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Au festival Maintenant, l'art laisse entrevoir des futurs désirables

Au festival Maintenant, l'art laisse entrevoir des futurs désirables


Concerts, expos, performances... Le festival qui mêle arts, musiques et technologies revient du 1er au 10 octobre à Rennes. Pour cette 25e édition, plusieurs œuvres ouvrent les yeux sur les pollutions et interrogent notre rapport au numérique.

Elly Oldman sait beaucoup de choses sur la pollution plastique. Peut-être trop. Pendant trois ans, l'artiste rennaise a épluché articles, rapports et documentaires. Elle synthétise toutes ses malheureuses découvertes dans "La planète d'au-dessus de la terre". Une fresque immersive installée aux Ateliers du Vent à Rennes pour la 25e édition de Maintenant (lien externe). Le festival porté par l'association Electroni[k] se tient du 1er au 10 octobre.

"Cette planète imaginaire est le reflet de notre Terre : le plastique est partout" commente l'illustratrice. Que les éco-anxieuses et éco-anxieux se rassurent : "c'est une exposition avec consentement : tu peux aller jusqu'au niveau d'information que tu souhaites".

Ludique et intergénérationnel

L'expérience fonctionne comme un "Où est Charlie ?". Sur des grands panneaux à l'univers pop et rétro, des personnages sont cachés parmi les détails. Il faut les scanner à l'aide d'une application de réalité augmentée dont l'interface évoque aussi bien Windows 98 que Pokédex. Le jeu se veut intergénérationnel. "Les enfants sont attirés par l'aspect ludique, les parents sont emportés par la nostalgie" résume la trentenaire.

La capture des personnages donne accès à des fiches explicatives sur la pollution plastique, à lire sur place ou plus tard à la maison. "Notre génération a grandi dans l'idée que le plastique c'est fantastique. Maintenant, on doit changer nos habitudes. Cette œuvre permet de déconstruire le rapport au plastique, en famille". Mais l'illustratrice ne se contente pas de pointer le problème. Elle liste aussi les solutions. "Le but, c'est de sortir de l'expo en se disant "j'ai grave envie de me battre contre le plastique"" résume-t-elle.

Elly Oldman, illustratrice rennaise

Droits réservés : © Anne-Cécile Estève, Rennes Ville et Métropole

Contrepied des dystopies

Son œuvre résonne avec l'un des fils rouges du festival : le solar punk. "Ce courant de pensée prend le contre pied des dystopies et crée des imaginaires où l'humain vit en harmonie avec ce qui l'entoure, explique Justine Babina, directrice par interim d'Electroni[k]. Les artistes contribuent à cette réflexion."

Dans la même veine, l'artiste Guillaumit sensibilise à la pollution de l'air avec "BlockSmog", une œuvre exposée au Jeu de Paume. Ses fresques sont le point de départ de trois mini jeux vidéo qui aident à comprendre les enjeux de cet autre fléau écologique.

À une époque où la tech est critiquée pour son impact environnemental et social, le festival met en avant "des artistes qui utilisent la low tech et qui réfléchissent aux usages de la tech", souligne Justine Babina. C'est le cas de David Lazar. Son œuvre, inference_commons, fait avec du matériel numérique de seconde main, vise à considérer les infrastructures numériques comme un bien commun.

En tout, c'est 42 artistes qui sont exposés dans 11 lieux différents. Devenue une référence dans le domaine, Electroni[k] a été désignée Pôle régional pour la création en environnement numérique par le ministère de la Culture. Le reste de l'année, elle accompagne des artistes et diffuse la création sur tout le territoire.


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