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Adrian Maillard, si jeune et déjà en haut de l’affiche

Adrian Maillard, si jeune et déjà en haut de l’affiche


À 16 ans, il s’apprête à disputer sa deuxième étape de Coupe du monde en para-escalade avec l’équipe de France. À Laval (Mayenne), le 28, 29 et 30 août, le Marcquois visera, avec son guide Hippolyte Larzul, une seconde victoire consécutive !

Les mains agrippées sur les prises et les pieds bien calés, Adrian Maillard progresse vite sur le mur de la salle d’escalade Climb Up à Lesquin. Bien guidé à la voix par Hippolyte Larzul... Une session d’entraînement classique pour l’adolescent qui les enchaîne en ce début d’été ! Des séances de deux ou trois heures à raison de cinq fois par semaine. Ce dernier prépare activement sa deuxième étape de Coupe du monde de para-escalade avec l’équipe de France qu’il a rejointe récemment.

Le jeune homme plonge alternativement sa main droite puis sa main gauche dans le petit sac de magnésie situé au niveau de sa taille, et enchaîne les prises. À le suivre le long de cette paroi artificielle, rien ne le distingue d’un autre grimpeur : rapidité, vitesse d’exécution, fluidité dans les gestes… Pourtant Adrian Maillard est déficient visuel. Hippolyte Larzul, son binôme de 10 ans son aîné, baudrier autour de la taille et casque audio sur les oreilles, assure la logistique, et donne les consignes.

  • 1/4 - Adrian Maillard en action...
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Premières armes chez les valides

Allez, c’est parti… Pied droit devant… Pied droit ok… Epaule main droite bien haute, tu peux décaler le pied gauche, main gauche à gauche bien loin… Notre grimpeur progresse avec agilité en se fiant entièrement aux indications de son guide. Avant de découvrir l’escalade il y a cinq ans, j’ai testé de nombreux sports, souligne notre interlocuteur. J’ai fait de la gym, de la natation, des arts martiaux, mais l’escalade, j’ai tout de suite accroché !

Le sociétaire de Bou’D’Brousse, club de la métropole lilloise installé à Roubaix, Leers et Toufflers, cultive le goût de l’effort et de la performance. En compétition, il fait même ses premières armes chez les valides. Le médecin qui me suivait depuis ma naissance, avait dit à mes parents : ‘‘Vie normale !’’, raconte-t-il. D’ailleurs, je n’ai démarré les "compèts" de para-escalade qu’il y a un an, et aujourd’hui, je fais toujours le circuit valide en parallèle.

  • 1/2 - Le jeune homme attache une très grande importance à sa sécurité, et fait avec Hippolyte Larzul les vérifications d'usage avant de s'attaquer à la paroi.
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Une soif de podiums

Ce qui m’épate chez Adrian, c’est sa détermination et son envie de montrer qu’il peut faire malgré son handicap, glisse son guide en compétition para. Tout au long de la séance, les difficultés vont crescendo : voie bleue, puis violette puis blanche… Adrian Assimile très vite ce qu’on lui propose, il possède une grosse capacité à supporter la contrainte et la fatigue, et il arrive à passer au-dessus du stress, complète Camille Da Silva, son entraîneur qui le suit depuis le début.

Champion de France para en 2025 et 2026, le grimpeur marcquois s’est même offert les 15 et 16 juin derniers une première victoire en coupe du monde à Innsbruck, en Autriche, devant les caméras d’Eurosport. Je ne m’attendais pas à ce qu’il fasse premier, ajoute à ce sujet Camille Da Silva. Ses adversaires avaient plus d’expérience que lui, et malgré ça, il finit premier, et roule sur la compétition. Il a vraiment une grosse marge de progression.

  • 1/1 - Adrian Maillard débriefe sa matinée d'entraînement avec Camille Da Silva, au centre, et Hippolyte Larzul, son binôme.

Brisbane 2032 en ligne de mire

Moi, je vois avant tout mon fils s’épanouir, et je suis étonné par son engagement et sa persévérance, développe Christophe, son papa. Il faut toujours qu’on l’amène à la salle. Même en vacances, il suit son programme d’entraînement avec assiduité.

À Laval, fin août, Adrian Maillard voudra confirmer. Mon objectif, c’est de devenir numéro 1 mondial partout où je peux le faire, assure-t-il, avec déjà dans un coin de sa tête les Jeux paralympiques de Brisbane en 2032. À Los Angeles, ma discipline sera représentée, mais pas ma catégorie, détaille-t-il. Ce n’est pas grave, mais en 2032, je serais prêt !, conclut-il avec ce petit sourire au coin des lèvres. Adrian Maillard aura 22 ans !


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