Source-Seine : un petit bout de Paris se cache en Côte-d’Or…
Sommaire
- Un ancien sanctuaire gallo-romain
- Des fouilles en cours, des découvertes à venir !
- La Ville de Paris a acheté ce lieu pour 12 500 francs
- Un parc haussmannien en pleine campagne bourguignonne
- Une étape du relais de la flamme olympique
Revenir en haut
Depuis début juin 2026, un nouveau programme de recherche archéologique a été lancé au sanctuaire antique de Source-Seine, une commune bourguignonne, qui héberge les sources du fleuve… propriétés de la Ville de Paris depuis 1864 !
Situées au cœur de la Bourgogne, à 288 kilomètres de la capitale, les sources de la Seine forment un agréable écrin de verdure, idéal pour une promenade. Outre son patrimoine naturel, ce lieu atypique est également riche d’une longue histoire. Partons à la rencontre de ce petit bout de Paris à travers cinq faits étonnants.
Un ancien sanctuaire gallo-romain
Statue de la déesse Sequana réalisée par Éric de Laclos en 2015 pour le parc des sources de la Seine à Source-Seine (Côte-d’Or)
Crédit photo : C. Berthenet
Une statue de la nymphe des eaux de la Seine a été installée dans la grotte artificielle du parc de Source-Seine .
Crédit photo : C. Berthenet/ Ville de Paris
Il y a 2 000 ans, l’eau des sources de la Seine était considérée comme sacrée. Le fleuve était d’ailleurs associé à une divinité, Sequana, qui lui a donné son nom. Dès le Ier siècle avant notre ère, un vaste sanctuaire a été aménagé autour des sources afin de rendre hommage à la déesse. De nombreux pèlerins fréquentaient les lieux et adressaient des offrandes à Sequana, en déposant notamment des ex-voto dans le cours d’eau.
Les premiers vestiges de ce sanctuaire ont été découverts en 1836. Le site a fait l’objet de plusieurs campagnes de fouilles par la suite, qui ont permis d’apprécier l’étendue des aménagements gallo-romains et de mettre au jour près de mille ex-voto en bronze, pierre ou en bois, aujourd’hui exposés au musée archéologique de Dijon (Côte-d’Or). L’essentiel de ces offrandes est constitué de représentations de parties de l’anatomie humaine (pieds, bras, yeux, etc.) désignées par les pèlerins afin d’être guéries par la divinité.
Statuette en bronze découverte par Henry Corot au cours des années 1930. Représentation de la déesse Sequana naviguant sur une barque.
Crédit photo : Musée archéologique de Dijon/ François Jay
Ex-voto anthropomorphe en bois découvert parmi les vestiges du sanctuaire des sources de la Seine au cours des années 1960.
Crédit photo : Musée archéologique de Dijon/ François Perrodin
Ex-voto en alliage cuivreux représentant des yeux humains.
Crédit photo : © Musée archéologique de Dijon/ François Jay
Des fouilles en cours, des découvertes à venir !
Le potentiel archéologique de ce lieu de culte antique thérapeutique est encore conséquent. C'est pourquoi l'Inrap vient de lancer un programme de fouilles pour la période 2026-2029, près de soixante ans après les dernières investigations, avec le soutien de la Ville de Paris.
Il a débuté par une phase d’évaluation des potentiels archéologiques combinant étude des archives et des vestiges anciens et nouvelles investigations de terrain. Les prospections géophysiques notamment visent à préciser l’étendue du sanctuaire et la nature des structures enfouies. Et déjà les premières marches d’escalier, seuils de porte, tronçons de murs et canalisations ont revu le jour ! Elles peuvent désormais être topographiés grâce à des outils numériques modernes.
"Aux sources de Sequana",programme de fouilles archéologiques INRAP au sanctuaire antique de Source-Seine en juin 2026.
