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Quand ça a fait boom sur la route de Risoul

Quand ça a fait boom sur la route de Risoul

Voirie/Circulation
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Guil et Durance a ochestré le dynamitage de deux énormes blocs rocheux qui menaçaient la RD 186, route conduisant jusqu'à la station de Risoul. Ça a fait boom.

Suspendues à des cordes, trois silhouettes casquées placent ce qui, à bonne distance, ressemble à des bâtons rouges, dans un rocher aux dimensions pharaoniques : 70 m3 pour 120 tonnes environ. De la dynamite ? « Nous n’en utilisons plus depuis un bon moment, c’est ce qu’on appelle de l’émulsion », explique un chef des opérations.

69 « cartouches » pour 38,5 kg d’explosif. Une bonne dose, car ce jour-là, ce n’est pas un mais deux blocs rocheux qui menacent sérieusement de se décrocher en surplomb de la RD 186, entre le hameau de la Rua qui abrite la mairie de Risoul et la station qui accueille ses premiers touristes. Là-haut, on ne parle que de ça : « Alors, vous allez les faire exploser ? » Oui, c’est bien le programme.
Aux commandes : l’Antenne technique (AT) Guil et Durance, sur l’affaire depuis une quinzaine de jours avant le boom tant attendu.

Un deuxième bloc plus dangereux

Au départ, il n’était question que d’un seul bloc à réduire en morceaux. « Au moment de dégager la végétation qui l’entourait, un deuxième est apparu. Lui aussi semblait vouloir se détacher. Avec leur poids et leur volume, ils auraient tout détruit sur leur passage », confie Bertrand, responsable de l’AT. Résultat ? On reporte l’opération* initialement programmée fin juin, histoire de faire d’une pierre deux coups.
L’inspiration était la bonne, l’invité surprise s’est avéré bien plus instable qu’à première vue. En forme de diamant, il ne reposait, en effet, que sur sa pointe. De quoi nécessiter une préparation bien plus importante : aubanage, emmaillotage dans une couverture de géotextile, le tout renforcé par un écran anti sous-marin (espèce de grillage). Pour l’autre, huit tapis d’1,5 tonne chacun. Pour les deux, une myriade de forages, histoire d’être sûrs que l’explosion soit bien contenue et la roche délitée sous la puissance de l’émulsion.
À leur pied, sur la partie montante de la route, des « méga blocs » en béton, formant un mur de protection d’une vingtaine de mètres de long sur 2 m de haut. Et encore quelques protections, plus légères. L’une d’elles sera d’ailleurs soufflée à plusieurs mètres de sa position. Encore un peu plus bas, des habitations, des hangars.

13 h 30, fermeture de la route. Les pompiers sont en place. L’artificier en chef déroule « la ligne de déclenchement », un câble électrique. 500 m plus loin, lui et ses équipes prennent place dans un conteneur qui leur servira d’abri. La ligne est reliée à une « marmotte », une grosse dynamo pourvue d’une manivelle qu’il fera tournoyer dans quelques instants. Une corne de brume annonce le début des hostilités. Manivelle en action. Un boom sourd. Vibration qui traverse les corps. Au loin, une fumée blanche. Mission accomplie.

*Le coût total s’élève à près de 100 000 €.

Stéphanie Cachinero


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