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Quand les escargots du Musée muséum voyagent au Parc des Écrins

Quand les escargots du Musée muséum voyagent au Parc des Écrins

Patrimoine
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"On vient de retrouver toute une collection de coquilles d'escargots. Elles datent du XIXe siècle, pour la plupart. Ça vous intéresse ? » Dit comme ça, pas vraiment de quoi émoustiller le commun des mortels.

Mais quand Camille, chargée des expositions et de la documentation au Musée muséum départemental (MDD), prononce ces mots, Damien, spécialiste des invertébrés et malacologue (experts des mollusques et donc des escargots) du Parc des Écrins, lui répond du tac-au-tac : « Vous avez mis la main sur quelque chose d’exceptionnel » .

Mieux comprendre le biotope

D’autant plus qu’étudier les escargots – leur coquille, en réalité – c’est aussi enquêter sur le biotope dans lequel ils évoluent. Et ce « à une échelle plus resserrée que d’ordinaire », étant des animaux qui se déplacent très lentement, leur périmètre de vie reste très limité. De quoi en apprendre bien plus qu’imaginé sur l’évolution du vivant dans nos montagnes.

Comment ? « Dans 90 % des cas, la coquille permet de reconnaître les espèces. Une fois déterminées, elles donnent des indications sur le milieu. On sait que certaines d’entre elles ne vivent que dans les marais, d’autres que dans les forêts naturelles. Donc si on retrouve une de ces coquilles en montagne, c’est que très probablement, à un moment donné, se trouvé là une zone marécageuse ou forestière », détaille le scientifique.

Quand ? Pour trouver réponse, ne reste plus qu’à dater la couche terrestre où elles reposaient.

Mais les escargots racontent aussi l’histoire des Hommes, de leurs déplacements. « La présence de moules quagga au lac de Serre-Ponçon témoigne de connexion entre l’Ukraine, d’où elles sont originaires, et les Hautes-Alpes », met en lumière le malacologue
En une vingtaine d’années, plus de 180 espèces ont ainsi été identifiées dans le parc des Écrins (fruit de plus de 7 500 observations de terrain). Un potentiel qui pourrait s’enrichir grâce à la collection du MMD, constituée en grande partie par David Martin, géologue de la fin du XIXe siècle. Et le tout premier conservateur du MMD.

Mais encore faut-il que du temps soit dégagé pour se pencher sur ce trésor de savoir. Une convention avec le Parc est en réflexion pour que ces petites bêtes nous dévoilent de nouveaux secrets sur nos montagnes.

Stéphanie Cachinero


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