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Marionnaise : une défense incendie sur mesure

Marionnaise : une défense incendie sur mesure

Sécurité
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Rien ne les y obligeait. Pourtant, le Département et le Sdis ont choisi d'aller plus loin que les exigences réglementaires pour protéger le tunnel de la Marionnaise contre le risque incendie. Une coopération inédite en haute montagne.

Un tunnel de moins de 500 m. Traduction : le Département n’a aucune obligation de sortir les grands moyens pour protéger la Marionnaise des incendies. C’est pourtant le choix qu’il a fait, avec l’aide des pompiers des Hautes-Alpes*.
La raison ? À 2 000 m d’altitude, loin de tout, sans point d’eau disponible en permanence, si un feu se déclare… Si on rajoute la tourmente, les jours blanc, les températures qui flirtent à -20° en hiver : le cocktail parfait pour mettre les forces de secours en grande difficulté et dire au revoir à la Marionnaise. Une réalité très vite mise sur le tapis. En 2023, la Marionnaise n’était encore qu’un projet.

Un beau projet, à 24 M€ à l’aune duquel les arguments du colonel Jean-Yves Brobecker et le commandant Pierre-Emmanuel Feït, ont fait mouche : le coût du sauvé revient généralement moins cher que celui du sacrifié.

Du « jus de cerveau » pour un compromis

Sans compter qu’il y avait la « une belle opportunité » : déconstruire, reconstruire, modifier, un tunnel revu de A à Z. Verdict côté département ? OK, on se lance. Sur la table ? 430 000 €.

À la manœuvre ? Le lieutenant Jonathan Fanti, en charge de la « planification des risques », et Fabien Dombrosio, chargé d’études et référent tunnel. Sans oublier le prestataire en charge de la conception-réalisation de la Marionnaise. Pas évident d’intégrer en cours de route une nouvelle donne, la « défense incendie ». « Le phasage des travaux était déjà validé et acté », rappelle Fabien. Et le lieutenant de dérouler « C’était un exercice nouveau de leur côté. On a dû leur expliquer comment on fonctionne, comment on pompe l’eau, du niveau de rigidité des tuyaux dont on a besoin, de la distance maximale que l’on peut déployer, de la pression qu’on ne peut pas dépasser… » Autant de nouveaux paramètres à prendre en compte et à rendre compatibles avec les contraintes d’exploitation auxquelles le Département ne peut déroger, les défis techniques liés à la configuration géographique du col du Lautaret, les obligations environnementales qui pèsent sur le chantier…

Résultat, « il y a eu beaucoup d’échanges pour arriver à un compromis », se souviennent les deux hommes. « Un véritable jus de cerveau », image le commandant Pierre-Emmanuel Feït, à la tête du groupement prévention.

Après, Fabien et le lieutenant Jonathan ne partaient pas tout à fait d’une feuille vierge. « Il y avait eu un précédent il y a quelques années avec le tunnel de Roche Violette, d’une moindre ampleur par rapport à la Marionnaise. Mais cela nous a un peu inspiré pour la Marionnaise, ou du moins, orienté », confie le commandant Feït.

Ce que cela va donner finalement ? Deux cuves : une de 8 m de long et d’une capacité de 30 m3 à l’aval de la Marionnaise. L’autre à l’amont de 60 m3, d’une longueur de 12 m, et par ailleurs protégée du sel et de la saumure utilisés en période de viabilité hivernale. Les deux étant reliées par une colonne sèche à laquelle les pompiers pourront connecter leurs camions de pompage.

« Les travaux devraient d’ailleurs être terminés dès la fin de l’automne », annonce Fabien aux soldats du feu, photos à l’appui. De quoi être parés à intervenir au plus vite et dans les meilleures conditions dans un environnement complexe, hostile.

*Coprésidé par la collectivité départementale en la personne de Marcel Cannat, vice-président en charge des routes, le Sdis des Hautes-Alpes est en partie financé par le Département. Une aide budgétaire qui s’élève à 8,8 M€ cette année.

Stéphanie Cachinero


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