← Revenir aux actualités
De la lecture loirétaine pour les vacances !

De la lecture loirétaine pour les vacances !


Des idées de lecture pour l'été - pile de livres

Cet été, nous vous proposons trois pépites en lecture de vacances. Toutes les trois sont écrites par des Loirétains ou parlent de Loirétains. Ces trois ouvrages sont complètements différents... à vous de choisir votre style !

Bonne lecture !

Un roman derrière soi • Daniel Plaisance

Un roman derrière soi • Daniel Plaisance • Édition L’Harmattan • 13 €

C’est l’histoire d’une rencontre entre Léo, jeune chargé de cours à la faculté de lettres Censier-Paris III, et Marguerite, dite Margot, qui porte beau près d’un siècle d’existence. Elle emploie Léo, quelques soirées par semaine, pour lui tenir compagnie car elle déteste être seule. Alors, il l’accompagne dans ses sorties, ils partagent les mêmes goûts culturels, il lui fait la lecture… Et ces deux-là se rencontrent vraiment, malgré la différence d’âge, une véritable affection naît. Margot lui raconte son passé, en pointillé, ses parents qui fréquentaient les milieux artistiques sans trop se préoccuper d’elle, lui fait des confidences… Bientôt, l'idée de rédiger les mémoires de Margot à la vie bien remplie, aux amours éternelles pour Macha, Bertrand et Brice et au parcours romanesque, germe dans l'esprit de Léo…

Cette fois, Daniel Plaisance abandonne l’écriture de nouvelles pour nous livrer un roman qui se lit d’une traite. Ce livre, bien écrit, sera le bienvenu pendant vos vacances, allongé sur votre serviette à la plage, dans votre hamac à la campagne ou le soir, dans votre canapé... Vous serez touché par cette histoire d’amitié hors du commun entre Margot et Léo. Une relation filiale de grand-mère à petit-fils se construit au fil du temps… une forme d’amour qui engage.

Une belle lecture pour un livre à la fois léger et profond !

Et je ressusciterai les morts Dictionnaire historique français des sépultures d’hommes et de femmes célèbres • François Priet

Et je ressusciterai les morts Dictionnaire historique français des sépultures d’hommes et de femmes célèbres • François Priet • Éditions Complicités • 35 €

François Priet est professeur émérite à la faculté de Droit, d’Économie et de Gestion à l’université d’Orléans. Auteur de ce dictionnaire d’un genre particulier, il a recensé les sépultures de personnes célèbres… Et, c’est passionnant… grâce aussi à ses commentaires !

D’abord, on retrouve celles qu’on aime, qu’on admire : Jacques Prévert est enterré à Omonville-la-Petite où il « avait fait l’acquisition en 1970 d’une maison » ; les cendres de Maurice Béjard ont « été dispersées conformément à ses volontés sur le littoral belge, au large d’Ostende » ; la tombe de Colette Gabrielle Sidonie, au Père-Lachaise, est « toujours très fleurie » ; quant à l’actrice Delphine Seyrig, elle a été « une grande militante féministe ».

On découvre aussi des célébrités peu connues du grand public. À l’image d’Alphonse Bertillon « criminologue, inventeur de l’anthropométrie qui permet l’identification des criminels à partir des empreintes digitales et de la photographie ». D’autres sont plus populaires localement : rappelez-vous de Jean Bertin « ingénieur à l’origine de véhicules sur coussin d’air, notamment le fameux aérotrain dont l’exploitation commerciale finit par être abandonnée par l’État ». Certains ont connu un destin tragique : nous nous en souvenons encore avec émotion : Cabu [Jean Cabut dit] « caricaturiste et auteur de bandes dessinées, dont le trait féroce dénonçait politiciens et magistrats corrompus, militaires va-t-en-guerre et religieux extrémistes. Victime de l’attentat contre Charlie Hebdo, il a été inhumé à Châlons-en-Champagne ».

Bien sûr, on recherche les figures loirétaines ! Il y a la famille Becquerel : une lignée de scientifiques de Châtillon-Coligny : Antoine inventa la pile photovoltaïque, Henri, prix Nobel avec les Curie, découvrit le phénomène de la radioactivité. Concernant le duc Maximilien de Béthune-Sully : en 1883, le comte Eugène de Béthune-Sully fait identifier les restes de son illustre ancêtre. Ils sont exhumés, transférés et placés dans une stèle au château de Sully-sur-Loire... leur authenticité est toutefois incertaine. Le célèbre Maurice Genevoix, initialement enterré au cimetière de Passy, a été honoré en novembre 2020 : « Ce sont tous les Poilus auxquels cette panthéonisation a voulu rendre hommage ». Quant à Alain Delon, sa « personnalité tout à la fois flamboyante, rugueuse et parfois sulfureuse a marqué le cinéma de son temps. » Mort dans son domaine de La Brûlerie, l’accès à sa tombe est privé. « La République a ses martyrs, et Jean Zay en est l’un des exemples les plus éloquents. Grand ministre de l’Éducation nationale de 1936 à 1939, Jean Zay incarna la résistance de l’idée républicaine face à Vichy. » Abattu à Molles, dans l’Allier, par la Milice, ses restes sont rapatriés à Orléans en 1948, au Grand cimetière, avant d’être transférés au Panthéon en mai 2015 (caveau IX). Adrienne Bolland, aviatrice, célèbre notamment pour sa traversée de la Cordillère des Andes en 1921, « issue d’une famille originaire de Donnery […] repose au cimetière communal ». La peintre Maria Elena Vieira da Silva, Lisboète d’origine, naturalisée française, « fit l’acquisition […] d’une maison ancienne dans le petit village de Yèvre-le-Chatel » où elle passa ses étés avant d’y être enterrée.

