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Les marchés de Nanterre : deux siècles d’histoire vivante

Les marchés de Nanterre : deux siècles d’histoire vivante

Patrimoine
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Dès 1789, dans le Cahier des plaintes, doléances et remontrances des corps et communautés des habitants du Bourg, rédigé par les Nanterriens, ceux-ci réclament un marché. Les habitants se plaignent de payer des taxes (sur les boissons, les boucheries) alors qu’ils ne disposent pas d’un tel lieu. Il faudra attendre 1836 pour que la commune obtienne l’autorisation d’établir à Nanterre un marché aux comestibles. Sept ans plus tard, en 1843, un arrêté du préfet Delessert autorise la vente de porcs, le jour du marché, sur un terrain réservé à cet usage, jouxtant les abattoirs communaux.
Les bâtiments, désormais désaffectés, existent encore, entre la rue Raymond-Barbet (ancien chemin de Colombes) et la rue de Courbevoie (ancien chemin des Groues).

Les premiers marchés nanterriens

La place du marché du centre en 1930, tableau de Louis Célestin Serbelle. © coll. SHN

En avril 1929, le marché du Petit-Nanterre ouvre ses portes sur le terre-plein situé à la sortie du pont de Rouen, avenue de la République, en face de l’entrée de l’usine Cauvin-Yvose. Il se tient alors les mercredi et samedi de chaque semaine. Déjà existant avant 1914, le marché de la gare rouvre officiellement ses portes en 1935, après une longue mobilisation des habitants. Cette réouverture est due en partie à deux ans de campagne du syndicat local L’Avant-Garde du Nord-Ouest. Une centaine de commerçants s’y installent les mardis et vendredis matin.

Le marché de la gare déménage

L’étal de la poissonnerie Lochet, avenue de la République © Fonds Maufrais / SHN

En 1970, les travaux du RER contraignent le marché de la gare à déménager rue de Bezons. Mais l’emplacement est jugé trop exigu. Dès 1980, la municipalité obtient l’accord de l’EPAD (l’établissement public qui aménage le quartier de La Défense) pour l’installer sur la dalle au-dessus de l’autoroute A86, entre les avenues Henri-Martin et Benoît-Frachon. Le nouveau marché est inauguré le 19 décembre 1981 : 1 200 m² pour les commerces et 2 800 m² de parkings, pour un coût de 640 000 francs (environ 150 000 euros). Pendant les travaux de l’autoroute, il est déplacé provisoirement de quelques centaines de mètres vers l’avenue Jules-Quentin, de 1991 à 1992. Après ces travaux, il est réinstallé sur la dalle, en décembre 1997, dans deux bâtiments de métal et de bois accueillant plus de 90 étals, les mercredis et samedis matin. Les normes de réfrigération y sont alors respectées.

Les vestiges de la place Foch

La construction du parking sous le marché du centre, en 1991. © SHN / coll. Eveil

De 1991 à 1994, la place Foch est entièrement restructurée : parking souterrain, halle couverte, logements. Pendant les travaux, des fouilles archéologiques menées sur plusieurs mois révèlent des vestiges du haut Moyen Âge et l’emplacement des anciens remparts. Les archéologues découvrent notamment un silo à grains de l’époque mérovingienne contenant une poterie pratiquement intacte. Par ailleurs, les arbres de la place sont déplacés puis replantés grâce à un engin unique en Europe.

Pablo-Picasso, « marché d’exception »

En 1993, le marché couvert Pablo-Picasso ouvre sous une halle dans le sud du quartier du Parc, avec une vingtaine de commerçants, les mercredis et samedis matin. Il rencontre rapidement son public grâce à des prix attractifs*. Quatre ans plus tard, il sera classé « marché d’exception » par le Conseil national des arts culinaires, pour la qualité de ses produits et son cadre architectural.

Le marché le plus récent

En 2004, un nouveau marché est créé le vendredi sur l’esplanade Charles-de-Gaulle, à la sortie du RER Nanterre-Préfecture. À partir de 2011, il ouvre également le dimanche pour répondre à la demande des habitants du quartier. Le marché du vendredi s’adresse en grande partie aux salariés, avec une offre abondante de traiteurs et de textiles (environ 50 %) ; celui du dimanche propose quant à lui une offre essentiellement alimentaire.

Travaux et modernité

À l’été 2015, la halle du marché du centre ferme cinq semaines pour une rénovation complète : la dalle est reprise, l’étanchéité refaite, un revêtement antidérapant posé, l’éclairage renouvelé et les peintures rafraîchies, pour un coût de 102 000 euros. Les clients retrouvent un cadre plus lumineux et plus agréable. La fontaine de la place du marché est également réhabilitée pour 48 000 euros. À l’été 2017, le marché Picasso rouvre le 26 août après quatre semaines de travaux : nouveau revêtement en résine, façade repeinte, création d’un local de tri et de sanitaires publics.
Depuis 2020, les déchets alimentaires des quatre marchés sont collectés et transformés en biogaz par méthanisation, soit 233 tonnes en 2023.
À l’hiver 2025, la place du marché de la gare (Chemin-de-l’Île) est végétalisée avec six frênes rouges d’Amérique plantés dans un système innovant TreeParker, tandis qu’un revêtement éclaircissant limite les îlots de chaleur.
La générosité des commerçants s’exprime à plusieurs reprises : en 1973, ils font don de leur stock à la caisse des écoles et à l’oeuvre des vieux travailleurs ; en 1978, leur amicale offre des cadeaux à la rosière, perpétuant une tradition locale.
Aujourd’hui, les marchés de Nanterre restent des lieux de vie, entre traditions et innovations écologiques.


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