À Monségur, quand la musique est bonne !
Depuis vingt-quatre ans, la classe jazz du collège Éléonore-de-Provence à Monségur accueille des élèves de la sixième à la troisième, de quoi former de futurs talents. Le trompettiste Paolo Chatet en témoigne, lui qui a profité de l’accompagnement de Rémi Poymiro, professeur d’éducation musicale, docteur en science de l’éducation et musicien lui-même mais aussi de l’équipe d’enseignants en musique. Ce projet de territoire repose sur un partenariat fidèle entre l’association OMCL Bande Originale, Jazz Ségur et le collège avec le soutien du Département, sans oublier l’école de musique intercommunale du Réolais en Sud Gironde.
Paolo Chatet est devenu trompettiste professionnel. Aujourd’hui, à 31 ans, il joue dans de nombreuses formations, du jazz aux fanfares en passant par l’électro et l’afro. Ses premiers pas de musicien, il les a faits non loin de Monségur là où vivait sa famille puis, très vite, dans son collège de proximité. Paolo se souvient...
« Depuis un an ou deux je jouais de la trompette et pour moi, c’était logique d’entrer en 6e dans la classe jazz. C’était un vrai plus par rapport à l’école de musique où j’étais inscrit. D’une heure de cours, je suis passé à cinq heures d’enseignement musical. De plus, travailler en groupe, c’est fondamental dans la musique jazz improvisée. »
Le déclic est donné, le jeune musicien découvre par un ami la Compagnie Lubat de Jazzcogne à Uzeste où il poursuit sa professionnalisation, y montant un groupe. Puis, entre la faculté de biologie et le Conservatoire de Bordeaux, l’étudiant fait finalement le choix de la musique.
Rémi Poymiro connaît bien la classe jazz où il enseigne depuis pratiquement l’origine. Professeur à mi-temps à Monségur et à l’institut national supérieur du professorat et de l’éducation (INSPE), flûtiste, il explique pourquoi une telle section a vu le jour.
« L’équipe éducative, la municipalité en lien avec le Département, et l’équipe des 24 Heures du Swing ont cherché à lutter contre la perte d’effectifs de ce collège rural et à mettre en valeur le dynamisme de Monségur. Comme à Marciac dans le Gers, nous nous sommes appuyés sur l’équipe des 24 heures du swing pour monter un projet d’éducation artistique et culturel. C’est pour cela que nous sommes le seul collège rural à avoir son propre internat. »
18 à 28 élèves constituent la classe jazz, opportunité soutenue par le Département, soucieux d’accompagner une dynamique de développement social dont le collège est l’étendard. Rémi Poymiro insiste sur ce point.
« On a une assise théorique et d’expérience, et une reconnaissance de terrain. En plus du travail d’éducation artistique et culturelle pour tous, il y a en moyenne un élève par promotion qui arrive ensuite à faire de la musique son métier. Au-delà de Paolo, je citerai, à titre d’exemples, Timothé Lantoine, trompettiste lui aussi, Clément Colle, batteur, ou encore Joanna Esteves saxophoniste. D’autres deviennent professeurs de musique ou techniciens son et lumière »
Si Paolo devait inciter enfants et familles à faire le choix de cette section jazz, ici, à Monségur, voici ce qu’il leur dirait :
« Il faut le savoir, ce sont toujours de bonnes classes, avec une belle cohésion et une ambiance bienveillante. Le big band des 6e - 5e et celui des 4e - 3e jouent ensemble et permettent une rencontre entre petits et plus grands. C’est un super tremplin pour un futur instrumentiste. »
Rémi ajoute :
« C’est un bon moyen de vivre une scolarité différente. En se produisant sur scène après trois mois de pratique, on vit une expérience unique. Les élèves jouent beaucoup ensemble et c’est profitable tant au niveau individuel que collectif. »
Pour le plaisir à l’oreille, en improvisation, jubilatoire, quand la musique est bonne… Alors, tentés pour vos enfants ?