← Revenir aux actualités
Temps calme au FRAC Bretagne avec Dormance, de Celina Eceiza

Temps calme au FRAC Bretagne avec Dormance, de Celina Eceiza


Quand certains artistes sont en quête de minimalisme, Celina Eceiza remplit l’espace jusqu’à nous engloutir dans son œuvre. C’est tout le propos de Dormance, une exposition à vivre jusqu’au 20 septembre 2026 au FRAC Bretagne.

Se lover dans un endroit paisible, loin de l'agitation de la ville. Prendre le temps de promener son regard, en se laissant bercer dans un hamac. Retrouver des sensations d’enfance, en triturant les tissus, les tapis... Et en écrivant sur les murs, sans crainte de se faire gronder ! Avec Dormance, l’artiste argentine Celina Eceiza nous convie dans son intimité.

En fait, plus qu’une invitation chez elle, on dirait bien qu’on a été invité en elle. « Celina Eceiza présente son exposition comme un organisme vivant » explique Alexis Ourion, chargé de l’action culturelle auprès du FRAC. « Un organisme qui intègre le visiteur. Il a le droit de tout toucher, comme s’il était chez lui, tout en le respectant. »

Cocon

Pour reconstituer cet organisme vivant, Celina Eceiza a cousu ensemble des tissus collectés depuis des années. Un patchwork de matières qui enveloppe tout l’espace, du sol au plafond. Ces tissus, elle les balade d’une exposition à l’autre, sa collection grandissant au fil de ses voyages. Elle les teint elle-même avec ses propres pigments ou les javellise pour les décolorer. « Pour cette exposition, la plus grande qu’elle ait réalisée, elle a passé un mois à Rennes, dont deux semaines pour tout installer. » Une vingtaine de bénévoles l’a assistée dans cette tâche, laissant même leur patte ici ou là. « Une de nos médiatrices lui a donné une photo de son chat. Elle l'a intégré en le faisant dialoguer avec les siens, Roman et Morena ! »

Ici, on vient se calfeutrer à l'abri du tumulte du monde. Se mettre « en dormance », comme le font les êtres vivants pour résister à une agression extérieure et conserver leur énergie. Il y a quelque chose de la matrice originelle, du cocon, mais aussi de l’introspection. Les pensées positives comme négatives sont accueillies à égalité. « Il y a aussi des parts sombres. Même si on vient s'y réfugier, ce n’est pas non plus un paradis. » Comme en témoigne la dernière salle, baptisée « la grotte » et où les personnages dessinés sur des toiles noires nous regardent de haut.

Terrain de jeu

Assis sur un tapis, déambulant d’une pièce à l’autre ou encore allongé dans un hamac, ce qu’on observe ressemble à un flot de pensées ininterrompues qui emplit l’espace. La salle de musée, ce « cube blanc » contre lequel Celina Eceiza lutte, disparait sous l’accumulation. Tout comme les œuvres de la collection du FRAC, sélectionnées par l’artiste et intégrées à l’exposition. « Elle utilise les termes "cannibaliser" et "arrancar" ("arracher", en espagnol), qui sont liés à la psychanalyse. Toute sa pratique est là : s’inspirer d’art et d’artisanat du monde entier, les intégrer, les digérer et les ressortir, de manière bricolée, dans son travail. »

Pour Celina Eceiza, l’acte de créer est presque un besoin primaire, qu’elle nous invite à assouvir à notre tour. Dans la « salle du dessin », les visiteurs et visiteuses peuvent dessiner sur les murs. Chaque dimanche, à 15h, la salle devient un immense terrain de jeu où chacune et chacun peut se laisser aller à remplir le vide, selon des consignes laissées là par l’artiste avant son retour à Buenos Aires. Une façon de réveiller la créature en sommeil ?

Agrandir l'image

Droits réservés : © Julien Mignot, Rennes Ville et Métropole

Agrandir l'image

Droits réservés : © Julien Mignot, Rennes Ville et Métropole

Agrandir l'image

Droits réservés : © Julien Mignot, Rennes Ville et Métropole

Agrandir l'image

Droits réservés : © Julien Mignot, Rennes Ville et Métropole

Agrandir l'image

Droits réservés : © Julien Mignot, Rennes Ville et Métropole


← Revenir aux actualités