Quimper sous le regard des premiers photographes 1857-1875
A l’occasion du bicentenaire de l’invention en 1826 du premier cliché photographique permanent par Nicéphore Niepce, les archives municipales et communautaires invitent les Quimpérois et les touristes à découvrir les premiers clichés réalisés sur Quimper et ses habitants.
Nicéphore Niepce est le premier à réaliser une image imprimée sur plaque d’étain recouverte de bitume de Judée via une chambre noire. Jacques Louis Mandé Daguerre continue les recherches sur la photographie et invente en 1837 le daguerréotype. L’Etat français achète le brevet en 1839.
Tout au long du XIXe siècle, l’évolution des techniques photographiques et la baisse des prix rendent la photographie accessible à tous. La ville de Quimper sous le Second Empire, connait une période de développement économique, urbain et démographique. La population se compose alors d’une foule de petits commerçants, d’artisans ayant encore un lien fort avec le monde rural. S’y ajoutent de nombreux fonctionnaires civils et militaires et une bourgeoisie composée de membres de professions libérales, de rentiers, de négociants, de commerçants et de quelques industriels qui dominent la vie de la cité. Des communautés religieuses sont aussi installées à Quimper ainsi qu’une garnison militaire. La classe ouvrière représente plus de 25% de la population.
Le rôle de la photographie dans la société
La photographie ne remplace pas immédiatement la peinture de portrait. Néanmoins, le procédé photographique devient accessible aux classes les plus modestes.
Les photographies de cette exposition proviennent d’une sélection des fonds iconographiques des archives municipales et communautaires de Quimper rassemblées depuis une vingtaine d’années à la suite de dons et d’achats.
C’est seulement après 1855 que la photographie semble avoir rejoint les rives de la capitale cornouaillaise. Encore les clichés de cette époque sont-ils rarissimes. Les photographes Furne et Tournier, produisent en 1857 les premières vues stéréoscopiques quimpéroises destinées à enrichir la collection d’un Voyage en Bretagne. Les éditeurs britanniques d’un guide de voyage en Bretagne intitulé Narrative of a Walking tour in Brittany, commandent une série de clichés réalisée en 1858 par photographe anglais Henry Taylor afin d’illustrer leur ouvrage.
La décennie suivante voit l’ouverture et l’installation des premiers ateliers photographiques permanents en ville. Si Yves-Marie Levot est probablement l’un des tous premiers photographes ayant exercé en ville. Dès l’année suivante, trois autres ateliers, au moins, sont déjà dénombrés : les ateliers Duclos, Foulquier, et surtout Villard.
Les trésors photographiques retenus et reproduits dans cette exposition mettent en lumière les mutations urbaines et architecturales sous Napoléon III. Certes, la rue Kéréon, la rue Saint-Mathieu, le Steïr et son ancienne échauguette, semblent immuables. Mais le carcan médiéval est sur le point de disparaître, effacé par les projets urbains et architecturaux du Second Empire : élévation des flèches de la cathédrale, première passerelle publique sur l’Odet, construction de la gare de chemin de fer, canalisation de l’Odet, construction du quai Napoléon aujourd’hui boulevard de Kerguelen reliant la rue du Parc à la gare, construction du musée des beaux-arts, etc.
La ville voit alors disparaître une part importante de son héritage médiéval : comblement des anciennes douves, démolitions au confluent des vestiges du petit château ducal, du moulin de l’évêque, arasement des anciens remparts rue du Parc remplacés par des immeubles de rapport. Ces photographies permettent également de découvrir les Quimpérois eux-mêmes : opulents notables, riches négociants, militaires, fonctionnaires, habitants des campagnes vêtus de riches costumes glazics qui composent un tableau complexe où s’affichent, à travers les vêtements, les composantes de la société du temps, la tradition bretonne comme l’influence citadine voire la mode parisienne.
Un monde à découvrir à travers les collections photographiques des archives municipales.