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Geoffroy Leibundgut, ingénieur-géologue : « Eboulements rocheux : des phénomènesnaturels, qui ont toujours existé »

Geoffroy Leibundgut, ingénieur-géologue : « Eboulements rocheux : des phénomènesnaturels, qui ont toujours existé »

Geoffroy Leibundgut intervient régulièrement sur les routes de l'Ain, suite à des éboulements rocheux. Cet ingénieur-géologue, dont l'entreprise assure des interventions d'urgence pour le Département de l'Ain, décrypte le phénomène et les modalités d'intervention.

Plus d'observations, plus de diagnostics, plus d'infrastructures

Pourquoi le département de l'Ain est-il particulièrement concerné par les chutes de rochers ?

L’Ain est limitrophe à la chaîne des Alpes, situé sur les dépôts sédimentaires de la partie externe du massif. La formation des Alpes a entraîné la déformation tectonique de ces couches, créant des reliefs accidentés, principalement dans des roches sédimentaires, avec des formes typiques :

  • des reculées, comme c'est le cas à Cerdon par exemple,
  • des plateaux entaillés par l’érosion,
  • des gorges avec des falaises abruptes…

Le changement climatique a-t-il un impact sur les éboulements rocheux ?

Dans l’Ain, les éboulements ne sont pas directement liés au changement climatique. Les éboulements rocheux sont des phénomènes qui ont toujours existé.

Il y a des agents naturels d’érosion favorables au déclenchement de ces phénomènes :

  • les précipitations,
  • le vent,
  • les variations de températures avec le gel-dégel par exemple.

On observe effectivement des phénomènes climatiques de plus grande intensité ou des variations de températures importantes dans une même saison, qui ont probablement une incidence sur le déclenchement de ces phénomènes, mais il reste difficile, selon moi, d’affirmer qu’il y a un lien direct entre réchauffement climatique et éboulements rocheux à proprement parlé.

C'est différent en haute montagne, l'augmentation des températures a un vrai impact, avec la fonte des glaciers et du permafrost qui libère des matériaux pouvant générer des éboulements.

Y a-t-il plus d'événements aujourd'hui qu'auparavant ?

Il y a surtout plus d'observations, plus de diagnostics et surtout plus d'infrastructures, plus de personnes sur les routes. Les maîtres d'ouvrage s'intéressent beaucoup plus à sécuriser les routes, parce qu'il y a aussi plus de monde.

Qu'est-ce qui provoque techniquement la chute de rochers ?

Plusieurs facteurs sont déterminants :

  • la configuration initiale du massif rocheux, avec la fracturation et le contexte structural. Par exemple, un bloc fracturé qui penche dans le sens de la pente.
  • l'érosion et l'altération de la roche en lien avec l'eau, le vent, la glace, la végétation… C'est souvent quand il pleut, lors de grosses précipitations, que nous sommes appelés pour les interventions d'urgence. L'eau qui s'écoule dans les fractures participe à l’érosion de la roche , le gel ouvre les fractures...
  • la gravité qui est le moteur de l’éboulement.

Les chutes de rochers sont des phénomènes gravitaires naturels, déclenchés par des agents d’érosion externes, en lien avec le climat.

4 heures pour intervenir

Comment se déroulent vos interventions d'urgence ?

Nous avons un marché d'intervention d'urgence avec le Département. Quand le Département signale un bloc sur la route ou sur l'accotement, nous sommes sollicités pour faire un diagnostic d'urgence. En général, la route est fermée entre-temps dans l'attente de notre diagnostic. Nous avons 4 heures pour intervenir. On n'intervient pas de nuit, mais dès le lever du jour si l'événement a eu lieu la nuit.

Le diagnostic est réalisé par des reconnaissances pédestres, d’abord depuis la route puis en versant. Le drone nous permet à la fois de faire un examen général du site, et rapproché des parois pour retrouver la zone d'où est parti le bloc. On évalue les phénomènes potentiels consécutifs à l'événement, et, en concertation avec le Département, nous indiquons les actions à mener pour rétablir un niveau de sécurité équivalent à celui avant événement.

  • S'il n’y a pas d’événements consécutifs relevé : la route peut être rouverte ;
  • Si des éboulements peuvent se produire et atteindre la route : des travaux doivent être effectués (purges des blocs, travaux de confortement...).
    En fonction de la configuration du site de l’événement, un alternat de circulation ou une fermeture complète de route est nécessaire.

Quels sont vos moyens d'intervention ?

Quand le contexte environnemental le permet, nous utilisons le drone, pour réaliser un premier examen du versant : il permet de se faire une idée de l’ampleur de l'événement et de savoir si on peut progresser en sécurité dans le versant. On détecte bien souvent la zone de départ de l’événement grâce à cet outil lorsqu’elle est située en falaise.

Ensuite, nous faisons presque systématiquement une visite pédestre du versant.

Enfin, s'il y a besoin d'aller regarder en particulier certains points en falaise, on intervient sur cordes.

Y a-t-il des contraintes environnementales pour l'utilisation du drone ?

Oui, tout à fait. Quand le Département fait appel à nous pour une intervention d'urgence, on regarde si le site est concernés par un arrêté de protection de biotope ou d’autres espaces règlementés qui interdisent le survol. Dans ce cas-là, nous avons besoin d’une dérogation des services de l’Etat pour intervenir. La demande est gérée par le Département auprès de la Direction Départementale des Territoires, en concertation avec les associations naturalistes du département.

Objectif : rétablir le niveau de sécurité sur la route

Quels dispositifs de protection peuvent être mis en place pour protéger les routes ?

Pour des travaux faisant suite à une intervention d'urgence, c’est du cas par cas. L’objectif étant de rétablir le niveau de sécurité sur la route, il s’agit souvent de travaux conservatoires comme des purges ou « déroctages », permettant de supprimer les instabilités résiduelles ou également des ouvrages de confortements ponctuels.

Nous faisons aussi des études pour le Département, sur des tronçons identifiés où il existe une volonté de sécurisation. Dans ce cas-là, on étudie l'ensemble de la zone et on propose des solutions de parade pérennes à l’échelle du site, répondant à des critères techniques et financiers maitrisés. Ces ouvrages sont mis en œuvre par des entreprises spécialisées. Il s’agit bien souvent d’ouvrages linéaires ou surfaciques de type écrans de filet pare-blocs en pied de versant, grillage plaqué sur les talus rocheux...

Ils sont complétés par des traitements ponctuels sur des compartiments rocheux spécifiques non compatibles avec ces ouvrages. L'idée du traitement ponctuel est d'aller supprimer ou de conforter un bloc rocheux pour enrayer sa future évolution. Il peut s’agir de filets à plaquer, d’ancrages de confortement, de minage, selon la configuration.

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