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Grimpe d’arbres : une expérience grandeur nature

Grimpe d’arbres : une expérience grandeur nature


Là-Haut, association d'éducation populaire rennaise, initie à la grimpe d'arbres et activités perchées. Unique, la proposition conjugue effort physique et sensations fortes et renforce notre rapport au vivant.

Le baudrier est enfilé, une profonde respiration avant de s'élancer et c'est parti ! Le défi ? Atteindre la table volante, perchée à 10 m au sommet d'un magnifique chêne perdu dans les vastes étendues herbées de la Prévalaye. Un challenge de taille pour moi qui ai le vertige juste en empruntant la passerelle de la station de métro Poterie ! Louise, 15 ans, me guide : Tu montes sur ta pédale et tu hisses le nœud au plus haut.

« Avec un baudrier, on vole »

Droits réservés : © Arnaud Loubry, Rennes Ville et Métropole

Baronne perchée de la première heure, la collégienne de Cleunay grimpe depuis cinq ans. Pendant ses vacances d'avril, elle partage son expérience et assiste les futurs et futures « baron·nes perché·es ». Ensemble, ils relèveront le défi organisé par l'association Là-Haut pour les 11-15 ans début juillet : vivre quatre jours et nuits sans toucher le sol, perchés dans des arbres. C'est unique ! Personne ne fait ça avec des jeunes. On se sent privilégié. Dans les arbres, la cohésion entre grimpeurs est rapide, on se fait des amis, et on augmente notre autonomie.
Le virus a pris, Louise rêve de devenir scientifique pour étudier le comportement des arbres, observer la nature, l'écouter_._

Retour à la Prévalaye, où l'exercice requiert souplesse et force pour se hisser le long de la corde. Je triche avec les branches d'un charme qui m'aide à m'éloigner du sol. Le jeune arbre dépassé, pas le choix, il faut s'en remettre aux cordes et baudrier pour avancer. Faire confiance, malgré le vide et les coups de vent. Avec un baudrier on ne tombe pas, on vole.Les mots pédagogues de Régis Morel, coordinateur de Là-Haut, m'accompagnent tout au long de l'ascension. Autour de moi, les enfants évoluent avec aisance, habiles comme des singes.

Quatre nuits et jours sans toucher terre

Atelier créatif pancartes à manifester, à dix mètres de haut. L'altitude inspire...

Droits réservés : © Arnaud Loubry, Rennes Ville et Métropole

Au-dessus, mon collègue photographe disparaît sous le houppier (les branches et feuillages au sommet d'un arbre), délimité par la branche charpentière que je suis encore loin d'atteindre. Qu'importe, à cette hauteur le temps se dilue, je contemple la ligne d'horizon, et observe notre hôte chêne sous un angle inhabituel. Oscar, 12 ans, m'avoue qu'il a dû s'y reprendre à plusieurs fois avant de grimper si haut. Ravi de s'être dépassé : J'aime bien être ici, avec le vent dans mes cheveux.

La voltige est de courte durée, ma corde s'emmêle à celle d'une autre alors que je tente de m'assoir à la table mouvante où, imperturbables, des grimpeuses noircissent des pancartes à manifester. Sixtine, intervenante à l'Atelier du bourg, lance la séance en inscrivant :Face à l'indifférence générale, demain est annulé sur un carton. L'altitude inspire, d'autres slogans affleurent : À la dérive comme les nuages ou encoreTout va bien...

Se sentir vivant

Au sol, Régis Morel équipe d'autres grimpeurs, dispense des conseils. Sécurité optimale oblige, il réalise avant chaque grimpe un diagnostic physiologique et pathologique de l'arbre pressenti. Puis, pose et sécurise les points d'ancrage des cordes.

Pour le défi des « Baron·nes perché·es », le repérage est plus poussé. On aime bien changer de lieu d'une année sur l'autre. Nous avons choisi des hêtres de 30 m au bord du canal d'Ille-et-Rance, à Hédé-Bazouges, les plus hauts du coin ! Il y en a quatre, de quoi aménager un dortoir avec des hamacs, une cuisine, un espace activités et des toilettes accessibles en tyrolienne.Une semaine de montage sera nécessaire pendant laquelle les jeunes deviennent bénévoles et s'impliquent. La proximité avec un plan d'eau devrait faciliter l'observation d'animaux, et un projet de communication avec les promeneurs du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle voisin prend forme.

Aventure au grand air, effort physique, dépassement de soi, coopération, immersion dans la nature... la grimpe cumule les objectifs pédagogiques, et séduit tous les âges. Pour répondre à la demande, le défi des ados sera précédé pour la première fois cet été d'une version réservée aux adultes, « Les Daron·nes perché·es ».

Les slogans exposés dans le nid à marsupilamis de la Prévalaye.

Droits réservés : © Arnaud Loubry, Rennes Ville et Métropole

Envie de tester ?

Une grimpe d'arbres est organisée le 6 juin à Chartres-de-Bretagne au festival « J'agis pour ma planète » (15h-18h) ; les mercredis 10 juin à La Courrouze et 24 juin au Synthé de Cleunay, de 14h à 17h.
Pour ses 5 ans, l'association Là-Haut (lien externe) s'expose en photos au 360 (4Bis et Maison des associations), esplanade Charles-de-Gaulle, tout le mois de juin.
Contacts : 07 86 40 58 35.
Insta : @lahaut
Facebook : Là-haut

Avec des scolaires en toute mixité

La Ville de Rennes prête à l'association Là-Haut des parcelles à la Prévalaye. L'endroit, surnommé « le Bosquet du châtaignier enroulé », abrite des fraises sauvages, vivaces, sculptures en bois, et même un nid à marsupilamis. Cet espace est confié à des écoliers de l'Ille et Moulin-du-Comte pour y améliorer la biodiversité. , l'endroit Là-Haut organise aussi des classes perchées en collège.

L'association propose à l'année à Cleunay, quartier prioritaire, des séances de grimpe régulières, malle à lectures et ateliers fanzine, en accès libre dans divers espaces publics. Je m'installe sur les zones de passage des collégiens. Nous tenons à la mixité sociale dans nos projets, en partenariat avec le Relais de Cleunay et le programme de réussite éducative. Pour s'inscrire aux stages, il est possible de bénéficier de nombreuses aides, précise Régis Morel.

Les sales gosses

Là-Haut possède son propre fanzine, Les Sales Gosses, une édition colorée de huit pages rédigées par les jeunes sur l'espace public pendant les grimpes d'arbres. Une collection de mots et d'images où chacune et chacun peut s'exprimer. Choisir ses super pouvoirs ; proposer un truc qui devrait être gratuit, jauger si les adultes ont toujours raison... Extraits du deuxième numéro : ON VEUT VIVRE, se réveiller contents ; un tacos énorme à 3,50 € ; des arbres solides... Le troisième du nom sera réalisé pendant le Défi des Baron·nes perché·es.


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