
Une Charte des aménagements cyclables pour faire du vélo une véritable solutionde mobilité
A l'occasion de la séance plénière lundi 5 octobre, le Département a adopté une Charte des aménagements cyclables destinée à donner un cadre commun à l’ensemble des acteurs qui conçoivent et réalisent des infrastructures cyclables sur le territoire. Cette démarche répond à l'ambition de faire du vélo une véritable solution de mobilité, au quotidien comme pour les loisirs et le tourisme.
En Dordogne, cette ambition prend une dimension particulière. Territoire rural et multipolaire, le Département connaît des déplacements nombreux entre les communes périphériques et les principaux pôles de vie. La voiture individuelle reste très présente, alors même qu’une part importante des déplacements est effectuée sur de courtes distances : 55 % des déplacements sont inférieurs à 5 km et 60 % sont compris entre 1 et 3 km en milieu rural.
Le développement du vélo constitue donc à la fois un enjeu de mobilité, de transition écologique, de qualité de vie et d’attractivité territoriale.
Il répond également à des besoins très concrets : relier les centres-bourgs aux équipements publics, aux établissements scolaires, aux gares et aux zones d’emploi ; faciliter les déplacements des habitants ; développer l’intermodalité ; mais aussi renforcer l’offre touristique et les itinérances douces.
Un territoire, un réseau, une vision
La charte s’inscrit dans la continuité du Schéma départemental des mobilités durables et vient compléter le Plan départemental Véloroutes-Voies Vertes. Son principe est simple : un aménagement cyclable n’a de sens que s’il s’inscrit dans un réseau cohérent.
Il ne s’agit plus seulement de créer des kilomètres de pistes ou de voies vertes, mais de construire des itinéraires continus, lisibles, sécurisés, confortables et adaptés aux usages.
La charte fixe ainsi plusieurs principes structurants : mailler les pôles de vie et d’activité, hiérarchiser les itinéraires, assurer la continuité des parcours, adapter le niveau de séparation entre les flux au contexte, privilégier des trajets directs et garantir confort, lisibilité et sécurité.
Une politique qui dépasse la seule question du vélo
Le développement des mobilités actives participe pleinement à la politique d’aménagement du Département. Mieux se déplacer, c’est aussi mieux vivre, mieux relier les territoires et renforcer leur attractivité.
La pratique cyclable constitue ainsi un levier pour les mobilités du quotidien, mais également pour le tourisme, le commerce de proximité, l’accès aux services et la valorisation des paysages et du patrimoine périgourdin.
Une charte pour agir
La Charte des aménagements cyclables n’est pas un document supplémentaire destiné à complexifier les projets des collectivités. C’est au contraire une boîte à outils conçue pour les faciliter.
Le Département souhaite ainsi donner aux communes, aux intercommunalités et aux maîtres d’œuvre des repères communs, des méthodes et des solutions concrètes pour passer plus rapidement de l’idée au projet.
La charte rassemble des recommandations techniques et méthodologiques adaptées aux réalités du territoire. Elle permet notamment de mieux définir les besoins, choisir les tracés, traiter les continuités, organiser la signalisation et le jalonnement, prendre en compte les contraintes foncières et environnementales et identifier les financements mobilisables.
Le Département met son ingénierie au service du territoire
Toutes les collectivités ne disposent pas des mêmes moyens humains, techniques ou financiers pour conduire un projet cyclable. Le Département entend donc jouer pleinement son rôle de collectivité ressource.
Ses services peuvent intervenir aux côtés des collectivités dans l’analyse des projets, leur conception et leur mise en œuvre. Cette expertise mobilise notamment les compétences du Pôle Ingénierie, des services routiers et des ouvrages d’art, de l’Agence Technique Départementale, mais aussi les expertises en matière de paysage, de tourisme et de mobilités.
Cette ingénierie doit permettre de sécuriser les choix techniques, anticiper les contraintes, améliorer la qualité des projets et faciliter leur financement.
Une logique de partenariat, pas de prescription
La charte établit un socle commun tout en laissant aux acteurs locaux la capacité d’adapter leurs projets aux réalités de leur territoire. Le Département ne se substitue pas aux communes et aux intercommunalités : il leur donne davantage de moyens pour réussir. Cette démarche repose donc sur une coopération renforcée entre les collectivités, les services départementaux, les maîtres d’œuvre et les partenaires techniques.
Des financements à mieux mobiliser
La charte permet également d’identifier les dispositifs susceptibles d’être mobilisés pour financer les projets. Selon les projets et les cofinancements, les aides peuvent associer dispositifs départementaux, régionaux, nationaux ou européens. Le Plan Départemental Vélo 2022-2027 peut permettre, une intervention financière du Département de 15 % au maximum, sous réserve de crédits disponibles, tandis que le niveau global des financements publics peut atteindre 60 à 80 % selon les cofinancements mobilisés.
Une culture vélo à développer
La charte prévoit également des fiches techniques et des outils permettant aux collectivités de disposer d’une vision claire des différentes étapes d’un projet. Elle doit contribuer à développer une culture commune du vélo en Dordogne et à favoriser des pratiques homogènes sur l’ensemble du territoire.
Le Département rappelle toutefois que l’infrastructure ne suffit pas à elle seule : services vélo, communication, formation et sensibilisation sont autant de leviers complémentaires pour développer durablement la pratique.
Lors de l'assemblée plénière, une présentation du comité départemental citoyenneté et autonomie par ses deux co-présidentes et du bilan d’activité de l’Agence culturelle Dordogne-Périgord a été faite aux élus. Le nouveau mode de calcul de la dotation de fonctionnement des collèges a également été voté. À compter du 1er janvier 2027, les fluides des établissements seront directement à la charge du Département. Le pacte territorial d’insertion pour la période 2026-2030 a été adopté. Il va permettre de renforcer la politique d’insertion des allocataires du RSA. Enfin, les élus ont voté à l’unanimité une avance de 3,2M€ au budget du SDIS 24 pour qu’il puisse faire remplir convenablement l’ensemble de ses missions de sécurité auprès des Périgourdins.
