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Exposition Dreyfus : des manipulations... pour arrêter de se faire manipuler

Exposition Dreyfus : des manipulations... pour arrêter de se faire manipuler

Culture
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Concomitante avec l'irruption de la presse moderne dans le débat public et l'avènement de la photographie comme principal vecteur de l'information, l'Affaire Dreyfus a été propice aux fake news et aux caricatures en tout genre. L'occasion pour le Musée de Bretagne de sensibiliser les esprits via des dispositifs ludiques d'éducation aux médias.

L'éducation aux médias est au cœur des préoccupations des Champs Libres, un équipement ouvert sur les phénomènes de société et les grands enjeux contemporains : la désinformation et les fake news en font partie, au point que la crédibilité des journalistes en soit ternie.

Il y a un siècle déjà, l'irruption de la presse moderne dans le quotidien des Français a coïncidé avec l'Affaire Dreyfus, dressant les uns contre les autres les partisans d'une approche objective des faits et les apôtres du raccourci sensationnaliste. Le musée a décidé de profiter de la nouvelle exposition sur le capitaine alsacien pour s'adresser aux plus jeunes.

Nous avons imaginé six manipulations avec pour fil rouge le côté médiatique de l'Affaire Dreyfus , confirme Laura Bourdais, responsable de la médiation aux Champs Libres.

Quelques exemples : au lendemain de la dégradation du capitaine, en janvier 1895, le Petit journal titre "Le traître" en Une de son édition. Et, si l'on essayait une autre accroche éditoriale comme "Un innocent dégradé" ou "La dégradation" ? Cela change le sens n'est-ce-pas ?

Un autre dispositif invite à s'interroger sur la vie d'Alfred Dreyfus, alors en exil sur l'île du Diable, en Guyane. Quand la presse parle de villégiature, la correspondance du militaire évoque au contraire un quotidien très dur.

Il y a un siècle déjà, un jeu de l'oie fut créé. Chacune des 63 petites cases figuraient un élément lié à l'Affaire. Intercalé toutes les quatre ou cinq cases, l'image d'une femme nue, symbole de la vérité, en position instable autour d'un puits.

Droits réservés : © Collections muséales, musée de Bretagne

Six dispositifs ludiques et instructifs

L'esprit critique est également mis à l'épreuve avec cette colonne Morris recouverte d'affiches du 19ᵉ siècle proposant la lecture de journaux en kiosque. Le procès était couvert au jour le jour par la presse, mais les articles étaient écrits avec une typographie minuscule, sans hiérarchisation de l'information . Et, Laura Bourdais d'ajouter : Les visiteurs vont pouvoir créer leur propre Une de journal à l'occasion d'un atelier.

Et ce jeu de l'oie ? Le joueur y défiera la loi et la raison d'État pour prouver l'innocence du capitaine au terme d'un véritable parcours du combattant.

Un dispositif sonore sensible invite enfin à s'asseoir dans un fauteuil pour écouter quelques extraits choisis parmi la correspondance foisonnante de Lucie Dreyfus (environ 2000 lettres). Le public aura en quelque sorte l'occasion de se mettre dans la peau de Lucie recevant ou écrivant son courrier. Esprit critique, objectivité, citoyenneté... Des mots clés nous renvoyant à l'époque actuelle, et nous rappelant qu'il y a un gouffre entre CNews et Mediapart. A nous de ne pas tomber dedans.

Plus d'information sur le site du musée de Bretagne. (lien externe)

Jean-Baptiste Gandon


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