
10 ans de la Halte soins addictions Argos : Strasbourg demande à l’État de pérenniser le dispositif
À l’occasion des dix ans de la Halte soins addictions Argos, la Ville de Strasbourg réaffirme son soutien à ce dispositif de réduction des risques et demande à l’État de mettre fin à son caractère expérimental et de garantir sa pérennisation.
Depuis dix ans, Argos permet aux personnes qui consomment des drogues d’être accueillies dans un cadre sécurisé, avec un accès à des professionnels de santé et à un accompagnement social. À Strasbourg, le dispositif s’est également développé avec des solutions d’hébergement, faisant de l’accompagnement global des personnes une spécificité du modèle strasbourgeois.
En dix ans, le dispositif a fait l’objet de plusieurs évaluations et rapports : deux évaluations scientifiques, une évaluation médico-économique, un rapport au Parlement, une audition au Sénat ainsi qu’un rapport conjoint de l’IGAS et de l’IGA.
Ces travaux ont documenté l’utilité des Haltes soins addictions en matière de réduction des risques, d’accès aux soins et de santé publique.
Après dix ans, il ne s’agit plus d’une expérimentation. Argos est devenu un dispositif de santé publique. Il doit désormais être reconnu comme tel.
Le maintien du dispositif dans un cadre expérimental, aujourd’hui prévu jusqu’en décembre 2027, entretient une incertitude qui n’est plus justifiée au regard de l’expérience acquise et du travail réalisé chaque jour par les équipes.
La réduction des risques permet de prévenir les overdoses et les infections, de favoriser l’accès aux soins et d’éviter les consommations dans l’espace public.
À Strasbourg, cette politique ne se limite pas à la consommation à moindre risque : elle associe accueil, soins, accompagnement social et hébergement.
Une personne ne se résume pas à sa consommation. La politique de santé doit prendre en compte la personne dans son ensemble et lui permettre, autant que possible, de retrouver des soins, des droits, un logement et une autonomie.
C’est le sens de l’engagement de la Ville de Strasbourg.
Avec onze autres villes*, Strasbourg demande aujourd’hui à l’État de :
- Sortir les Haltes soins addictions du régime expérimental
- Les inscrire dans le droit commun
- Leur garantir un financement pérenne
- Permettre leur développement dans les territoires qui en ont besoin.
Dix ans d’expérimentation, c’est dix ans de recul. Les équipes ont fait leurs preuves, les collectivités ont pris leurs responsabilités. Il est désormais temps que l’État prenne les siennes.
La Ville de Strasbourg continuera à défendre une politique de santé publique fondée sur la prévention, la réduction des risques, l’accès aux soins et la dignité des personnes.
* Villes signataires : Paris, Marseille, Lyon, Nantes, Montpellier, Lille, Rennes, Villeurbanne, Grenoble, Tours et Nancy.
