À la crèche de Ty Bugalé à Rennes, les parents apprennent autant que les enfants
Depuis 40 ans, la crèche parentale implique les parents au quotidien. Un modèle associatif et participatif qui marque les parents, peut-être plus que les enfants.
Quels souvenirs les enfants gardent de la crèche ? "La cantine, quand on jouait sur les structures et avec le vélo dehors" répond Kamélia, 10 ans. "Le bac à sable, la dinette, Loïc" liste Adhé, 16 ans.
Loïc Bernier, c'est l'un des éducateurs pour jeunes enfants qui travaille à Ty Bugalé, la "maison des enfants" en breton. La crèche parentale fête ses 40 ans cette année. "Elle a été créée par un groupe de parents qui souhaitaient s'impliquer, avoir leur mot à dire" rappelle le salarié, en poste depuis 2004. En quatre décennies, la crèche a bien grandi : elle est passée d'une maison de 93 mètres carrés rue de l'Alma à une structure de 607 mètres carrés avec jardin rue de Mauconseil.
Les crèches parentales sont des associations où les parents sont à la manette et participent au quotidien. La ville de Rennes en compte six. À Ty Bugalé, chaque famille fait une permanence de quatre heures par semaine pour épauler les sept salariés. "On s'occupe surtout de l'intendance, comme mettre la table, ranger le linge" explique Antoine, qui a confié ses deux filles à cette crèche de 21 places. Les parents peuvent aussi lire des histoires ou jouer avec les enfants. "On s'en occupe mais pas longtemps. On n'a pas le droit de les changer ou de les coucher par exemple" précise l'intermittent du spectacle.
Droits réservés : © J.Mignot - Rennes Ville et Métropole
"After crèches" et bons conseils
Ce modèle permet de "passer du temps avec les enfants" commente le père de famille, et de se rapprocher des autres parents. "On se fait des "after crèche"", rigole-t-il, en référence aux after work, moments de convivialité entre collègues de travail.
"C'est un super apprentissage de la parentalité", ajoute Arnaud Stephan, conseiller municipal délégué à la Petite Enfance. Ses trois enfants, Antonia, 18 ans, Adhé, 16 ans, et Aurelia, 10 ans, sont passées par cette crèche. "Il y a des échanges réguliers sur la pédagogie, le développement psycho-moteur... Cela permet aussi de partager ses doutes."
C'est exactement ce qu'est venue chercher Hafida, la mère de Kamélia. "Je voulais avoir les conseils des autres parents et des animateurs," explique cette maman solo. "Voir des parents vivre la même chose que moi m'a apporté de la sérénité." Reste que les permanences demandent un gros investissement, surtout pour les familles monoparentales qui ne peuvent pas répartir le travail bénévole entre les deux parents. Dans ces cas-là, les parents solos peuvent être dispensés de permanence, comme le raconte Hafida. "Les autres parents ont été très aidants. C'est important d'intégrer les mamans solos, elles ont besoin de ce cadre familial" insiste-t-elle. La "maison des enfants" est aussi la maison des parents.
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