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Antoine Disle, réalisateur : "J'ai tout misé sur l'édition de Paris-Roubaix 2025!"

Antoine Disle, réalisateur : "J'ai tout misé sur l'édition de Paris-Roubaix 2025!"

Il a imaginé, avec le soutien du Département, le documentaire "Paris-Roubaix : duels en enfer" diffusé sur France 3 Hauts-de-France et Eurosport, respectivement ces jeudi 9 et vendredi 10 avril. Ce passionné de vélo revient ici sur la genèse du projet et sa construction.

Comment est né ce projet ?

Antoine Disle : Cette course me hante depuis longtemps, et je me suis rendu compte en revoyant un peu les éditions précédentes, qu’il n’existait pas de vrai documentaire sur le sujet. Quand je parle de documentaire, ce n’est pas seulement un film destiné aux passionnés de l’épreuve, mais aussi au grand public pour mieux comprendre ce qu’est ce monument. Ce n’est pas seulement un monument du cyclisme, mais un événement du patrimoine sportif en général. Et pour moi, quand je raconte un film au grand public, j’ai toujours une espèce de trame qui fonctionne bien : il y a une légende, du suspense et puis un voyage qui est un peu une découverte. Là, en l’occurrence, c’est quand on s’en va à San Francisco à la rencontre de l’ancien cycliste Bob Roll. Il s’agit de convoquer un peu d’imaginaire… À l'arrivée, on a une belle recette qui touche tous les téléspectateurs !

Antoine Disle lors de la réalisation de son documentaire aux Etats-Unis.

Quel est votre rapport à Paris-Roubaix ?

A.D. : Depuis petit, je regarde Paris-Roubaix à la télé, le Tour de France aussi, mais Paris-Roubaix, c’est un événement ! Moi, j’ai un cousin qui m’a amené au sport, au vélo, qui était passionné de ça, et on regardait cette course ensemble. C’était vraiment la grand-messe et il m’a fait comprendre toute la dimension de l’épreuve. Il y a environ 15 ans, il a été atteint d’un cancer, et il a lutté pendant de longs mois. Mais il ne ratait jamais une édition de Paris-Roubaix. Il y a quelques années, c'était en janvier, il est arrivé en soins palliatifs et m’a dit : ‘‘Antoine, je veux tenir jusqu’à Paris-Roubaix, je veux tenir jusqu’en avril’’. Tout le monde pensait que ce ne serait pas possible, mais il l’a fait ! Le jour de Paris-Roubaix, à l’hôpital Saint-Antoine à Paris, il y avait tout pour qu’il regarde la course en direct, du début jusqu’à la fin. Son dernier Paris-Roubaix ! Sur la porte de sa chambre, il y avait un message à l'attention des infirmières ‘‘Ne pas déranger’’, tout le service était au courant. Le lendemain, il s’en est allé.

Comment avez-vous construit votre documentaire ?

A.D. : Il fallait trouver une édition, un fil conducteur sportif à suivre, que l’on peut ensuite dérouler. Là, ça a été l’édition 2025. Seul impératif, il fallait que la course que j’allais suivre soit bien documentée, c’est-à-dire une course filmée en linéaire avec un vrai suspense. J’ai tout misé sur l’édition de Paris-Roubaix 2025 ! Au début, il faut apprendre à connaître les coureurs, les circonstances, donc on commence avec Mathieu Van der Poel, Wout Van Aert : qui ils sont, leur histoire, leur rivalité qui remonte à l’enfance. Mais il faut faire connaître aussi Filippo Ganna et Mads Pedersen qui sont des prétendants. Donc les suivre comme des personnages de film, suivre également les premières manches comme Milan-San Remo et le Tour des Flandres : on retrouve Mathieu, on retrouve Filippo et on retrouve, surprise, Tadej Pogačar, qui annonce sa venue sur Paris-Roubaix seulement un mois avant. Là, on a toutes les cartes en main, nos personnages sont prêts, et le public ne peut que mieux les apprécier !

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Comment fait-on pour sélectionner les épisodes sportifs qui jalonnent le documentaire, et font la légende de Paris-Roubaix ?

A.D. : Là, j'ai fait appel à Pascal Sergent, un puits de science sur le sujet. On a passé une journée ensemble et il m’a raconté Paris-Roubaix. J’ai eu 130 années de Paris-Roubaix d’un coup. Après, j’ai sélectionné les moments qui me semblaient les plus pertinents, comme les origines. On ne peut pas passer à côté des origines, c’est l’ADN de la course, c’est capital ! Il fallait aussi retranscrire la période des premiers vainqueurs, notamment ce duel de géants entre Lapize et Faber. Ce qu’ils étaient en train de vivre était énorme, ça dit tout ! Cette période était exceptionnelle et flamboyante, et comprenait tous les ingrédients pour bien lire Paris-Roubaix. Pour que l’histoire fonctionne, il faut que le passé réponde au présent et que le présent réponde au passé.

Comment ont réagi vos témoins ? On a senti chez certains beaucoup d'émotion…

A.D. : Dans le film, Christian Prudhomme explique Paris-Roubaix en prenant l’image de Kitzbühel (station de ski autrichienne) : là-bas, tous les skieurs aguerris attendent les nouveaux, et tant que tu n’as pas vécu cette épreuve vertigineuse et dangereuse, tu n’es pas un vrai descendeur ! Pour lui, Paris-Roubaix, c’est pareil ! Quand tu as couru l’épreuve, tu as la carrure et l’étoffe d’un cycliste. C’est ce que j’ai ressenti chez les coureurs que j’ai rencontré. C’est pour ça que dans le film, ce qui est important, c’est de raconter ceux qui le font pour gagner et ceux qui le font pour ce que ça représente pour eux ! Adrien Petit, quatorze participations, passionné, était là bien avant : il était là, enfant, sur la Trouée d’Arenberg avec ses parents à regarder la course, c’est un local qui l’a vécue dans sa culture. Il a grandi, il est devenu cycliste professionnel, et tout de suite, il a fait de cette course un rendez-vous qu’il ne voulait rater sous aucun prétexte. Mais, vous savez, quand vous branchez ces coureurs sur Paris-Roubaix, ils n'ont juste qu'à laisser aller leurs émotions, leurs souvenirs, et en même temps qu’ils vous parlent, ils revivent les images en direct.

Diffusion : les jeudi 9 avril à 22 h 50 sur France 3 Hauts-de-France, et vendredi 10 avril à 19 h 15 sur Eurosport.


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