Loiret : au château de Chamerolles… ça déménage !
Mercredi 27 mai, le château de Chamerolles accueillait de nouveaux meubles issus des réserves du Mobilier national. Un évènement et une fierté d’accueillir une salle à manger d’époque.
© H. El Yamani
Il était attendu comme le Messie. Tout le monde était sur le pont. Le camion de déménagement a franchi les portes du château vers midi.
Puis, les deux déménageurs ont d’abord installé les meubles, parfaitement empaquetés, dans la salle à manger qui avait été préalablement vidée des meubles précédents. Le soir même, la table était dressée. Il ne manquait que la nappe, qui sera cousue par Clémentine Bourdin, chargée de la conservation des collections aux châteaux de Chamerolles et Sully-sur-Loire, dans les prochains jours.
Retour en arrière
© É. Combe
La salle à manger vidée de son ancien mobilier avant l'installation des meubles issus des collections du Mobilier national.
Sophie Pirou, responsable des châteaux de Sully-sur-Loire et Chamerolles, avec Manon Deparpe d’abord, ancienne chargée de la conservation des collections du château de Chamerolles, puis Clémentine Bourdin ont travaillé sur ce projet « main dans la main » avec Vincent Lamouraux, conservateur au Mobilier national. « Une cinquantaine d’objets étant déjà prêtés au château de Sully-sur-Loire, j’ai trouvé, quand Chamerolles m’a contacté, que c’était une bonne idée de faire pareil. D’autant plus que les meubles installés avaient tous été fabriqués en 1990. C’est toujours plus intéressant, pour un château, d’avoir des meubles d’époque qui ont une histoire. »
« Depuis l’ouverture du château, en 1992, explique Clémentine, nous avions un mobilier de restitution* dans le style Charles X qui s’étend de 1818 à 1834, en merisier, un bois clair. Aujourd’hui, nous accueillons un ensemble Louis Philippe en acajou, datant de 1830/1840. C’est une grande journée pour le château ! Vincent Lamouraux et moi-même avons cherché et trouvé un ensemble cohérent pour la salle à manger dans les bases de données du Mobilier national et leurs réserves à Rungis. »
Un travail sur le temps long
© C. Germain
Le tapis comme le reste du mobilier sont issus de la réserve de Rungis du Mobilier national
Il aura fallu plusieurs années pour que le projet aboutisse. Finalement, mercredi 27 mai, ont été prêtés (pour cinq ans avec reconduction tacite), dix chaises, une table, un tapis, trois consoles et une paire de flambeaux.
« Nous nous sommes mis d’accord sur un ensemble de dix-sept objets, décrit Vincent Lamouraux. Puis, nous avons établi un devis, car si le mobilier, qui a eu une vie antérieure, est restauré dans nos ateliers, c’est le Département qui prend en charge ce coût, ainsi que celui du transport. Ce sont nos ateliers de menuiserie en siège, d’ébénisterie et de lustrerie-bronze (qui traite des ornements de bronze dorés appliqués sur les meubles) qui ont effectué les restaurations. Ainsi, ce sont des meubles véritablement anciens qui possèdent pour certains un petit pedigree qui ont été prêtés. Par exemple, l’une des chaises à croisillon a été exécutée, probablement dans les années 1820-1830, par Louis-Édouard Lemarchand (1795-1872). Elle vient du Grand Trianon, est aussi passée par le Hameau de Trianon de Marie-Antoinette. Elle a été versée au Mobilier national le 4 juin 1902. »
Jeudi, la salle à manger a aussi reçu l’un des trois tableaux appartenant au musée des Beaux-arts et restauré dans un atelier parisien.
Le Mobilier national, des trésors inestimables
Depuis plus de trois siècles, le Garde-Meuble royal, devenu Mobilier impérial puis Mobilier national, conserve, restaure et entretient environ 130 000 objets mobiliers et œuvres textiles destinés à l’ameublement des résidences présidentielles, palais officiels et autres édifices publics en France et à l’étranger.
Édith Combe
*copies de meubles anciens
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