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Une exposition à visiter dans le Loiret : Résistantes & Combattantes. De l’ombreà la lumière (1945-2025/2026)

Une exposition à visiter dans le Loiret : Résistantes & Combattantes. De l’ombreà la lumière (1945-2025/2026)

Culture
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Résistantes & Combattantes. De l’ombre à la lumière (1945-2025/2026) est une exposition qui rend hommage aux femmes engagées sur tous les fronts. Retrouvez l’histoire de plus de 150 résistantes et des premières élues au Parlement et au Sénat de 1945 et 1946.

© É. Combe

Résistantes & Combattantes. De l’ombre à la lumière (1945-2025/2026) montre que les femmes ont largement participé aux combats, soigné et résisté pendant la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, ce sont les grandes oubliées de la victoire. Si elles ont représenté 15 à 20 % des membres de la Résistance, on en compte seulement six parmi les 1 038 Compagnons de la Libération. Et, 5 636 femmes sur 65 066 personnes ont été décorées de la médaille de la Résistance. Mais, depuis une trentaine d’années, ces résistantes sortent de l’ombre et leur rôle actif est enfin reconnu, à l’image de Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz panthéonisées en mai 2015, Joséphine Baker, en novembre 2021, et en février 2024, Olga Bancic et Mélinée Assadourian, du groupe Manouchian, les y rejoignent.

Une lutte acharnée contre l'occupant

Partout en France, les résistantes ont hébergé des clandestins, organisé des réseaux, comme Marie-Madeleine Foucade à la tête du réseau Alliance et Gabrielle Cécile Martinez Picabia fondatrice et dirigeante du réseau Gloria SMH. Les Françaises ont aussi fabriqué tracts et journaux clandestins (écriture et saisies des articles, approvisionnement en papier et en encre, transport, stockage, diffusion), préparé des engins explosifs, monté des réseaux d’évasions : Élise Rivet, par exemple, a sauvé de nombreux enfants juifs. Les femmes ont collecté et transmis des informations, comme Joséphine Baker, agente de renseignements en France libre…

1 800 femmes se sont engagées dans les Forces françaises libres (FFL). Alors, le 7 novembre 1940, le général de Gaulle institue le Corps des volontaires françaises (CVF), première unité féminine de l’armée française. C’est une véritable révolution, car ces femmes, signant un engagement militaire, comme les hommes, n’ont pas encore le droit de vote en France… qu’elles n’obtiendront qu’en 1944 et, un an plus tard, elles voteront pour la première fois aux élections municipales.

Les femmes au sein de la Croix rouge française, notamment, ont joué un rôle primordial. De septembre 39 à mai 40, elles portent secours, transportent des blessés, acheminent médicaments et sang aux armées, évacuent les populations civiles, constituent des postes de premiers secours… Elles forment des équipes de secouristes, dites équipes d’urgence, en 1941. Elles y sont infirmières, comme Florence Conrad qui crée l’unité d’ambulancières infirmières les Rochambelles, et pilotes parachutistes secouristes de l’air ou assistantes sociales... Pendant la Libération, en 1944, elles brancardent, organisent des postes de secours, ramassent les blessés, transportent les morts, organisent des distributions alimentaires, traient les vaches abandonnées pour distribuer du lait aux enfants ou négocient avec l’armée allemande pour empêcher des exécutions de civils. À la fin de la guerre, elles rapatrient des déportés, par voie terrestre ou aérienne.

Des Résistantes actives dans le Loiret

© É. Combe

Pour aider les résistants et les populations persécutées à se procurer de faux papiers, beaucoup de secrétaires de mairie ont fourni aux faussaires des cachets municipaux pour renforcer la crédibilité de leurs contrefaçons.

Des objets et documents sur des femmes résistantes et déportées du Loiret compléteront les 22 panneaux de l’exposition. Voyez cette ceinture confectionnée avec la paille recouvrant son couchage et une aiguille taillée dans un bout de bois par Yvette Choquet-Kohler, résistante depuis ses 17 ans, déportée en 1944. Libérée et arrivée au Lutetia, elle offre sa ceinture à sa jeune sœur qui, elle, avait échappé à la déportation.

Gabrielle Harry, qui cachait, avec son mari, des armes et des aviateurs britanniques et ravitaillait les maquis environnants a été déportée en 1944. Là, elle récupère clandestinement du carton et du tissu dans l’usine de munitions Roederhof où elle est forcée de travailler, pour fabriquer de petits chaussons, un chapeau et des mouchoirs brodés. Renée Montembault, déportée aussi en 44, a volé dans cette même usine de quoi réaliser un carnet. Elle y a répertorié de mémoire plusieurs centaines de recettes de cuisine : en effet, les prisonniers malnutris cherchaient ainsi à tromper leur faim et à se remémorer les bons moments passés.

L’exposition est enrichie d’objets, notamment tels que ceux décrits, issus du fonds du musée, ayant appartenu aux déportés ou prisonniers du Loiret afin de rendre plus concrète encore cette période.

Informations pratiques

Résistantes & Combattantes. De l’ombre à la lumière (1945-2025/2026) se tiendra jusqu’au 31 août et lors des Journées européennes du patrimoine des 19 et 20 septembre au Musée départemental de la Résistance et de la déportation • esplanade Charles-de-Gaulle à Lorris

Plus d’informations : museelorris.fr

Édith Combe

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