Les acteurs de l’autonomie unis en quête de liant
Sous l’égide du Conseil départemental et de l’Agence régionale de santé, la plupart des acteurs publics et associatifs de l’autonomie ont participé au lancement du Service public départemental de l’autonomie (SPDA), dans les locaux de l’Institut de formation de soins infirmiers (IFSI) de Nevers. Pas un énième « machin », mais le moyen de renforcer les liens – et parfois de les créer – entre les partenaires, dans l’intérêt des usagers.
Posée en ouverture et en clôture de la réunion, la question « Je dis SPDA, vous pensez à quoi ? » rassure par la nature des réponses, et sur le sens de l’initiative, et sur celui des deux heures passées à décortiquer le Service public départemental de l’autonomie. « Encore un sigle », « un service de plus », « société protectrice des animaux »… Le scepticisme et l’ironie colorent le premier nuage de mots produit lors du quizz liminaire. La magie de la pédagogie fait son œuvre, et le quizz terminal forme un énergique « Yes we can » en réponse à la question « Et maintenant, si je vous dis SPDA ? » posée par Marianne Girard, directrice de l’Autonomie du Conseil départemental et animatrice inspirée de la réunion.
Les retrouvailles, début 2027, diront si l’enthousiasme de cette première rencontre a conservé sa vigueur, mais les nombreux échanges attestent une envie, et même un besoin, d’injecter de l’huile dans les innombrables rouages de l’autonomie. Un terme qui ne se limite pas au grand âge et au handicap, mais englobe aussi l’enfance, comme l’ont pointé plusieurs intervenants. Dans la salle de réunion de l’IFSI, à Nevers, la multiplicité des structures, associations et services représentés (1) illustre « la richesse et la complexité du réseau d’acteurs » investis dans les secteurs social, médico-social et sanitaire.
Aller plus loin dans la coopération
Chef de file de l’autonomie, le Conseil départemental « consacre plus de 80 millions d’euros par an aux Nivernais les plus fragiles », comme l’a rappelé en préambule Justine Guyot, vice-présidente en charge de l’autonomie et de la cohésion sociale (2). La collectivité, dans son rôle de vigie, a déjà ouvert des espaces de dialogue entre acteurs, tels que les Journées départementales de l’autonomie ou les rencontres entre Sites d’action médico-sociale et centres sociaux. Inscrite dans la loi du 8 avril 2024 « portant mesures pour bâtir la société du bien vieillir et de l’autonomie », la création du Service public départemental de l’autonomie va plus loin dans la coopération. « L’objectif n’est pas de créer une nouvelle strate, mais de mieux articuler les structures existantes », abonde le nouveau directeur territorial de la Nièvre de l’Agence régionale de santé, Charles-Louis Elot.
Le rapport Libault, qui a inspiré la loi dite du bien vieillir, a en effet pointé la perte d’information, et de sens, dans la jungle des dispositifs et des interlocuteurs, pour les personnes qui s’y retrouvent brutalement plongées par les circonstances familiales : « Quand un proche est touché par la perte d’autonomie, il y a un sentiment de violence face à la masse d’informations sur les prestations, les droits », souligne Marianne Girard. Un manque d’information dont souffrent les acteurs de l’autonomie eux-mêmes : « Il faudrait une cartographie et un référentiel pour orienter les personnes », demande une directrice de maison de retraite. « Je suis dans la Nièvre depuis quelques années, et pourtant je ne connais pas tout le monde. » L’occasion d’apprendre qu’un répertoire en ligne existe. « Les familles peinent à s’identifier sur les questions d’autonomie », relève une présidente d’association. « Elles se retrouvent démunies, face à des dispositifs qui ne fonctionnent plus. »
Le taux élevé de non recours (les personnes qui peuvent bénéficier d’un droit ou d’une prestation mais ne le font pas) illustre la difficulté des parcours, pour les usagers : « Il est de 30 %. Les gens se découragent, ou évitent carrément de solliciter. » Faire baisser ce taux sera l’un des objectifs du SPDA, et l’un de ses indicateurs de réussite.
1. Conseil départemental, Agence régionale de santé, préfecture, CARSAT, CPAM, CAF, MSA, Communauté 360, APIAS, Tandem, APF, FOL, Groupement hospitalier du territoire, UDAF, CCAS, centres sociaux, Fabrique Emploi et Territoire, Pays Val de Loire Nivernais, Mots pour maux d’enfants, CAP Emploi, plateforme de répit des aidants, ADAPEI, Sauvegarde, etc.
2. Étaient également présents Maryse Augendre, conseillère départementale déléguée au handicap, Pascale de Mauraige, conseillère départementale du canton de Pouilly-sur-Loire, Julien Jouhanneau, président du Pays Val de Loire Nivernais, Delphine Bonnin, sous-préfète de Cosne-sur-Loire.
Le Conseil départemental élabore actuellement le Schéma départemental de l’autonomie 2026-230. Il y sera question, là aussi, de coordination entre acteurs, dans la prévention de la perte d’autonomie, pour permettre à chacun de bien vivre chez soi le plus longtemps possible, mais aussi d’assurer le bien-être et la qualité de vie dans les établissements (maisons de retraite, résidence autonomie, etc.).
Retrouvez les actions en faveur du Conseil départemental en faveur de l’autonomie : ici