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Quatre résistantes à l’honneur

Quatre résistantes à l’honneur

Citoyenneté/Election
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En 2013, l’Assemblée nationale adoptait à l’unanimité une proposition de loi du Sénat instaurant le 27 mai comme Journée nationale de la Résistance. Elle est l’occasion de se rappeler les valeurs portées par le Conseil national de la Résistance : courage, défense de la République, souci constant de justice, de solidarité, de tolérance et du respect d’autrui. C’est dans ce contexte que, le 27 mai dernier, les autorités civiles et militaires, entourées d’élèves d’Indre-et-Loire, se sont réunies place Anatole-France puis, à la Préfecture, pour la remise des prix du Concours de la Résistance et de la Déportation.

La Ville de Tours avait engagé une démarche pour corriger un déséquilibre : en 2020, seules 4 % des rues portaient le nom d’une femme. En 2022, puis en 2025, l’opération « La rue est aussi à nous » a sélectionné 150 noms choisis par la population1 pour les dénominations de nouveaux espaces publics. La mairie a profité du 27 mai pour mettre en avant quatre Tourangelles.

Pour la mémoire

Madeleine Boutard (1913-1984) et son mari, membres du Parti communiste français (PCF), ont abrité pendant la guerre des réfractaires au Service du travail obligatoire (STO). Elle fut la première femme députée d’Indre-et-Loire en 1946 et était fondamentalement contre la politique coloniale de la France en Indochine et en Algérie. Le conseil municipal du 6 décembre 2021 a décidé de donner son nom à la voie située au niveau du 177, avenue Maginot.

Annette Pierrain (1916-2009) était institutrice et militante communiste lorsqu’elle est arrêtée à Bordeaux le 22 juillet 1943 avant d’être déportée à Ravensbrück. Elle est envoyée en Tchécoslovaquie pour travailler dans l’usine de matériel militaire Skoda et est libérée le 5 mai 1945. Revenue en Touraine comme enseignante, elle a participé activement au travail de mémoire. Son nom a été donné à une voie qui relie la rue Maximilien Kolbe, au niveau du 45-47, impasse avenue Maginot, par le conseil municipal du 16 décembre 2024.

Marie-Thérèse de Poix (1894-1970), infirmière, est engagée volontaire durant la Première Guerre mondiale. Installée au château de La Roche- Ploquin (Sepmes), elle a caché des aviateurs alliés, des familles juives, des réfractaires au STO et des armes pendant l’Occupation. Arrêtée par la Gestapo, elle est emprisonnée, puis déportée à Ravensbrück le 17 avril. Elle est évacuée en Suède par la Croix-Rouge en avril 1945. Le square près du cimetière La Salle, à l’angle de l’avenue de La Salle et de la rue Jean-Baptiste Dupré, porte son nom par décision du conseil municipal du 26 mai 2025.

Élisabeth Le Port (1919-1943) fut institutrice à Saint-Christophe-sur-le-Nais pendant l’Occupation. Elle a imprimé et distribué clandestinement le journal La Lanterne pour lutter contre la propagande de Vichy. Arrêtée le 18 juin 1942 sur dénonciation, elle est déportée à Auschwitz-Birkenau avec 20 Tourangelles. Elle y décède à 23 ans. Elle reçoit la Médaille de la Résistance française à titre posthume en 1946. Le conseil municipal du 15 décembre 2025 a donné son nom à la voie verte entre la rue de la Presle et la rue Daniel-Mayer dans les Hauts de Sainte-Radegonde.


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