Le théâtre Nanterre-Amandiers doit avoir les moyens de vivre
Cette attaque sans précédent, par son ampleur et sa brutalité, à l’encontre du plus grand théâtre de banlieue d’Europe nous inquiète profondément. Après une première coupe de 3,5% au mois de mai, le surgel annoncé est de 13% soit une baisse totale du soutien de l’État de 799 775 € en 2026.
Christophe Rauck, le directeur du Centre Dramatique National Nanterre-Amandiers, a annoncé que cette saignée l’obligerait à mettre au chômage partiel une grande partie de l’équipe salariée sans délai, voire à fermer purement et simplement ses portes la saison suivante. C’est une catastrophe artistique, sociale et humaine qui s’annonce pour une équipe pleinement engagée dans la Ville de Nanterre.
Ce désengagement sans précédent de l’État touche également vingt-huit autres établissements culturels, tous ébranlés par cette annonce du Ministère. Si cette décision se confirme, nous assisterions à un renoncement pur et simple de la politique de décentralisation dramatique initiée par André Malraux.
Malgré une pression budgétaire qui ne fait qu’accroître sur les finances de la Ville, le soutien de la municipalité aux Amandiers ne s’est, lui, jamais démenti. Mais il est bien évident que nous ne serions pas en capacité de compenser ces nouveaux désengagements successifs de l’État.
Avec le théâtre Nanterre-Amandiers, avec la Maison de la Musique de Nanterre, le conservatoire et les compagnies culturelles de la ville, nous affirmons que l’art et la culture sont des facteurs essentiels d’émancipation et d’épanouissement.
A rebours de cette cure austéritaire qui frappe les Amandiers, la municipalité vient de mettre en place le Pass’ Solidaire pour soutenir les familles dans l’inscription de leur enfant à une activité culturelle et sportive. Ce sont des choix diamétralement opposés.
Alors que le Festival d’Avignon s’ouvre sur un fond de colère, ces annonces dramatiques provoquent une onde de choc à Nanterre. J’en appelle solennellement au Président de la République et à son Premier Ministre : renoncez à ces mesures iniques et jamais-vues dans notre pays !