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Les collégiens d’Imphy invités à rêver aussi grand que l’espace

Les collégiens d’Imphy invités à rêver aussi grand que l’espace

Placée sous le signe de l’épopée spatiale de la Nivernaise Sophie Adenot, l’année scolaire du collège Louis-Aragon, à Imphy, vivra son apogée en juin, lors d’une liaison radio exceptionnelle avec l’ISS. En attendant le grand jour, les élèves ont vécu un épisode intense et émouvant lors d’un échange en visio avec Claudie Haigneré, la première Française à avoir arpenté l’espace, en 1996 et 2001. Avec bienveillance et un enthousiasme communicatif, la spationaute a raconté son parcours, son rêve d’enfance réalisé, et incité ses jeunes auditeurs à laisser libre cours à leurs audaces, même – et surtout – les plus folles.

Encore éberlué, le grand brun costaud murmure à un de ses camarades : « C’est une astronaute, c’est pas n’importe qui. » Près de lui, la principale Angélique Melaine acquiesce, rayonnante : « C’était un moment magique. » Pendant plus d’une heure, une trentaine d’élèves du collège Louis-Aragon, à Imphy, ont participé dans un calme studieux, et parfait, à une rencontre en visio avec Claudie Haigneré, jeudi 23 avril (1). Comme une répétition générale avant le grand oral que constituera la liaison radio avec l’ISS, dans la semaine du 8 juin, avec le Club de radioamateurs de la Nièvre. Et le sentiment, déjà, de vivre un moment privilégié avec la première spationaute française, dont l’exemple a inspiré Sophie Adenot, Nivernaise aux racines familiales imphycoises.

Liées par l’amitié et cette sororité spatiale, les deux femmes partagent cette joie inouïe d’avoir réalisé leur rêve le plus fou. « J’avais 12 ans en juillet 1969, quand l’homme a fait ses premiers pas sur la Lune. J’ai trouvé ça exceptionnel, et ça m’a trotté dans la tête. Sophie a eu aussi cette petite graine de rêve, quand elle m’a vue voler ; elle s’est dit : « pourquoi pas moi ? » L’espace, on en rêve quand on est enfant, et ensuite il faut oser se lancer. » Devenue médecin rhumatologue et chercheur, Claudie Haigneré se « lance », dans les années 1980 : « Quand j’ai vu passer l’annonce, en 1985, mon rêve s’est mis à clignoter très fort. »

Sélectionnée, elle passe dix ans en Russie, absorbe des flots de cours théoriques, encaisse des stages de survie, des batteries de simulations, apprend le russe, et surtout le dépassement de soi. Jusqu’au Graal : une première expédition en 1996, au départ de Baïkonour, direction la station Mir, puis une seconde, en 2001, pour l’ISS alors embryonnaire. « On est à 400 km en orbite, on fait le tour de la Terre en 90 minutes, soit 16 tours par jour », détaille-t-elle. Comment éviter la fonte des muscles, comment se peser en apesanteur, comment se brosser les dents (un conseil, ne pas recracher le dentifrice), aspirer méticuleusement les cheveux lors de chaque coupe. La vie dans une station spatiale comme s’ils y étaient, c’est ce qu’ont touché du doigt les collégiens, au cours d’un échange qui a abordé également le tourisme spatial, ses impacts environnementaux et sa vacuité scientifique et humaine, mais aussi la féminisation croissante des équipages, et les nouveaux horizons à découvrir : « La Lune est à 400 000 km, Mars entre 40 et 400 millions de kilomètres ; il faut six à huit mois pour y aller », explique Claudie Haigneré. « La mission Artémis (qui vient d’envoyer un équipage près de la Lune et de sa face cachée) m’a redonné l’enthousiasme que j’avais quand j’étais une petite fille. Avant la fin de la décennie, les premiers équipages installeront du matériel sur la Lune, pour des bases de vie. C’est un match entre les Américains et les Européens, et les Chinois. »

Après son vibrant monologue, Claudie Haigneré se prête au jeu des questions. Ce qu’elle a ressenti en étant la première Française dans l’espace ? « La réalité était encore plus belle que mon rêve », dit-elle avec un sourire remonté de l’enfance. Les expériences qu’elle a menées dans l’espace, son adaptation au retour sur Terre, son amitié avec Sophie Adenot, etc. : l’échange passe, à la vitesse de la lumière. A-t-elle eu peur d’échouer ? « Je n’ai pas regardé les obstacles, les difficultés ? J’avais envie d’avancer et de tout donner pour réussir. Je ne me suis jamais dit : « je ne vais pas y arriver » Donnez-vous tous les moyens d’avancer, et faites-vous plaisir. Vous ne savez pas si vous avez des limites. Essayez, tentez, recommencez, et si vous échouez, ce n’est pas grave, on apprend toujours de ses échecs. »

Avec grâce, elle partage son « émerveillement » à regarder la Terre depuis son hublot. « Je mettais de la musique, Maria Callas, Casta Diva, et je voyais la planète défiler. » Un ange passe, dans une combinaison argentée : « Chaque fois que j’écoute ce morceau, j’ai les poils qui se dressent sur mes avant-bras. J’ai vécu des moments extra-terrestres, extra-ordinaires. Mais des merveilles, on en a dans la vie de tous les jours, il faut savoir les voir. »

1. En présence de Joëlle Julien, conseillère départementale du canton d’Imphy, et de Didier Bruriaud, président du Club des radioamateurs de la Nièvre.

Le projet du collège autour de l’espace et de Sophie Adenot est soutenu par le Conseil départemental au titre du programme Collège de demain.

Un reportage complet sur cette « aventure » unique dans l’histoire du collège est à retrouver dans le n°1 du magazine départemental Le Cinquante-huit.


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