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Extension du domaine de la loutre... dans le pays de Rennes

Extension du domaine de la loutre... dans le pays de Rennes

Environnement
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Verra-t-on bientôt des panneaux prévenant les automobilistes de la possible traversée de loutres sur les routes de Rennes Métropole ? Après avoir disparu des radars, le mammifère semi-aquatique est en effet de retour sur notre territoire, une bonne nouvelle pour la biodiversité, même si...

Avec son adorable tête de peluche, la loutre a vraiment un truc en plus. Pas facile, cela dit, d'apercevoir la bouille de cet animal emblématique de nos cours d'eau et rivières. Pour y parvenir, il faudra s'armer de patience et guetter les racines d'arbres, les tas de pierre ou les catiches, ces cavités naturelles dans lesquelles elle aménage son terrier. Ou alors suivre à la trace et à l'odeur ses crottes (épreintes), réputées pour avoir un parfum de miel.

Hyper discrète de nature, la loutre est même devenue invisible avec son éradication progressive. On la chassait pour sa peau, sa fourrure a longtemps été prisée pour son pouvoir isolant et son imperméabilité , nous éclaire Thomas Lecampion, salarié du Groupe mammalogique breton. À une époque, une peau de cet animal pouvait rapporter un mois de salaire agricole.

Droits réservés : © Emmanuel Holder

Ajoutez à cela la pollution de l'eau, la raréfaction des zones humides, et une étiquette de prédatrice des poissons pas faite pour plaire aux pêcheurs…

Une espèce revenue de loutre tombe

En 1988, quand le Groupe mammalogique breton décide de s'intéresser à cette espèce, la loutre a presque totalement disparu. Heureusement, des lois de protection adoptées dans les années 70-80 lui ont permis de se refaire la cerise. L'espèce a regagné du terrain naturellement, il n'y a pas eu de réintroduction. Les survivantes restant dans les monts d'Arrhée, le golfe du Morbihan et les marais de la Brière ont reconquis la Bretagne. Dans les années 1990-2000, on note leur présence dans les marais de Redon, puis la loutre a commencé à remonter la Vilaine depuis le sud-ouest du département. Mais, ce retour ne se fait pas sans mal, il y a des effets de yo-yo : les cours d'eau sont en mauvais état, ce qui rend la sédentarisation de l'espèce difficile.

Quelques dizaines de spécimens en Ille-et-Vilaine

Et, à Rennes Métropole ? Un cap a été franchi il y a trois ans. On la retrouve désormais sur l'Ille et sur l'Illet, où elle semble en présence permanente. Le Semnon aval, la Seiche aval, le bassin versant du Meu… Combien sont-elles ? Plusieurs centaines en Bretagne, quelques dizaines dans le département 35. Pour le savoir, nous cherchons les indices de présence comme les crottes ou les empreintes, mais le comptage est impossible.

Réfractaire à la promiscuité, un seul individu a besoin d'un territoire très vaste pour s'épanouir, jusqu'à 40 kilomètres de linéaire de cours d'eau pour un mâle. Un domaine vital à la mesure de l'appétit de ce superprédateur, qui explique aussi la rareté de l'espèce. Enfin, si elle se contente de peu sur le plan alimentaire, l'animal se heurte cependant au manque de ressources dans le département.

Espèce de loutroduc !

Malgré toutes ces réserves, son retour est une bonne nouvelle pour la biodiversité. Par contre, celui-ci ne nous apprend pas grand-chose sur la qualité de l'eau, qui demeure un frein au développement de la population et limite probablement la capacité de reproduction de l'espèce.

Droits réservés : © Emmanuel Holder

À Rennes Métropole, tout est fait pour mettre l'animal dans les meilleures conditions : un loutroduc ou passage à loutre a été aménagé à Laillé. Il peut s'agir de petites passerelles pour assurer une continuité de berge, ou de petits tunnels sous la route.

Espèce dite "parapluie", la loutre est un indicateur de l'état de santé de dame Nature. Quand la loutre va… Nous nourrissons le grand espoir que l'ensemble du territoire de Rennes Métropole soit recolonisé dans les 10 ans à venir. Des populations ont été localisées non loin du Roazhon park. Une bonne raison pour continuer à tout donner pour cette espèce protégée.

Consulter le site du Groupe mammalogique breton (lien externe)

Jean-Baptiste Gandon


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