Comme dans un dictionnaire de langue française, on cherche un nom, un autre nous attire, puis un autre… on en oublie presque celui pour lequel on l’avait initialement ouvert ! Ici aussi, les entrées se font par ordre alphabétique : aucune hiérarchie ! Tous les morts sont au même niveau… ou presque puisque l’auteur partage parfois plus d’anecdote sur tel ou tel ou son avis…

Le classement suivant est géographique… pour un « tourisme funéraire » ! Par exemple, vous visitez le département de la Manche : consultez alors cette deuxième partie pour y trouver les personnalités enterrées et rendez-vous sur les tombes de deux poètes : Jacques Prévert et Jean Follain.

Plus de 3 500 sépultures recensées, du haut Moyen Âge à l'époque contemporaine… un patrimoine qui raconte notre histoire… Attardons nous avant qu’il ne soit trop tard !

Max Jacob et le jeune SS • Philippe Douroux

Max Jacob et le jeune SS • Philippe Douroux • Flammarion • 20 €

Vous aimez l’histoire et la littérature ? Vous voulez en apprendre plus sur la Seconde Guerre mondiale ? Alors ce livre est pour vous.

Ce récit débute par un dîner au cours duquel Jacques Evrard, dix-sept ans, qui vient de publier son premier recueil de poésie, rencontre Max Jacob. Le père du jeune homme demande au romancier, poète et peintre : « C’est quoi un vers lyrique ? » Celui-ci y répondra par le livre Conseils à un jeune poète. Ces deux-là échangeront une brève correspondance (trois lettres), ne se reverront jamais et auront deux trajectoires de vie, et de mort, diamétralement opposés.

Max Jacob, qui a vécu et a été arrêté à Saint-Benoît-sur-Loire, est déporté à Drancy, la cité de la Muette. Il écrira au curé de son village : « J’ai confiance en Dieu et en ses amis. Je le remercie du martyr[e] qui commence ». Philippe Douroux a retrouvé la fiche cartonnée de Max Jacob qui recense quelques informations administratives à cette occasion. Dessus, « la lettre B, écrite avec un gros crayon rouge de menuisier, signifie "déportable" »… malgré tout, « il n’aura pas à faire le voyage vers les camps de la mort, elle vient à lui à l’infirmerie du camp, le 4 mars, l’épuisement lui évite de quitter le territoire national ».

Quant à Jacques Evrard, il s’engage, peu après le dîner avec Max Jacob, dans la Légion des volontaires français (LVF) qui sera bientôt intégrée à la Waffen SS sous le nom de division Charlemagne. Il combat avec d’autres camarades, y compris le père de l’auteur Freddy Douroux et « ils rendent les armes le 2 mai ». Il est entendu par un commissaire central de police auquel il explique s’être engagé à la LVF « dans le but de combattre le bolchévisme et de servir ainsi la France » en omettant de dire qu’il a rejoint la Waffen SS. Condamné à cinq ans de prison, Jacques Evrard « finalement amnistié peut reprendre ses études pour devenir un chirurgien orthopédiste renommé. Sa crise d’adolescence, son désir d’aventure rassasié, n’a finalement pas changé la trajectoire de sa vie ». Et en 1993, il publie, en autoédition : Correspondance entre Max Jacob et un jeune poète.

Ailleurs, Philippe Douroux écrit : « Il y a quelque chose d’effrayant dans l’intersection de deux trajectoires qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre, il y a celui qui doute de tout, tout le temps, et celui qui n’a jamais douté de rien, à aucun moment. Ils ont finalement la haine en commun, la haine de soi, de celui qui ne supporte pas ce qu’il est, et la haine des autres, de ceux qui sont intolérables parce que juif. »

Philippe Douroux, ancien journaliste, est l’auteur d’Un père ordinaire dans lequel il évoque le passé de son père qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, a choisi son camp : le même que Jacques Evrard. « "Pendant la Seconde Guerre mondiale, j’ai combattu aux côtés des Allemands… ", a jeté Alfred Douroux au milieu de la pièce, en 1972. Philippe est resté tétanisé par cette annonce, au point de ne plus se souvenir de la suite. "Pas de question ?", a très vite enchaîné Alfred, sur un ton qui était moins une interrogation qu’une manière sèche de fermer le ban, bien dans ses habitudes de père sûr de son autorité de droit divin. » révèle Philippe Douroux dans les colonnes du Monde, en février 2025. Max Jacob et le jeune SS est un récit dense et hyper documenté. Très intéressant !

Édith Combe

Partager sur vos réseaux :


← Revenir aux actualités