Conseil Municipal
Nantes
Comment Covoit’ici a conquis ses premiers covoitureurs
- Conducteurs et passagers sont mis en relation via l'appli Covoit'ici, qui permet un covoiturage sans réservation, avec une attente réduite. Ici, Valentine et Aymeric à l'arrêt Bourdonnières. © Pierre-Yves Lange
Les habitants du pays nantais seraient-ils plus enclins que d’autres à covoiturer ? Le lancement du service Covoit’ici – effectué en deux temps, début et fin mars – réjouit en tout cas Nicolas Früh, chargé de développement ouest chez Ecov : « Sur des réseaux similaires, par exemple autour de Lyon, Grenoble, Rennes et Rouen, il faut en moyenne 3 à 18 mois pour mobiliser le nombre de conducteurs suffisants pour obtenir un temps d'attente de 5 à 10 minutes. Deux mois après son ouverture, la dynamique d'engagement sur les lignes Covoit'ici Pays nantais est très encourageante et permet déjà d'atteindre ces temps d'attente en heures de pointe sur plusieurs arrêts du réseau ».
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Sur la ligne sud Loire, qui relie Nantes (Bourdonnières) à Remouillé en passant par Aigrefeuille-sur-Maine et Château-Thébaud, l'attente en heure de pointe descend déjà à 5 minutes. Sur la ligne nord Loire, entre Saint-Herblain et Savenay ou Blain, elle se situe entre 10 et 20 minutes selon les origines et destinations. Les créneaux les plus fréquentés sont, sans surprise, 7h-8h le matin et 17h30-19h en fin de journée.
Pour la planète et pour le portefeuille
1 900 personnes sont aujourd’hui inscrites au service Covoit’ici, dont 610 usagers actifs. Leur profil ? « Principalement des actifs faisant la navette du lundi au vendredi, avec quelques utilisateurs le week-end, dévoile Justine Granjon, chargée de développer la communauté de covoitureurs chez Ecov. Des usagers des cars régionaux Aléop alternent désormais les deux modes. On trouve aussi des profils attirés par l’innovation, l'idée de tester un nouveau service ». Quant aux motivations, « l’écologie revient le plus souvent, mais l'argument économique est aussi présent, surtout en ce moment. » Gratuit pour les passagers pendant toute l’année de lancement, le service génère une petite rémunération pour les conducteurs.
Ce sont bien ces deux aspects que met en avant Julie, une habitante d’Aigrefeuille travaillant à Nantes : « Je trouve l’idée trop bien ! J’ai des places vides dans ma voiture et c’est dommage pour la planète de circuler à vide. Si je peux dépanner quelqu’un et si ça rentabilise mon déplacement, autant le faire ». « Je passe ici tous les matins, tous les soirs, et je trouve aberrant le fait de faire ces trajets toute seule dans ma voiture », renchérit Valentine. Cette enseignante résidant elle aussi à Aigrefeuille et travaillant à Nantes a appris le lancement de Coviot’ici « dans le bulletin municipal » : « J'ai vu aussi l'installation des panneaux aux arrêts, à 200 mètres de chez moi. Je me suis inscrite dès le 2 mars, au lancement ».
Aymeric, étudiant en alternance, a quant à lui testé le service « déjà 4 ou 5 fois » en tant que passager. « C'est top et l'application est très intuitive », note le vingtenaire, pour qui l'avantage est d'abord financier : « Je payais avant 2,90 € le car Nantes-Aigrefeuille, avec Covoit'ici c'est gratuit pour le moment. On rencontre aussi de nouvelles personnes, on crée des liens avec eux... C'est mieux que de passer le trajet penché sur son téléphone ».
Chiffres clés
- 1 900 inscrits au service Covoit’ici en 2 mois
- 600 trajets proposés en moyenne chaque semaine par des conducteurs
- 160 trajets passagers effectués depuis le lancement