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Danse : Rennes devient la capitale du whacking avec le festival Undergound

Danse : Rennes devient la capitale du whacking avec le festival Undergound


Né dans les clubs gays de Los Angeles, le whacking a fini par conquérir le monde, y compris Rennes où une communauté grandissante a adopté cette danse de rue expressive et théâtrale. Démonstration avec le battle géant organisé par le collectif W*ack à Rennes, salle de la Cité, dans le cadre du festival Underground. Une bonne claque en perspective.

Né dans les clubs gays de Los Angeles, le whacking a fini par conquérir le monde, y compris Rennes où une communauté grandissante a adopté cette danse de rue expressive et théâtrale. Démonstration avec le battle géant organisé par le collectif W*ack à Rennes, salle de la Cité, dans le cadre du festival Underground. Une bonne claque en perspective.

Ils s'appellent Coralie, Gabriel, Amy... Employée au musée des beaux-arts, étudiant ou ingénieure en informatique, ils sont tombés amoureux du whacking, cette danse libératrice inspirée par la gestuelle du kung-fu et la pop culture, née dans les années 1970 sous les boules à facettes des clubs gays de Los Angeles.

À l'image des cours dispensés à Rennes par le Centre chorégraphique (CCNRB) depuis 2023 et pris d'assaut chaque année, la vague a depuis longtemps franchi l'Atlantique. « Nous nous sommes rencontrés à cette occasion, pose Gabriel. Nous avons eu envie de prolonger l'aventure, au-delà des cours du jeudi soir. » Poussés par des mentors comme Liss Funk ou Cao-Son, ils ont créé le collectif W*ack à Rennes, autour duquel gravite une cinquantaine de passionnés.

Le collectif W*ack à Rennes invite les danseurs aguerris et les amateurs à participer à un battle, salle de la Cité

Baffe, nunchaku, battle, et gros câlins

Whack ou waack, kezako ? Une onomatopée empruntée à l'univers de Batman et Robin, et sensée reproduire le bruit d'une grosse baffe. Les comics, le théâtre, les arts martiaux, la pop culture, le cinéma muet, les divas du dancing… Des sources d'inspiration très variées pour cette communauté à la croisée des discriminations. À l'origine, on parle de punking, pose Gabriel. 'Punk' est d'abord une insulte adressée aux personnes homosexuelles, puis reprise à son compte par la communauté gay noire et latino-américaine_._ Une sorte de retour à l'envoyeur et une façon d'affirmer haut et fort son identité pour cette minorité pacifiste.

Un temps dans le creux de la vague, le whacking a fait son grand retour au début des années 2000 : la crise du sida avait dévasté la communauté. Le danseur de house Brian Green a alors commencé à donner des cours avec les survivants. Le whacking renaît alors de ses cendres, pour faire un clin d'œil au butô, cette danse japonaise dans laquelle des hommes interprètent des femmes. De nouvelles communautés se sont créées, au carrefour du hip-hop et du format battle, notamment encouragées par la célèbre émission Soul Train.

Suzanne Degennaro et son spectacle Limbo représenteront également la danse whack lors de cette édition d'Undergound. Photo : Duy-Laurent-Tran

À l'image de Bugs Bunny imitant un chef d'orchestre, le whacking aime prendre la pose. Avec ses mouvements de bras rapides et rotatifs au-dessus de la tête, cette discipline évoque par ailleurs l'art martial du nunchaku. Une arme fatale idéale pour se défendre contre les réactionnaires en tout… genre. Le whacking encourage les gens à chercher leurs propres sources d'inspiration et à se dépasser dans l'expression de soi.

Le premier battle whack à Rennes

Démonstration dans quelques jours à l'occasion du battle Whack to the West imaginé par le collectif rennais. Une soirée funk et disco mâtinée d'électro et de R'n'B, organisée dans le cadre d'Underground et en partenariat avec le festival Maintenant.

Le CCNRB nous a donné carte blanche : nous avons opté pour le format battle, ouvert aux danseurs aguerris et aux néophytes. C'est une première pour Rennes, des grands noms reconnus dans le milieu seront de la party : Blvk B3rry, BogotaBeats, Mounia Nassanga, Kevin Manuka, Panda Waack et Exo Steevie, sans oublier le danseur tchèque Viktor, qui animera par ailleurs un workshop pendant le festival, et les maîtres de cérémonie Gorgeous et Loly.

En résidence à l'Hôtel Pasteur pour trois mois, le collectif W*ack à Rennes ne boude pas sa chance. De l'échauffement programmé en prélude du battle à son apothéose en danse libre, la communauté se veut résolument bienveillante et ouverte au plus grand nombre. « Rennes est la ville de tous les possibles, c'est un petit Berlin », sourit Gabriel. Une bonne raison pour continuer d'y faire tomber les murs des préjugés.

Mer. 14 octobre, 19 h 30, salle de la Cité. 5 € pour les participants au battle, 15 € pour le public. https://www.instagram.com/waackarennes/ (lien externe)

Jean-Baptiste Gandon

A Underground, les danses font de la résistance

Breaking, crumping, locking, popping, freestyle… Habituellement reléguées dans les marges culturelles, les danses hip-hop et autodidactes se retrouvent au centre de l'attention avec le festival Underground. Un événement devenu incontournable (plus de 7000 spectateurs en 2024), organisé par le collectif Fair-e aux manettes du centre chorégraphique rennais.

Perso, je ne me considère pas dans les marges , sourit Saïdo Lehlouh. Membre du collectif Fair-e, le chorégraphe présentera Témoin, une pièce manifeste réunissant vingt danseurs autodidactes sur scène. Les pionniers d'esthétiques différentes se rencontrant en milieu du gué après avoir décidé d'élargir leurs pratiques. Vingt-cinq ans après ses premiers pas dans une maison de quartier, le danseur mesure le chemin parcouru par ces savoir-faire métissés et vecteurs du vrai savoir-vivre ensemble. Ces danses sont une manière de vivre, un état d'esprit.

Pièce manifeste de Saïdo Lehlouh, Témoin réunit une vingtaine de personnes sur scène, au carrefour des danses hip-hop. Photo : Le Kabuki

Dans la catégorie whacking (voir ci-dessus), Mounia Nassanga (Stuck), Oumrata Konan (Maison Lou(p)) et Suzanne Degennaro (Limbo) brandiront haut le drapeau arc-en-ciel dans une programmation presque exclusivement féminine.

Vingt-trois artistes et collectifs, dont treize implantés en Bretagne, pour plus de 43 propositions (spectacles, performances, battles, workshop…). Les danses souterraines ne vont pas manquer de remonter à la surface, pour prendre l'art et la lumière, dans quelques jours, à Rennes.

Du vendredi 2 au samedi 17 octobre, Triangle, TNB, CCN, Aire Libre et autres lieux de Rennes Métropole. Underground.bzh (lien externe)


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