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Où passeras-tu l'éternité, de l'art et un message engagé

Où passeras-tu l'éternité, de l'art et un message engagé

Culture
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Où passeras-tu l'éternité ? Ses oeuvres ont pris leurs quartiers d'été au chateau de Montmaur. Rencontre avec Cécile Cornet (représentée par la galerie Danysz), peintre autodidacte, historienne de formation.

Ses peinture véhiculent un message fort. Avant de prendre les pinceau, elle explore essait, revues et autre études universitaires. Cécile Cornet peintre originaire des Hautes-Alpes, quand l’art se mets au service de l’engagement au féminin.

Pourquoi avoir accepté d’être exposée à Montmaur ?
J’ai grandis dans les Hautes Alpes, ma famille y vit encore. C’est la première fois que j’expose ici, ça me tiens à coeur que mon travail puisse aussi raisonner dans mes montagnes. Par ailleurs, adolescente je trouvais que les propositions culturelles dans la région manquaient, notamment en terme d’art contemporain. Je suis donc très heureuse de voir de plus en plus d’initiatives de ce type.

Résidence de Madame de Montmaur, qui selon la légende a inspiré le personnage de Madame de Merteuil dans Les Liaisons dangereuses ; comment raisonne votre oeuvre entre les murs du château de Montmaur ?
Il n’y a pas de lien direct. J’ai créé l’essentiel de cette série en 2025, d’abord intitulée « Ils disent que c’est de l’amour », en référence à la citation de l’autrice italienne Silvia Federici, qui dans son intégralité est suivie de : « nous disons que c’est du travail. » Mais malgré tout, il y a de nombreuse résonnances. Le personnage de Madame de Merteuil, bien que qualifié de sulfureux et potentiellement machiavélique, reflète l’histoire d’une femme qui a bien compris le fonctionnement de l’amour à son époque. Son libertinage n’est pas un jeu, c’est une façon de croire devenir l’égale des hommes. Selon sa lecture, l’amour permet aux hommes d’exercer un pouvoir sur les femmes. C’est ce qu’elle cherche à court-circuiter, en inversant le pouvoir. Si la méthode employée est douteuse, la réflexion est intéressante. L’amour comme moyen d’asservissement est au centre de mes propres interrogations. Par ailleurs, j’aime l’idée d’exposer dans un lieu fort d’une ancienne présence féminine.

Vos œuvres vont côtoyer l’espace dédié à Vivian Maier. Qu’est-ce que cette femme vous inspire ?
On m’a demandé de rédiger le texte de présentation de cet espace ce qui m’a donné l’occasion de me plonger pleinement dans sa biographie. On entend souvent qu’elle est morte dans l’anonymat et qu’on ne comprend pas pourquoi elle n’a jamais voulu montrer ses photographies. En creusant j’ai réalisé qu’elle avait bien essayé à de nombreuses reprises de se professionnaliser et de faire vivre son travail. Plusieurs hypothèses sont proposées sur les raisons qui l’en aurait empêché, mais je ne peux m’enlever de la tête la triste logique. Qui est qu’en tant que femme, autodidacte et sans aucun réseau, c’était quasiment perdu d’avance…
Je trouve que son parcours est important pour les artistes de demain. Pour éviter de reproduire ces erreurs de passer « à côté », il faut que le monde de l’art soutienne davantage la création émergente. D’autant plus les artistes femmes, sont encore aujourd’hui moins bien payées et moins exposées que leur homologues masculins. Tout ça est politique. Aussi je n’ai pu m’empêcher de voir un parallèle entre les sujets sur lesquels je travaille et le destin de Vivian Maier. Quand la plupart de ses anciens employeurs ont été interrogés à son sujet, ils ont tous répondu qu’ils ne pouvaient pas se douter qu’une « simple » nourrice puisse être à l’origine d’un tel travail. Sa position de femme, qui s’occupe des autres, qui est dans le soin, est par essence encore trop invisible dans nos sociétés.

Votre carte blanche :

Il est parfois difficile de présenter mon travail, le mot féministe fait encore peur à beaucoup de monde, mais j’aimerais rappeler qu’il s’agit simplement d’un engagement positif pour l’équité hommes femmes. Et le premier lieu d’inégalités et de violences en France c’est le foyer, la famille, le couple. C’est statistique, c’est scientifique.
Je suis souvent attaquée sur cela, le message est souvent jugé violent, trop frontal. Mais il est essentiel que nous regardions en face ce qui se passe dans nos maisons, et urgent que nous pensions un monde meilleur, pour tous et pour toutes.


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