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Le pôle Cold Case nous a ouvert ses portes

Le pôle Cold Case nous a ouvert ses portes

Sécurité
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Ce pôle dédié enquête sur des affaires anciennes, rouvre des dossiers qui ont fait l’objet d’un non-lieu, établit des liens entre des crimes qui ne semblent pas en avoir, pour enfin apporter des réponses aux familles des victimes et traduire des criminels en justice. Installé au tribunal de Nanterre depuis le 1er mars 2022, ce service, surnommé le pôle « Cold Case » en référence à la série policière américaine, est unique au monde. « Dans les autres pays, ce sont des unités de police qui enquêtent sur les crimes non résolus, mais ici, en France, le service est composé de magistrats spécialisés sur les enquêtes de crimes complexes, explique Marie-Céline Lawrysz, procureure de la République adjointe au PCSNE. Cela permet d’assurer un suivi de bout en bout – de la réouverture d’un dossier à la direction de l’enquête et jusqu’à sa résolution, c’est-à-dire d’aboutir à un procès pour juger l’auteur d’un crime. »

Une organisation spécifique pour des enquêtes pas comme les autres

Le parquet du pôle Cold Case est chargé de superviser l’enquête préliminaire, celle menée par la police et la gendarmerie et qui vise à identifier l’auteur d’un crime. Le pôle comprend également des juges d’instruction. Ceux-ci prennent en main les dossiers après la fin de l’enquête préliminaire et avant le jugement. Ils ont pour rôle de diriger la suite de l’enquête et d’examiner les charges contre les mis en cause. Ce sont également eux qui mettent en examen « les personnes à l’encontre desquelles il existe des indices graves ou concordants rendant vraisemblable qu’elles aient pu participer, comme auteur ou comme complice, à la commission des infractions », dispose l’article 80-1 du code de procédure pénale.

Méthodes modernes et nouvelles technologies

Pour réussir à résoudre des affaires sur lesquelles les autres services ont buté jusqu’à présent, le pôle Cold Case utilise des méthodes modernes comme l’expertise ADN et l’entretien cognitif. « Nous travaillons également à la constitution d’une ″ mémoire criminelle ″, c’est-à-dire recenser et étudier les affaires non élucidées, reprend la procureure. Nos enquêtes se concentrent sur les victimes, mais également sur des tueurs en série déjà identifiés et dont nous retraçons tout le parcours de vie. Nous parlons de ″ parcours criminel ″. Et c’est en travaillant sur ces deux aspects, avec des méthodes modernes et l’appui des nouvelles technologies, que nous pouvons faire des recoupements et espérer résoudre des crimes. » Aujourd’hui, le pôle affiche un taux d’élucidation de 14 %, un résultat honorable au regard de la jeunesse de ce service et de la complexité des affaires dont il a la charge.

Le parcours criminel, une compétence exclusive du pôle

Lorsqu’un crime est commis, le juge d’instruction dirige l’enquête. Il se concentre sur les faits et sur la victime, ainsi que sur son entourage. De proche en proche et avec l’analyse des pièces à conviction, l’audition de témoins, etc., les enquêteurs vont identifier un coupable. Lorsqu’un vieux dossier est rouvert par les magistrats du pôle, ils reprennent le dossier et vont travailler de la même manière en utilisant des méthodes d’investigation modernes. Ils ont également une compétence exclusive sur le parcours criminel. « Nous travaillons sur la vie d’un criminel. On cherche à établir toutes les relations qu’il a pu avoir, toutes les personnes qu’il a côtoyées, ses déplacements personnels comme professionnels », explique Marie-Céline Lawrysz. Ainsi, lorsque les magistrats découvrent que tel tueur en série a séjourné dans telle ville, ils vont pouvoir établir des liens éventuels avec des crimes non élucidés dans la région, faire des rapprochements, écarter certaines pistes et en ouvrir de nouvelles.

En chiffres

  • 14 le nombre de personnes qui travaillent au pôle Cold Case : 3 magistrats du parquet, une attachée de justice, 4 juges d’instruction et leurs greffiers.
  • 136 le nombre de procédures en cours.
  • 17 parcours criminels à l’étude actuellement, dont des noms qui ont fait les gros titres comme Francis Heaulme, Guy Georges, ou le « Grêlé ».
  • 1972 le plus ancien dossier traité par le pôle Cold Case. Il s’agit de l’affaire Méchinaud, la disparition d’une famille (les parents et leurs deux enfants) dans la soirée du 24 au 25 décembre.

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