Conseil Municipal
Tours
Entretien avec Emmanuel Denis maire de Tours
Emmanuel Denis a été élu maire de Tours pour un second mandat lors du conseil municipal du 27 mars dernier. © Ville de Tours – F. Lafite
Quel message souhaitez-vous adresser aux Tourangelles et aux Tourangeaux au lendemain de votre réélection ?
Je veux d’abord les remercier pour leur confiance renouvelée qui est à la fois un honneur et une responsabilité. Ce vote dit qu’il existe une majorité convaincue par le fait qu’il faut que les transformations engagées sur le premier mandat se poursuivent, s’amplifient, et qu’elles restent fidèles à ce qui a fait leur force depuis 2020 : des politiques utiles, concrètes, et tournées vers le quotidien. L’équipe municipale a été en partie renouvelée et rajeunie, afin qu’elle ressemble à l’ensemble des habitants de notre ville.
Quel regard portez-vous sur le mandat qui vient de s’achever ?
Ce mandat a été hors norme. Il a commencé avec la crise sanitaire, puis s’est poursuivi dans un contexte marqué par l’inflation, les tensions sociales et l’aggravation du dérèglement climatique. Malgré cela, nous avons tenu un cap en faisant le choix d’investir dans ce qui structure une ville et fait société sur le long terme : les écoles, les services publics, les quartiers, la nature, la culture, l’alimentation, etc. Tours a changé, de manière visible et concrète : la ville est plus juste, plus apaisée, plus végétalisée et plus accessible. Les services publics y ont été renforcés, les solidarités consolidées et les mobilités transformées.
Emmanuel Denis, maire de Tours, et Emmanuel Porcher, directeur général des services de la Ville de Tours lors du conseil municipal du 27 mars.
Qu’est-ce qui va changer dans ce nouveau mandat ?
Le nouveau mandat doit être celui d’un changement d’échelle : Tours doit contribuer à trouver les solutions aux immenses enjeux de notre époque, et devenir un territoire qui inspire par son modèle fondé sur l’écologie et la justice sociale, par son attractivité et par les valeurs et le dynamisme de ses habitants. Il y a les chantiers structurants que nous avons engagés et qui vont se poursuivre, comme la modernisation de nos équipements publics, la végétalisation de nos espaces publics, Vélival, la deuxième ligne de tramway, les projets urbains du haut de la Tranchée, des Casernes et des Deux-Lions, la Maison de l’hospitalité, la démocratisation de la vie locale, etc. Mais nous devons aussi adapter nos réponses aux évolutions et aux besoins de la société : en matière de santé, de logement, d’accès au sport et à la culture, d’inégalités femmes-hommes, de monoparentalité, de racisme, etc.
Concrètement, que vont voir les habitants dans les premières semaines du mandat ?
Nous avons voulu être immédiatement opérationnels et l’expérience engrangée sur le premier mandat va nous permettre d’honorer un certain nombre d’engagements dès les six premiers mois : création d’un centre de santé au Sanitas, ouverture d’un grand parc à Tours nord, végétalisation de la place Choiseul, livraison de la nouvelle école Claude-Bernard, création d’un Office de lutte contre le racisme et les discriminations, alimentation 100 % bio dans les crèches, gratuité de la cantine pour les familles les plus modestes, ou encore la création du statut de “parent solo” pour simplifier la vie des pères et mères célibataires. Tout cela ne sera pas réalisé en six mois, mais les mesures seront prises et les projets seront lancés d’ici septembre prochain.
La Ville de Tours a fait son grand retour à l’exécutif métropolitain. Qu’est-ce que ça va changer pour les Tourangelles et les Tourangeaux ?
L’élection métropolitaine du 9 avril dernier a permis de rééquilibrer l’anomalie démocratique du mandat précédent : celle d’une ville-centre marginalisée au sein des organes de décision de Tours Métropole Val de Loire. Les 5 vice-présidents tourangeaux disposent désormais de délégations importantes aux mobilités, aux finances, à l’emploi, à la rénovation urbaine, à la transition écologique, à l’eau et à la biodiversité. Je suis fier collectivement que les élus métropolitains aient montré l’image d’un territoire mature, avec une intercommunalité bien plus solide qu’en 2021, ce d’autant plus que les dossiers stratégiques ne manquent pas : au-delà du tram, le SERM, le renouvellement urbain du Sanitas et de Maryse-Bastié, le plan piéton, la réduction des déchets, l’attractivité économique de notre aire urbaine…
Comment imaginez-vous Tours en 2040 ?
Le sujet, c’est surtout comment les Tourangelles et les Tourangeaux se projettent dans les 10 à 15 prochaines années. Notre rôle, c’est de proposer de grandes orientations en phase avec nos engagements électoraux. C’est aussi d’anticiper et de prévoir les grands enjeux qui seront encore d’actualité d’ici là : comment réaménager le territoire pour affronter le choc climatique, faire évoluer nos services publics pour qu’ils bénéficient à toutes et tous, améliorer le contrat de confiance entre les citoyens et leurs représentants ? La Ville n’agit pas seule sur son territoire : nous devrons aussi animer un collectif avec tous les acteurs que sont l’État, la région, le département, la métropole, sans oublier les forces vives comme les associations, les entreprises, etc.
Conseil municipal d'installation, à l'Hôtel de Ville de Tours vendredi 27 mars 2026 © Ville de Tours
Bio express d’Emmanuel Denis :
– 23 septembre 1971 : naissance à Tours d’un père technicien linotype et d’une mère institutrice à l’institution Marmoutier.
– 1994 : diplômé de l’École nationale supérieure en génie des technologies industrielles de Pau.
– 1997 : ingénieur chez STMicroelectronics, en charge de l’animation d’équipes, de la coordination de projets concernant l’amélioration des conditions de travail.
– 2008 : engagement au sein de l’association Robin des Toits (contre les ondes électromagnétiques émises par les antennes relais).
– 2010 : vice-président départemental de la FCPE.
– 2014 : tête de liste Europe Écologie – Les Verts aux élections municipales, élu conseiller d’opposition.
– 2017 : création des Cogitations Citoyennes.
– 2020 : élu maire de Tours, réélu en 2026.
– Depuis 2023 : vice-président délégué aux mobilités de Tours Métropole Val de Loire et président du Syndicat des mobilités de Touraine.