De l’aide à domicile à formatrice, Valérie Crepin marche dans les pas de ceuxqui l’ont formée
Pendant plus de 20 ans, Valérie Crépin a accompagné les autres, à domicile comme en structure. Aujourd’hui responsable de service et formatrice, elle incarne une évolution possible dans le secteur de l’aide à domicile : celle d’une professionnelle devenue, à son tour, transmetteuse de savoirs.
À 52 ans, Valérie Crépin ne s'est jamais vraiment éloignée de ses convictions : placer l’humain au cœur de son métier. Aujourd’hui responsable de service dans la structure d’aide à domicile Proxim, elle coordonne les équipes administratives et les auxiliaires de vie, au service de près de 600 bénéficiaires. Mais derrière ce poste à responsabilités, il y a un parcours tissé d’expériences qui l'ont enrichie.
Très jeune, Valérie est confrontée à la fragilité. Avec ses grands-parents, l'enfant qu'elle est accompagne sa tante, atteinte de la sclérose en plaques. Une proximité qui façonne son regard et, sans doute, sa vocation. C’est venu naturellement, confie-t-elle. Après un BEP, puis un bac dans le secteur médical, elle entame des études d’infirmière. Un drame familial l’oblige à interrompre son parcours, mais elle rebondit rapidement en obtenant son diplôme d’aide-soignante.
Les soins à domicile
Pendant huit ans, elle travaille en milieu hospitalier, principalement en gériatrie. Puis vient la naissance de sa troisième fille. Elle choisit alors de quitter la structure pour exercer à domicile. Je ne suis jamais revenue en arrière, affirme-t-elle. Là-bas, elle découvre une autre manière de soigner : plus autonome, plus intime.
Pour exercer, elle complète son diplôme avec un module social et devient auxiliaire de vie. Treize années durant, elle accompagne personnes âgées, personnes en situation de handicap, enfants malades. Ce n’est pas juste de l’aide à la toilette ou du ménage, confie-t-elle. On les accompagne à une sortie, on les écoute, on partage des moments du quotidien… Redonner le sourire à quelqu’un, ça n’a pas de prix.
Parmi les souvenirs qui marquent son parcours, Valérie Crépin évoque une sortie à la mer restée particulièrement forte. À domicile, elle accompagne une bénéficiaire dans un projet hors du commun : aller jusqu’à Berck, passer une journée hors du quotidien, voir autre chose que les murs familiers de la maison. Et, selon elle, c'est l'essence même de son métier.
La transmission comme évidence
Mais Valérie ne s’arrête pas là. Face aux difficultés de recrutement dans le secteur, elle participe à la création d’un centre de formation interne. Elle se forme elle-même, obtient un diplôme de formatrice pour adultes et enchaîne les expériences dans plusieurs structures. Là encore, elle évolue : formatrice, puis coordinatrice, à la tête d’une équipe d’une douzaine de formateurs sur plusieurs territoires. J’aime les défis, dit-elle simplement.
Mais les aléas du secteur, notamment les appels d’offres et les marchés publics, la ramènent vers le terrain. Elle rejoint finalement une entreprise d’aide à domicile, d’abord comme responsable de secteur, puis très rapidement comme responsable de service.
Aujourd’hui, Valérie revendique une vision engagée de son métier. Elle continue d’ailleurs à aller à la rencontre des bénéficiaires. Une manière de rester connectée à la réalité, mais aussi de transmettre son expérience aux équipes. Je leur dis toujours : la théorie, c’est une base et sur le terrain, il faut savoir s’adapter, reconnaît-elle. Sa plus grande fierté est de revoir dans les entreprises les personnes qu'elles a elle-même formées. De 18 à 62 ans, les profils sont variés et les motivations personnelles à chacun. Engagée, Valérie réalise des immersions et forme les stagiaires dans une pièce de vie factice aménagée pour l'occasion.
Passionnée et déterminée, l'évolution de carrière est pour Valérie le point fort. On peut se construire un parcours et voir différents aspects du métier, explique-t-elle. Et surtout, on peut se sentir utile. Moi, c'est en grande partie grâce à mes directeurs d'entreprise et les centres de formation qui m'ont accordé leur confiance. Son message aux plus jeunes est clair : essayer avant de juger. Il y a beaucoup de clichés : c’est un métier qu’il faut vivre pour comprendre, conclut-elle.