Crédit photo : Christophe Fouquin, Inrap
La Ville de Paris a acheté ce lieu pour 12 500 francs
Bien que distant de près de 300 kilomètres de Paris, ce lieu fait bel et bien partie du patrimoine parisien. Et ce, depuis le XIXe siècle ! Le 6 avril 1864, le conseil municipal de Paris vote l’acquisition du site des sources de la Seine. La zone de plus d’un hectare est achetée pour la somme de 12 500 francs avec le soutien de Georges Eugène Haussmann (1809-1891), alors préfet de la Seine.
En intégrant cette enclave bourguignonne à son patrimoine foncier, la Ville entend mettre en valeur la Seine, un site intimement lié à son histoire et qui contribue à sa renommée. Plus de cent cinquante ans plus tard, la capitale est toujours propriétaire des sources de la Seine et continue d’en assurer la gestion et l’entretien.
La zone de plus d’un hectare, située en Côte d'Or, fait partie du patrimoine parisien.
Crédit photo : Christophe Fouquin, Inrap
Un parc haussmannien en pleine campagne bourguignonne
Pour embellir le site qu’elle vient tout juste d’acquérir, la municipalité parisienne commandite la création d’un parc paysager dès 1865. Le point d’orgue de ce projet repose sur l’aménagement d’une grotte artificielle à l’emplacement de l’une des sept sources du vallon. La conception de ce monument est confiée aux prestigieux architectes Victor Baltard et Gabriel Davioud, proches du baron Haussmann.
Afin de créer un environnement romantique et pittoresque, s’inspirant des allées du parc des Buttes-Chaumont (19e), les deux architectes entreprennent de canaliser la source pour alimenter un plan d’eau sur lequel se reflète la grotte. Celle-ci est inaugurée en 1867 et, avec elle, une statue de la nymphe des sources de la Seine ainsi qu’un petit pont en pierre, le premier sur la Seine.
Sources de la Seine. Reproduction d’un dessin d’Albert Mansuy, au musée Carnavalet (Paris Centre).
Crédit photo : CAP / Roger-Viollet
Sources de la Seine : propriété de la Ville de Paris à Source-Seine (Côte-d’Or). Doté d’un chalet en bois, d’allées courbes bordées de bosquets et de bancs, le parc des sources de la Seine offre une interprétation romantique de la nature. Gabriel Davioud (1823-1881).
Crédit photo : © Ville de Paris / BHdV
Une étape du relais de la flamme olympique
En passant par les sources de la Seine le 12 juillet 2024, la flamme olympique a finalement fait son entrée dans la capitale deux jours avant de rejoindre Paris « intra-muros » ! Les relayeuses Emma Ménelot (sapeur-pompier volontaire et double championne de France de lancer de poids en catégorie minimes pompiers) et Allexane Vals ont accompli les 180 mètres qui composaient cette étape du parcours de la flamme, la plus petite de Côte-d’Or !
Relais de la flamme devant la grotte artificielle de Source-Seine (Côte-d’Or)
Crédit photo : Paris 2024/Guillaume Ruchaud/SIPA PRESS
Abonnez-vous à notre newsletter Paris.fr
Format attendu : nomprenom@domaine.fr"
Si vous êtes un humain, ne remplissez pas ce champ
S'inscrire
Default Confirmation Text
Settings Text Html
- La Seine aurait plus de 14 000 ans… et autres anecdotes surprenantes sur le fleuve.
- « Il y a toujours des fouilles en cours à Paris… et encore plein de choses à découvrir ! »
- Office du tourisme de Source-Seine (Côte-d’Or) www.lacotedorjadore.com
?
Votre avis nous intéresse !
Ces informations vous ont-elles été utiles ?
Oui Non Laisser un commentaire
Attention : nous ne pouvons pas vous répondre par ce biais (n'incluez pas d'information personnelle). Si vous avez une question, souhaitez un suivi ou avez besoin d'assistance : contactez la Ville ici.
Commentaire
Attention : vous semblez avoir indiqué une information personnelle dans votre commentaire, mais nous ne pouvons pas traiter les demandes individuelles par ce biais. Pour poser une question ou avoir un suivi, vous pouvez faire une demande de contact ici.
Envoyer Ne pas ajouter de commentaire
Vous avez une question à nous poser ?