Des travaux de mise en sécurité à Marmoutier
Depuis 1981, la Ville de Tours est propriétaire du coteau et des terrains attenants où se situent les bâtiments de l’ancienne abbaye de Marmoutier. Elle a engagé au printemps dernier des travaux de mise en sécurité avant l’ouverture de la saison estivale des visites.
Le ciment : mauvaise idée
Visible depuis la rue Saint-Martin, le portail de Sainte-Radegonde est surmonté d’un fronton qui culmine à plus de 10 m, édifié vers 1719 par la Congrégation de Saint-Maur à laquelle l’abbaye était rattachée. Des éléments en ciment avaient été ajoutés au tuffeau comme l’usage le voulait il y a plusieurs décennies.
Une bien mauvaise idée, car les deux éléments ne font pas bon ménage dans la durée. Il faut interroger Thibaut Noyelle, conservateur des Monuments historiques à la DRAC, pour le comprendre.
« Au cours du XXe siècle, on a massivement utilisé le ciment dans la restauration de maçonneries anciennes, avant de commencer à constater, il y a quelques décennies, ses effets néfastes, causant des dégâts à cause de son imperméabilité, qui perturbe la circulation et les échanges d’eau entre la pierre, le mortier, le sol et l’air. C’est encore pire sur du tuffeau très poreux, donc très sensible à ces circulations. Le problème a également pu se poser avec des pierres de remplacement qu’on pouvait avoir tendance, par le passé, à choisir d’une nature plus dure et moins poreuse que le tuffeau, en pensant qu’elles seraient ainsi plus résistantes et plus pérennes. On s’est aperçu qu’avec le temps, ces pierres se dégradaient peu mais que, par ricochet, les pierres anciennes plus tendres subissaient une « double peine » et se dégradaient de manière accélérée. »