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À la Pampa, la serre fait son petit effet

À la Pampa, la serre fait son petit effet

Agriculture/Alimentation
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La Pampa est une oasis plantée au milieu des champs et des zones d'activité. On y fait sa pause déjeuner, son marché, on s'y ressource et on y cause bien-manger. Le tout sous une serre, du début du printemps aux beaux jours l'hiver !

À Bruz, il est un petit coin de nature où poussent des légumes sains et des sourires francs. On s'y retrouve pour déjeuner, on se salue en amis, on se tutoie. Ici, pas de chichis. Ce qu'on trouve à la carte pousse en circuit ultra-court. En effet, les repas se prennent à l'intérieur d'une serre, en tête-à-tête avec les carottes, les tomates et les salades. Les touches de couleur des fleurs de capucine, de souci et de bourrache complètent le tableau.

En salle (devrait-on dire « en serre » ?), Hélène et Clémence virevoltent, assiettes à la main. Sous la vigne aux grappes naissantes, elles exécutent leur chorégraphie bien rodée sur un béton bien ciré. Elles égrènent le menu végétarien de table en table et font un brin de causette, la bonne humeur contagieuse. En cuisine, Gwendal régale. Donnez-lui la récolte du jour et il fera des merveilles. Emma vit là son meilleur stage, au rythme du reggae. « Elle cherche une alternance. N'hésitez pas, elle est super ! » glisse Clémence au passage.

Circuit très très court

La Pampa, c'est un hectare de terrain de jeu, entouré de plusieurs producteurs bio. Au début de l'aventure, il y a Grégory, un maraîcher qui se pose sur les six hectares d'un ancien élevage bovin. Les terres sont converties en bio, puis en biodynamie, et deviennent le Marais sage. Une partie est laissée en friche pour créer un lieu où écouler et valoriser la production. « On a tout construit nous-mêmes : le magasin-restaurant, la serre, et même la dalle béton ! rembobine Clémence. L'idée à la base était de développer un tiers-lieu pour les locaux. »

Le pari est réussi si l'on en croit la fréquentation. « Je déjeune ici deux à trois fois par mois », nous avoue notre voisin de table qui travaille à côté, sur le campus de Ker Lann. « La semaine prochaine, j'amène mes apprentis ! » Des habitués passent remplir leur panier en fin de matinée ou l'après-midi. Au magasin, on trouve évidemment des légumes, mais aussi du pain, des galettes et des crêpes, du fromage, des boissons alcoolisées ou non, des cosmétiques et des produits d'épicerie. « Tous des copains du coin. La partie épicerie, c'est pour dépanner les Bruzois et les Chartrains », précise Clémence.

Pouvoir dire que la salade a fait trois mètres jusqu'à votre assiette a évidemment quelque chose de militant. « La serre a une vocation pédagogique : elle nous fait parler de nutrition, de bien-manger, de façons de consommer. Et donc des problèmes logistiques, économiques et politiques de notre monde. » Une hirondelle volète dans la serre, explore les lieux et ressort, satisfaite. Validé !

Marais Sage et terre vivante

Grégory a pris un instant pour nous expliquer les techniques qu'il applique au Marais sage, sa ferme maraîchère. « C'est une recherche de cohérence : des excréments d'animaux pour fertiliser, des haies bocagères pour attirer la biodiversité, des engrais verts pour stimuler la vie microbienne, la rotation des cultures pour reconstituer le sol. Avec ces techniques, mes rendements ont été multipliés par deux. »


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