Le renouveau du foot en Touraine
En 2010, le Tours FC manquait de peu la montée en Ligue 1. Dans ses rangs, un certain Olivier Giroud, meilleur buteur de Ligue 2 et en partance pour Montpellier. On demandait alors à ce dernier si Tours était une terre de foot. Là se situait le seul regret du futur champion du monde : « Tours n’est pas Lens. Quatre mille vrais supporters, et les autres qui viennent quand ça gagne… »
Un plan de jeu retrouvé
Depuis ce constat, le Tours FC aura sombré en même temps que les travées du stade de la Vallée du Cher se vidaient. Au moins, cette « terre » aura donné à Giroud, comme à d’autres excellents joueurs, du temps de jeu, de la confiance et de l’espace pour « pousser » au plus haut niveau. Trois ingrédients que Basile Riboud, président de l’UFT, replace au cœur d’un projet de reconstruction impliquant un maximum d’acteurs du territoire – communes, partenaires économiques, éducateurs, supporters. Voilà comment, dit-il, « il fallait rallumer la lumière. » Le club est reparti de la cinquième division nationale (N3), sans promesses grandiloquentes. Après Hervé Loubat, Zakaria Tahri, ancien entraîneur du FC Montlouis, reprend le banc : trois saisons en N3, une montée, un maintien en N2 avec des moyens limités : « tout un palmarès construit ici, sur ce territoire. »
De la confiance, ensuite
La formation est un volet essentiel : Antoine Fins préside ainsi l’association adossée à la SAS : ce sont 800 enfants accompagnés chaque semaine, leurs éducateurs, les sections féminines, le parafoot. Deux entités, deux hommes, donc, mais une seule conviction : le foot sera toujours plus que du foot, par son volet social et éducatif.
De l’expérience vécue par son père Franck Riboud – ancien PDG de Danone, qui avait financé et propulsé Évian Thonon Gaillard jusqu’en Ligue 1 avant la liquidation judiciaire de 2016 –, Basile a tiré les leçons : « L’actionnariat a changé en cours de route et de mauvaises décisions en cascade ont effacé de belles années de travail – tout l’inverse de la recette qui est la nôtre avec l’UFT : ambition calibrée sur les moyens, travail, humilité. » Des investisseurs tourangeaux, des partenaires locaux, mais aussi de grandes structures nationales et internationales manifestent leur intérêt, convaincues qu’un club participe du rayonnement médiatique et économique d’un territoire.
De l’espace pour exister, enfin
L’UFT va au-delà de Tours. Le logo et les couleurs ont été soumis à une votation populaire. La Touraine s’est imposée : « Ce sont trois France qui se réunissent au stade lors des matchs : la métropole, la ruralité, la France des campagnes, des métropoles et des quartiers populaires, où une partie de la jeunesse, pour ce sport, ne manque pas d’ambition. » Aujourd’hui, la Fédération française de football envisage de créer une Ligue 3 professionnelle – un troisième échelon national entre la Ligue 2 et l’actuel National. Combien de temps pour s’y insérer ? « Trois, quatre, cinq, dix ans – on verra bien. On démarre toutes les saisons pour terminer premiers. » Basile Riboud a grandi à Châteauroux, entre 13 et 19 ans : « Mon bac, mon permis, mes premières amours – tout est là, en région Centre. » Il ne se voit donc pas comme un investisseur, mais quelqu’un qui s’investit. Et qui sait, mieux que quiconque, tout ce que « la Vallée du Cher » peut donner et redonner à celles et ceux qui foulent cette pelouse du « Jardin de la France ». Olivier Giroud en est la preuve.