← Revenir aux actualités
Du Cosmos à la Bourse du travail

Du Cosmos à la Bourse du travail


À la fin des années 1920, Nanterre connaît une expansion industrielle sans précédent, entraînant un accroissement de sa population.
Les quartiers ouvriers (Fontenelles, Plateau, Mont-Valérien, Chemin-de-l’Île, Petit- Nanterre ) se couvrent d ’ ateliers, d’usines, de commerces. Certains cafés-restaurants y jouent un rôle important en proposant des activités variées aux habitants.
Repas dansants, bals masqués, tombolas, jeux de boules, concerts permettent de se rencontrer et de se détendre. Dans cet esprit, Paul Champneuf, transporteur-déménageur, qui habite au 25, rue Volant, désire créer un lieu nouveau pour le centre-ville. Il prend l’initiative d’édifier une salle des fêtes, un salon de restaurant et une habitation à côté de chez lui.

Une architecture en vogue

Décor de corbeille de fleurs à côté du fronton © JRC

Paul Champneuf fait appel à l’architecte Ernest Perney, qui a déjà réalisé des maisons individuelles dans le style Art déco.
L’Exposition internationale des Arts décoratifs de Paris, en 1925, influençait encore de nombreux architectes à cette époque.
L’entreprise nanterrienne Moinon réalise les travaux (un cartouche existe toujours sur la façade). Les décors en stuc sont l’oeuvre d’Ambroise Fleury.
La façade est embellie par des motifs en relief qui donnent vie au mur. Sur le fronton central s’affichent le nom du propriétaire, Champneuf, et le rôle de ce lieu : salle de bal, dancing, noces et banquets. Chaque côté du fronton est orné de corbeilles de fleurs prolongées par des guirlandes fleuries. Puis, en dessous, viennent les cannelures, qui forment des ondulations. Enfin, sous les fenêtres, les volutes, qui s’inspirent des enroulements des fougères.

Lieu incontournable de la vie locale

Ces locaux, qui comportent à l’époque un restaurant et une grande salle à l’arrière, permettent d’organiser des bals en fin de semaine. Les jeunes filles, en robe longue, accompagnées de leur famille, y trouvent leur cavalier. On danse au rythme du jazz avec les Merry Boys. Quelquefois, les fils Champneuf jouent de l’accordéon. Le Cosmos est également animé par différentes associations. L’Union des commerçants et industriels de Nanterre y tient son siège. Des associations artistiques, comme la Fraternelle et la Renaissance, y donnent concerts, bals et galas. Les pompiers de Nanterre viennent y fêter la Sainte-Barbe, lors de leur grand banquet annuel. Noces, banquets, repas de première communion et fêtes des familles s’y déroulent ; quinze à trois cents couverts peuvent être dressés.

Des fonctions diverses

Cartouche de Paul Moinon © JRC

Toutes ces festivités ne durent que peu de temps. En 1934, le Cosmos est en liquidation. Mme Draegert l’achète et met les locaux en location. Les lieux deviennent des salles de réunion. Il s’y tient des meetings du PCF, des assemblées de parents d’élèves de l’école laïque, des réunions concernant les personnes licenciées par les usines du secteur des métaux, etc. Messali Hadj y donne un meeting, le 4 décembre 1936, pour protester contre l’agression d’un membre de l’Étoile Nord-Africaine (ENA) et, le 11 mars 1937, il y crée, après la dissolution du mouvement par les autorités françaises, le Parti du Peuple Algérien (PPA).
En 1940, le Cosmos est réquisitionné par la mairie pour y installer des services annexes.
On y distribue les masques à gaz et les précieuses cartes de rationnement alimentaire.
Des femmes viennent y tricoter pour envoyer des colis aux prisonniers. Un restaurant pour les vieux travailleurs y est ouvert en 1944.
Après la guerre, la mairie loue le Cosmos. La salle de bal devient le lieu des festivités de la Ville, en attendant l’ouverture de la Salle des fêtes, à l’autre bout de la rue.
Après 1949, différents organismes, associations, clubs sportifs s’y réunissent. Le Boxing club de Nanterre y organise ses entraînements et des matchs amicaux au profit d’oeuvres
de bienfaisance. Plus tard, l’Office HLM de Nanterre est installé au rez-de-chaussée, tandis que le Parti communiste occupe le premier étage.

Installation de la Bourse du travail

La bourse du travail © JRC

En 1969, Georges Séguy, secrétaire général de la CGT, inaugure les nouveaux locaux de la Bourse du travail, qui prennent la place de l’OPHLM. Le syndicat, qui se trouvait 7, rue de la Mairie depuis 1965, déménage dans le bâtiment.
Finalement, la Ville achète le Cosmos aux héritiers Draegert en 1973. Des travaux de rénovation sont confiés à l’architecte de la Ville, Jean Darras, au cours des années 1980.
Extérieurement, le fronton affiche son nouveau rôle de Bourse du travail et, fort heureusement, les décors de la façade sont préservés.
En revanche, la salle de bal et l’habitation situées à l’arrière disparaissent. Les locaux sont adaptés aux besoins des organisations syndicales (bureaux et une salle de réunion), FO ayant rejoint le site en 2006.


← Revenir aux actualités