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Sante Vallar : fragments d’histoire

Sante Vallar : fragments d’histoire


Il aura fallu attendre le printemps 2025 et les travaux sur la devanture d’un ancien bar à cocktails, au croisement des rues Jules-Charpentier et Georges-Delpérier, pour mettre au jour la magnifique mosaïque « Au Coq Hardi », exécutée par Sante Vallar (1893-1951). « Dans la famille, on savait qu’il l’avait réalisée sans pouvoir la localiser avec précision », raconte son petit-fils Éric Muzard. En 1997, à l’occasion de la rénovation de la Poste de Tours centre, il avait récupéré l’élément de maçonnerie qui portait la signature de son grandpère et du fournisseur des carreaux de céramique : l’entreprise Cerabati, installée rue des Docks (aujourd’hui rue Marcel-Tribut).
« J’étais philatéliste, je me rendais souvent à La Poste boulevard Béranger et j’ai entendu parler de ces travaux. Je ne pouvais pas laisser disparaître ce témoignage du travail de mon grand-père. J’ai négocié avec le chef de chantier pour venir, avec mon oncle Michel Vallar, desceller et conserver cette plaque [chez lui NDLR]. »

Sante Vallar est originaire du Frioul, une province du nord-est de l’Italie qui a vu naître des générations de mosaïstes, émigrés à partir du XIXe siècle dans le monde entier et, plus particulièrement en France : Giandomenico Facchina à Paris (le Palais Garnier), les frères Odorico à Rennes, Pietro Favret à Nevers… À Spilimbergo, près du village de Sante Vallar, une école de mosaïque est ouverte depuis 1922 et accueille encore aujourd’hui des élèves venus de tous les continents. La tradition cette région, point de rencontre entre la mosaïque byzantine et romaine. Les artisans frioulans ont perfectionné leur savoir-faire dans la rénovation des monuments dans toute l’Italie. Richard Dessoliaire, l’un des petits-enfants du mosaïste, raconte comment les petits Frioulans s’initiaient à cet art de la juxtaposition : « Beaucoup apprenaient d’abord le métier en assemblant les galets de la Meduna, rivière asséchée qui traverse la région, avant de partir en apprentissage chez un mosaïste confirmé. » Sante Vallar a quitté sa famille à 13 ans pour aller se former en Autriche.

Famille nombreuse, famille heureuse

Sante Vallar, ses trois premiers enfants et son frère Olvino dans la cour de l’atelier rue Febvotte, vers 1933 © Collection privée

Le 20 mai 1944, l’édifice familial est touché par les bombardements alliés. L’atelier est endommagé. Il abritait, dans son sous-sol, un abri de défense passive d’où sortent indemnes 25 voisins et membres de la famille Vallar. Le quartier restera sinistré jusqu’à la reconstruction d’un nouvel ensemble de logements, engagée par Jean Royer dans les années 60. Devantures d’artisans, sols, fontaines et bassins, monuments mortuaires ou commémoratifs, enseignes commerciales… Sante Vallar aura perfectionné son art partout à Tours et en Indre-et-
Loire. Il est enterré au cimetière La Salle aux côtés de son épouse.

Le mercredi 24 avril 2019, en présence de la famille, la Ville de Tours a inauguré une place Sante-Vallar, à l’angle des rues Henri-Martin et du Chemin de fer dans le quartier Febvotte.

Source : archives familiales Sante Vallar. Remerciements à Richard Dessoliaire et Éric Muzard.


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