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Exposition : le monde sauvage tel que vous ne l’avez jamais vu

Exposition : le monde sauvage tel que vous ne l’avez jamais vu


La nouvelle exposition temporaire du Musée muséum départemental se penche sur ces espèces que l’on pense, à tort, éloignées de nous. Un plaidoyer en faveur de la biodiversité qui s’apprécie grâce à une scénographie immersive et insolite.

Lion, éléphant, girafe… Le monde sauvage est souvent associé à des espèces exotiques que l’on ne rencontre pas dans nos territoires. Une vision réductrice, que le Musée muséum départemental tente de déconstruire avec sa nouvelle exposition, « Sauvage », à voir à partir du 5 novembre prochain. « C’est une invitation à écouter, à comprendre, et à repenser notre place au sein du vivant », explique Agathe Frochot, directrice de l’établissement.

Cette exposition, en place jusqu’au 19 septembre 2027, débarque à Gap dans le cadre d’un partenariat avec le Muséum suisse de Neuchâtel, où elle a d’abord été installée – avant de s’exporter au sein de l’Institut royal des sciences naturelles de Belgique. « On a adapté une partie du contenu pour mettre en lumière la faune et la flore des Hautes-Alpes et parler à nos publics », ajoute la responsable.

À peine a-t-on franchi le seuil de la première salle, que l’on se retrouve face à une structure XXL : une « bête » de 3 mètres de large pour 6 de long, dans laquelle les visiteurs sont invités à entrer par petits groupes. N’ayez crainte, cette marionnette géante de 2 mètres de haut est inoffensive. Tendez plutôt l’oreille pour essayer de reconnaître les sonorités et autres vocalises animales qui y résonnent. Ce dispositif sonore stimulant l’imaginaire, conçu par le bioacousticien Boris Jollivet, a réquisitionné une importante logistique.

Des collections qui témoignent de la diversité du vivant

« Il a notamment fallu installer des rails pour la suspendre, car elle pèse plus d’une tonne ! », confie Agathe Frochot. À ses côtés, d’autres éléments sensoriels sont à découvrir. De quoi se rendre compte à quel point la notion de « sauvage », et plus globalement de « nature », varie selon les cultures et les sociétés.

La deuxième salle de l’exposition met en valeur la variété des collections du Musée muséum départemental. Os, insectes, plantes, fluides… témoignent de la diversité du vivant collecté au fil du temps, bien qu’ils ne représentent qu’une infime part d’un écosystème encore plus fourni. « L’objectif est de montrer que l’humain fait partie de ce monde vivant, même si les musées, dans leur façon de conserver et d’exposer leurs collections, ont tendance à vouloir les distinguer », précise la directrice. L’occasion de rendre aussi hommage à celles et ceux sans qui les réserves du muséum ne seraient pas autant étoffées : les donatrices et donateurs, parmi lesquels Léon Olphe-Galliard (1825-1893), David Martin (1842-1918) ou Joséphine Rostan d’Abancourt (1848-1903).

La fin du parcours met l’accent sur la nécessité de protéger la biodiversité et ce sauvage dont la planète a tant besoin. Des espèces haut-alpines ont laissé des messages à ce sujet à l’intention du grand public. L’écrevisse à pieds blancs, la reine des Alpes (une plante endémique des Écrins aux reflets bleus et violets) ou le sonneur à ventre jaune (un petit crapaud) y alertent sur les menaces qui pèsent sur eux. Pour les consulter, il faut décrocher le combiné d’un vieux téléphone en bakélite – vestige d’une époque que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, mais qui les séduira pour sûr. Un parcours a d’ailleurs été spécialement pensé pour les enfants afin de mettre cette belle exposition à leur portée.


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