De violents incendies font rage dans le Loiret
La menace des incendies pèse aussi sur le Loiret. Le département est au niveau maximal de l’Indice de risque opérationnel : IRO 4. Depuis début juin, les pompiers sont particulièrement sollicités pour intervenir dans le cadre d’importants brasiers. Comment limiter les risques d’incendies et que faire si vous êtes confrontés à un feu ?
© Sdis 45 - S. Huet
« La sècheresse est un accélérateur… Cet été est exceptionnel. Nous sommes particulièrement mobilisés », affirme le lieutenant-colonel Thomas Flamant du Sdis 45. Il a été l’un des 160 pompiers engagés sur l’incendie le plus marquant du mois de juillet à Saint-Cyr-en-Val. « Sa particularité : le feu a débuté en bordure de route. Puis, il s’est propagé à une surface agricole avant d’atteindre la forêt. Il était virulent. Le vent s’est renforcé pendant l’intervention et a changé de direction, nous obligeant à modifier notre stratégie. Il nous fallait aussi assurer la protection de la ZA de la Saussaye et du château du Gautray. C’est la première fois, dans le Loiret, que deux hélicoptères bombardiers d’eau étaient utilisés dans un cadre opérationnel. Ils ont réalisé 99 largages, relâchant à chaque passage entre 800 et 1 000 litres. Une équipe de dronistes était aussi mobilisée. Nous avons exceptionnellement reçu le concours de la base de Bricy qui a mis à notre disposition deux véhicules contenant 10 000 litres chacun. Les agriculteurs nous ont également rejoints créant des pare-flammes. La population a été extrêmement solidaire, nous apportant à manger… ce n’est pas courant à un tel niveau ! La mairie a ouvert la salle des fêtes pour que nous puissions nous reposer à tour de rôle. La fatigue se fait sentir en raison du nombre important d’interventions sur les feux et le secours à personne qui ne diminue pas : la canicule engendrant plus de malaises. Cet incendie du 12 juillet à Saint-Cyr-en-Val a détruit 84 hectares. Nous avons combattu le feu de midi à 20 heures. Puis, durant une semaine, nous avons traité une trentaine de points chauds persistants et nous nous sommes assurés qu’aucun ne subsistait, comme des racines d’arbres ou des veines de tourbes incandescentes. C’est l’enquête qui déterminera la cause du brasier. Mais, parmi les hypothèses : un mégot ou un acte de malveillance en serait à l’origine. »
Le risque incendie s’installe dans la durée et concerne tout le département
© Sdis 45 - UDR - L. Gilet
Interrogé, Vincent Pelletier, responsable du service Communication du Sdis 45, confie que : « Le risque incendie évolue durablement dans le Loiret. Il n’est plus confronté à des épisodes exceptionnels mais à un risque devenu récurrent. Pour preuve, le département a atteint IRO 4, le niveau maximal de l’Indice de risque opérationnel qui prend en compte : l’état de sécheresse de la végétation ; la météorologie (vent, température, humidité…) et la pression opérationnelle des derniers jours. Il faut donc revoir l’opérationnel en adaptant, par exemple, les effectifs, en renforçant la surveillance, en prépositionnant des moyens, en renforçant la mobilisation de la chaîne de commandement… »
À titre d'exemple, le 7 juillet : les pompiers ont eu à faire face à une trentaine de départs de feu simultanés engageant plus de 500 d'entre eux dans le Loiret.
Thomas Flamant conclut : « La prévention reste un levier majeur : dans un contexte de sécheresse, un simple geste d’inattention peut être à l’origine d’un brasier important. Sur 90 % d’incendie d’origine humaine, la moitié sont dus à de la malveillance » Pour l’autre moitié, il appelle les citoyens à « faire preuve de civisme et à prendre leurs responsabilités. Nous sommes intervenus par exemple dans le cadre d’utilisation de feux d’artifices lors d’un mariage ou pour quelqu’un qui brûlait des déchets verts à côté de la forêt ! »
Les partenaires mobilisés
- l'ONF ;
- les agriculteurs ;
- les collectivités ;
- les associations agréées de sécurité civile (AASC) ;
- les Sdis voisins ;
- les moyens aériens.
Les bons réflexes à adopter pour limiter les risques d’incendies et le nombre de sorties des sapeurs-pompiers.
- Ne jamais jeter de mégot au sol ou par la fenêtre d'un véhicule : mal éteint, il peut enflammer des herbes sèches en quelques secondes.
- Éviter les feux et barbecues à proximité de la végétation : même sous surveillance, une braise ou une projection peut provoquer un départ de feu.
- Reporter les travaux générant des étincelles : meuleuse ; débroussailleuse ; soudure ou travaux agricoles peuvent être à l'origine d'incendies, particulièrement lors des journées chaudes, sèches et venteuses.
- Entretenir et débroussailler son terrain : une végétation maîtrisée limite la propagation du feu et protège l’environnement (habitations...).
- Ne pas stocker de matières inflammables contre les bâtiments : bouteilles de gaz ; carburants ou combustibles...
Attitude à adopter si un feu se déclare
- 1. Donner l'alerte immédiatement : appelez le 18 ou le 112.
Essayez de préciser :
• la localisation le plus précisément possible ;
• ce qui brûle (champ, forêt, broussailles, véhicule...) ;
• l'importance du feu ;
• les éventuelles habitations ou personnes menacées. - 2. Faciliter l'accès des secours
• Ne stationnez pas sur les pistes ou chemins d'accès.
• Laissez les voies libres pour les véhicules d'intervention.
• N’encombrez pas la zone avec des véhicules et éloignez les curieux. - 3. Se mettre en sécurité
Si le feu menace une habitation :
• restez dans un bâtiment en dur lorsque cela est possible ;
• fermez portes, fenêtres et volets ;
• coupez les ventilations si possible ;
• éloignez-vous des ouvertures ;
• attendez les consignes des secours. - 4. Ne prenez pas de risques inutiles
• Ne tentez pas de combattre seul un feu qui se développe.
• Ne vous approchez pas pour filmer ou prendre des photos.
• Ne vous placez jamais dans l'axe du vent ou devant un front de flammes.
La règle des 3 x 30
Le risque de feu devient particulièrement important lorsque :
- la température dépasse 30 °C ;
- le vent souffle à plus de 30 km/h ;
- l'humidité de l'air descend sous 3 %.
Lorsque ces trois critères sont réunis, la vigilance doit être maximale.
Édith Combe
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