. Concernant les déplacements, c'est un peu contraignant car je dois voyager accompagnée, avec un adulte aidant. Mais pour le reste, je me sens libre quand je joue. Je peux bouger vite, me dépasser, voyager, rencontrer du monde… ça m’a vraiment aidée à avancer.
Tu as marqué les esprits l'an dernier en devenant la première ramasseuse de balles en fauteuil à Roland-Garros. Que retires-tu de cette expérience parmi les "ballos"?
Être la première ramasseuse de balles en fauteuil roulant en Grand Chelem, c’est quelque chose dont je suis très fière ! Au début j’étais stressée, mais après je me suis sentie à ma place. Et puis rencontrer les joueurs, voir l’ambiance des courts, c’était magique. J'ai d’ailleurs amené les balles pour la grande finale dames, après avoir été interviewée en direct sur le plateau de France Télévisions. Et j'ai aussi ramassé les balles pour Pauline, ma mentor !
Quels sont tes objectifs à court terme ?
Pour le moment, participer aux championnats de France à Roland-Garros fin juin tout en passant les épreuves du Brevet des collèges la même semaine. Et pour répondre plus largement, mon souhait n’est pas de devenir professionnelle mais de continuer à progresser et surtout de prendre du plaisir.
Les JO de Paris ont contribué à mettre davantage en lumière le handisport. Comment le ressens-tu ?
C’est vrai que depuis ces Jeux Olympiques, je remarque que nous avons plus de visibilité et d’attention. J’ai moi-même découvert des disciplines ! À ce sujet, j’aimerais participer aux Jeux paralympiques un jour, peut-être pas à Los Angeles en 2028… mais à Brisbane en 2032. On va dire que c’est un rêve qui me donne envie de travailler encore plus !
Un podium mondial et une 6e place au classement
Suite à sa participation à la Coupe du monde juniors par équipes à Knokke-le-Zoute avec sa co-équipière Manon Dayan, où les 2 sportives ont décroché la médaille d'argent derrière le Japon, Cléo vient de se hisser à la 6e place mondiale. Une belle récompense pour la jeune championne désormais installée parmi les meilleures mondiales.