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Ressources : doit-on se préparer à moins d'eau potable ?

Ressources : doit-on se préparer à moins d'eau potable ?


L’augmentation de la population et le changement climatique pèsent fortement sur nos ressources en eau. Des gestes simples permettent de réduire notre consommation. Les ambassadeurs de l’eau sont là pour nous les faire connaître.

Quand Gabriel et Thomas ont sonné à ma porte, j’étais plutôt serein. Je ne croyais pas être particulièrement dépensier en eau. Je ne prends pas des douches de trente minutes, je remplis bien la machine à laver avant de la lancer… Parfois, j’arrose même les plantes avec l’eau de mes pâtes ! Bon, j’ai vite compris qu’il faudra en faire un peu plus pour devenir un foyer économe.

Objectif : économiser 14 litres par jour

Depuis 2015, les ambassadeurs et ambassadrices de l’eau, comme Gabriel et Thomas, peuvent vous aider à diminuer votre consommation d’eau. « Pour deux raisons, commence Gabriel. Le climat change et la population augmente. » Dans 15 ans, le territoire couvert par la collectivité Eau du bassin rennais (lien externe) fera face à 100 000 habitantes et habitants de plus. « Il faudrait prélever environ 2 millions de m³ d’eau en plus, complète Thomas. C’est compliqué car les réserves sont insuffisantes. L’autre solution, c’est de baisser nos consommations d’au moins 17 % (environ 14 litres par personne et par jour). » Et pas seulement pour les particuliers : cet objectif est le même pour les entreprises, qui sont elles aussi sensibilisées.

Bonnes habitudes

Premier test : le passage au débitmètre. Gabriel ouvre le robinet de ma cuisine à fond au-dessus d’un genre de verre mesureur, pendant que Thomas chronomètre. Et là, c’est le drame : 14 litres par minute ! Un premier mousseur économe installé sur le robinet et on passe déjà à 6 l/min. Même opération pour le lave-mains des toilettes, puis les robinets de la salle de bains, et on a déjà économisé près de 3 litres par jour ! Pour la douche, on installe un réducteur de débit à 8 l/min.

Essayez chez vous ! Prenez un verre mesureur d’1 l, ouvrez le robinet d’eau froide à fond pendant 6 secondes et multipliez la quantité collectée par 10 pour obtenir la quantité en l/min.

« Ce matériel aide à réduire la facture, mais c’est encore plus efficace de changer ses habitudes. Comme limiter la durée de la douche à 5 mn, couper l’eau quand on se savonne, remplir un seau en attendant que l’eau chauffe pour arroser les plantes… Parfois, une simple chasse d’eau qui fuit, c’est jusqu’à 50 litres par jour qu’on paye pour rien ! »

Petits gestes, grandes économies

Avant de partir, les ambassadeurs me conseillent de me procurer un sablier pour la douche et me laissent un petit guide des écogestes. Leur passage ne prend qu’une dizaine de minutes mais peut nous faire économiser beaucoup. Pour s’en persuader, il suffit de regarder sa facture d’eau (froide et chaude). En général, on est environ à 60 m³ par an pour deux personnes. Un foyer Écodo, c’est 50 m³ par an, soit 46 € économisés sur la facture. Vivement mon prochain relevé !

En chiffres

Chiffres de la Collectivité Eau du bassin rennais, sur son territoire.

  • 75%de l'eau potable captée dans les eaux de surface (rivières et nappes de surface).
  • 82litresconsommés par jour et par personne en moyenne. Objectif : 68 litres !
  • 40%C'est la part des douches dans la consommation en eau d’un foyer.
  • 100foismoins cher : l'eau du robinet par rapport à l'eau en bouteille
  • 500foismoins d'impact environnemental : l'eau du robinet par rapport à l'eau en bouteille

3 questions à...

Gérard Gruau, directeur de recherche émérite au CNRS, laboratoire Géosciences (Université de Rennes).

(propos recueillis par Olivier Brovelli)

Quel est l’état de la ressource en eau dans le bassin rennais ?

En Bretagne, la ressource en eau potable dépend beaucoup des rivières et des retenues. Notre région est très sensible au déficit de précipitations. Mais cet hiver a été particulièrement pluvieux. De fortes pluies ont rechargé les nappes souterraines, les eaux de surface et les barrages. On pourrait donc se croire à l'abri. En réalité, tout peut changer très vite en quelques mois seulement avec la hausse des températures. La ressource existe mais elle est devenue plus instable et plus exposée aux tensions. Notre marge de sécurité s'amenuise.

Quel est l’effet du réchauffement climatique ? D’autres paramètres sont-ils en cause ?

Le réchauffement climatique augmente la fréquence, la durée et l'intensité des sécheresses. L'évaporation s'accroît en réduisant la quantité d'eau disponible pour les rivières et les sols. Quand ceux-ci sont très secs, ils absorbent moins bien les pluies. Mais le climat n'explique pas tout. Les prélèvements agricoles, l'urbanisation, l'accroissement démographique pèsent aussi, sans compter le tourisme, qui accentue la pression au plus mauvais moment.

Comment en atténuer l’impact ?

Quand on est inondé en janvier, on a du mal à prendre au sérieux le risque de sécheresse en juillet... L'extrême variabilité des précipitations imputable au changement climatique rend le discours sur les économies d'eau difficilement audible. Malgré tout, la première réponse reste de réduire notre consommation dans tous les secteurs. La tarification progressive, l'interdiction des piscines, le recyclage des eaux usées vont dans ce sens. Pour les gestionnaires, la priorité est d'anticiper, monitorer et modéliser sans jamais relâcher la vigilance.

Pour aller plus loin

Les ambassadeurs de l’eau

Les ambassadeurs et ambassadrices de l’eau sont des agents de la Collectivité Eau du bassin rennais (lien externe) Ils donnent leurs conseils et installent gratuitement du matériel économe en porte-à-porte, commune après commune. Ils peuvent aussi intervenir en cas de surconsommation ou sur rendez-vous (lien externe) et organisent des animations grand public.

Et l’eau de pluie ?


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