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Saint-Étienne honore les résistants oubliés

Saint-Étienne honore les résistants oubliés

Ils sont venus d’ailleurs, se battre contre le joug nazi. Loin de leur pays, ils se sont engagés dans la Résistance pour contribuer à la libération de notre pays. Et pourtant, ils sont les grands oubliés du récit de l’histoire de France. La Ville de Saint-Étienne leur rend hommage à travers une exposition dans le hall de l’Hôtel-de-Ville.

« Regarder ces visages. Lire ces parcours. Et se poser cette question qui dérange : et nous, à cette époque, qu’aurions nous fait ? » C’est par des mots teintés d’émotion que Régis Juanico, maire de Saint-Étienne, entouré de plusieurs adjoints et conseillers municipaux, a inauguré, ce mardi 5 mai, l’exposition « Ces résistants oubliés & l'Affiche rouge », accrochée jusqu’au vendredi 15 mai dans le hall de l’Hôtel-de-Ville.

Venez la découvrir durant les horaires d'ouverture de l'Hôtel-de-Ville : lundi, mercredi et jeudi de 8h45 à 17h00 ; mardi de 8h45 à 18h00 ; vendredi de 8h45 à 16h30. Jusqu'au vendredi 15 mai.

> Téléchargez la présentation complète de l'exposition

© Fabrice Roure / Ville de Saint-Étienne

Les résistants oubliés, ces héros venus d’ailleurs

L’exposition présente une galerie de portraits de résistantes et de résistants. Leurs points communs : ils sont issus de pays étrangers ou des contrées de l’ex-empire colonial français. Ils ont contribué à libérer notre pays de l’occupation nazie. Et ils ont pourtant été, longtemps, les grands oubliés du récit national qui honore celles et ceux à qui nous devons la liberté.

La Résistance, une lutte profondément internationale

À la veille de la guerre, la France accueille plus de deux millions d’étrangers, Allemands antifascistes, Autrichiens, Espagnols républicains fuyant le franquisme, Italiens opposés à Mussolini… Beaucoup s’engagent dans la Résistance dès les premiers jours de l’Occupation.

Les populations issues des colonies, aussi, jouent un rôle majeur dans la poursuite des combats : les tirailleurs maghrébins et africains participent aux campagnes militaires, intègrent les maquis.

© Fabrice Roure / Ville de Saint-Étienne

Un récit qui invite à la réflexion sur la notion d’engagement

Au fil des panneaux, nous faisons connaissance avec Malika, Mohamed, Louisa, Salah ou encore Jaqueline… Elles et ils sont nés en Algérie, au Maroc, en Azerbaïdjan, en Guinée française… Tous ont lutté contre les nazis sous la bannière tricolore.

Lire ces tranches de vie qui nous sont ici racontées, s’imaginer, un instant, à leur époque et à leur place suscite mille et une interrogations. Et parmi elles : quel idéal, quelles convictions motivaient ces jeunes femmes et hommes à venir se battre dans l’Hexagone, loin de chez eux ?

Et pourquoi, si longtemps, celles et ceux qui ont pourtant joué un rôle central dans la Libération furent les grands oubliés de nos récits historiques, alors qu’ils portaient en eux l’universalité des valeurs de notre République ?

L’affiche rouge, l’autre histoire des Résistants immigrés

L’exposition raconte, enfin, l’histoire de « l’affiche rouge », du nom de cette propagande anticommuniste et antisémite accrochée en 1944 dans les villes et villages de France et qui qualifiait la Résistance « d’armée du crime ».

On honore, ici, la mémoire des 23 Résistants du groupe Manouchian, fusillés par les Allemands en 1944. Cette histoire a été mise en lumière, en 2024, par l’entrée au Panthéon de Missak Manouchian et de son épouse Mélinée, au son de « L’Affiche rouge », poème de Louis Aragon, mis en musique par Léo Ferré et magnifiquement interprété, ce jour-là, par Arthur Teboul, le chanteur de Feu!Chatterton.

Ces 23 résistants étaient membres des FTP-MOI, les francs-tireurs et partisans – main d’œuvre immigrée.

Dans le cadre des commémorations du 8 mai 1945

« Ces résistants oubliés » est une exposition montée par le Grain, groupe de réflexion et d’interactions culturelles. Cette association stéphanoise travaille à la promotion des valeurs citoyennes et à la transmission des mémoires.

Elle a été écrite et composée par Brahim Zennaf avec le concours de Kamel Mouellef, co-auteur de la bande dessinée « Résistants oubliés ».

Elle a reçu le label « 80è anniversaire de la Libération » dans le cadre de commémorations nationales. Cette même association a produit et réalisé, avec Eric Blanchot, le documentaire « Mémoires de soldats oubliés », diffusé à la télévision à plusieurs reprises.

Les panneaux et informations sur l'Affiche rouge ont été réunis par l'UGAB Saint-Chamond (Union générale arménienne de bienfaisance) et l'association SEM (Société Éducation de Malatia).

"Je veux saluer ici le travail remarquable de l'Union Générale Arménienne de Bienfaisance, représentée par Annick Boyadjian, de Brahim Zennaf et Alawa Bakha au nom de l’association Le Grain. Leur travail est précieux. Il est exigeant. Et il est profondément nécessaire dans une époque où la mémoire doit être défendue, transmise et partagée."

Régis Juanico, maire de Saint-Étienne

> Télécharger l'intégralité du discours de Régis Juanico :

Les commémorations du 8 mai 1945

9 heures : cérémonie au monument aux morts de Terrenoire

9h45 : cérémonie au monument aux morts de Côte-Chaude

11h : cérémonie départementale, place de l'Hôtel-de-Ville

12h10 : Dépôt de gerbes au monument aux morts, place Fourneyron.

18h : cérémonieà l’Espace public Ahmed Benchikh (rue Royet, Crêt de Roc)en hommage au soldat Spahi stéphanois Ahmed Benchikh, né au Crêt-de-Roch, apprenti à la Manufacture d’Armes, et mort pour la France en Italie le 6 mars 1944.


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